Critique Otaku Otaku 1

Otaku Otaku, un titre qui sonne bien, une couverture qui signe un trait moderne et maîtrisé, un résumé qui fait sourire, il n’en fallait pas plus pour me lancer dans l’aventure. Un peu chaotique ce début d’aventure toutefois, ce tome 1 mi-figue mi-raisin ne marque pas l’esprit, il déçoit même.


Pourquoi ? Parce que son plus gros défaut ternit de bout en bout toute la lecture. J’ignorais qu’à la base ce titre était publié sur le net sous forme de simples sketchs. Un schéma qui convient parfaitement à un blog ou site où l’auteur cherche à attirer du monde, à se tester lui-même et évoluer selon la réceptivité des fans, mais pour un format « manga », c’est déjà plus compliqué.


Otaku Otaku n’est qu’une succession de sketchs entre deux amis d’enfance très portés sur la japanimation et les jeux vidéo et que le destin réunit des années plus tard pour les mener vers une possible idylle. Vous allez me dire : « ce n’est pas un problème en soi » et vous aurez raison. Le souci c’est qu’il n’y a aucun lien tangible entre les scènes. C’est parfois très brouillon, pareil pour les dialogues, le lecteur doit se concentrer pour essayer de suivre, pour comprendre où se situe la scène et à quel moment. Il n’y a pas de corrélation entre les différents chapitres, les planches pourraient se mettre dans le désordre que cela ne dérangerait pas la lecture.


En fait, j’ai ressenti le côté « planche quotidienne et obligatoire » d’un blog, avec ce manque d’inspiration qui mine parfois son créateur. Et honnêtement, c’est un handicap ici. J’aurais aimé que FUJITA retravaille son idée de base, ses idées pour créer quelque chose qui tient la route. J’ai eu l’impression qu’on s’était contenté d’imprimer l’ensemble de ses publications pour en faire un volume relié. D’ailleurs, entre deux chapitres, il y a des dessins assimilables à des esquisses. C’est plaisant dans un sens (surtout pour moi qui apprécie de voir des « gribouilles » instantanées d’artistes), mais ici, cela souligne une nouvelle fois ce manque de « retravaille ». Pourtant, beaucoup de mangakas qui sont prépubliés dans un magaZine perfectionnent leurs planches quand arrive la sortie en tomes. Certes, ici il aurait fallu faire un travail de fond mais je pense humblement que c’était nécessaire pour maintenir l’intérêt du lectorat.


D’autant qu’en toute objectivité, l’idée de confronter deux Otakus adultes qui n’arrivent pas à trouver chaussure à leur pied parce que la société les juge comme de mauvaise fréquentation à cause de leurs passions, était très inspirée et contemporaine. J’avais hâte de voir évoluer Momose et Hirotaka si semblables et pourtant si différents dans un monde qui ne les comprend pas. L’un assume fièrement son titre d’Otaku, l’autre pas. Sans oublier que c’est le reflet actuel de la société japonaise : Leur long célibat et leur incapacité à créer des relations IRL (In Real Life). Mais, comme dit plus haut, on a parfois du mal à comprendre les cases. L’humour est omniprésent, c’est une bonne chose, clin d’œil aux fans de Yaois qui apprécieront le moment ultra rapide et fan service entre deux hommes. Les autres souriront durant le chapitre dédié au Comiket, place aux Cosplays.


Momose n’est pas le personnage qui marque le plus, j’ai pas trop eu envie de faire sa connaissance personnellement. Hirotaka, lui, intrigue et on apprécie son côté candide et très débutant. Mais, dans ce tome 1 et en dépit du fait qu’ils n’apparaissent qu’en second plan, c’est Hanako et Tarô que j’ai fort appréciés. Leur relation à la fois explosive et tendre est le vrai plus de ce volume.


Le dessin offre à nos rétines une observation fluide et agréable. Cela contrebalance de manière très positive tous les points négatifs.


La fin laisse sous-entendre une construction plus « scénarisé » pour la suite, je l’espère et je laisserai une seconde chance au prochain tome. Il y a du potentiel qui mérite d’être encouragé. Ma note malheureusement se contente de la moyenne alors reste à l’autrice de me convaincre que j’ai tort.

5
Un tome 1 bourré de bonnes idées mais construit de manière si bancale qu’il ne convainc pas. Le lecteur est un peu perdu par moments et doit penser pour continuer. Les personnages sont attachants, sauf l’héroïne qui passe inaperçue. Le style graphique est maîtrisé même si pas très original. L’humour fera souvent sourire mais parfois il sera lourd et donc raté. Fujita a manqué d’inspiration sur la longueur mais ce n’est pas rédhibitoire.
  • Le dessin
  • Le sujet contemporain
  • L'humour
  • Les personnages
  • Pas de scénario construit
  • Déséquilibre des chapitres
  • L'ensemble fait trop "premier jet" et non produit fini

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par KssioP

Continuellement l'esprit ouvert, je n'exclue aucun genre si ce n'est peut-être le genre guimauve ou Arlequin. J'aime cependant ce qui est différent, ce qui surprend. Rêveuse dans l'âme et aventurière chevronnée avec une manette en main, ma table de chevet se couvre de mangas, de romans, de cd's et d'une feuille de papier. Et bien souvent aussi d'un biscuit accompagné d'un thé car lire c'est certes bien mais avec confort et gourmandise c'est juste parfait.

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