Critique Magical Dance

A première vue, Magical Dance n'avait rien pour lui : en plus d'être adapté d'un jeu vidéo (musical!!!) inconnu dans nos contrées, on ne peut pas dire que son résumé fleure l'originalité, associé à une couverture augurant d'un aspect graphique encore plus banal. … C'était sans compter sur la licence Disney, synonyme d'un certain standard de qualité.

Alors oui, au début, le rêve de Rin semble futile et un peu sorti de nulle part, surtout au vu de la façon dont nous sont présentées les choses. Mais dès les premières pages, force est de reconnaître que la jeune fille s'accroche vraiment, même si elle n'a aucun, mais alors vraiment aucun don pour la discipline qu'elle s'est choisie. Première chose appréciable : contrairement à beaucoup de shôjos, celui-ci ne dit pas qu'il suffit de vouloir pour, d'un coup de baguette magique, pouvoir atteindre ses objectifs. Alors oui, à chaque chapitre son problème, résolu par l'intervention d'un personnage Disney... mais pourtant, point de miracle ! Lilo, Ariel, Mickey et les autres sont certes là pour guider Rin et l'aider à garder courage, mais n'agissent pas à sa place. Tout au plus lui apprennent-ils (ainsi qu'au lectorat) à regarder les choses sous un autre angle, composer avec ce qu'elle a, ne pas négliger les bases, savoir accepter les échecs ou ne jamais oublier que l'important reste de prendre plaisir à ce que l'on fait. Des leçons de morale toujours bien amenées et qui, mises bout à bout, offrent une vision assez positive des efforts à fournir sans cesse pour réussir à avancer (sans griller les étapes ni viser la lune, évidemment). Bref, c'est bien foutu et intelligent. Tout comme la gestion de la rivale jalouse, qui ne tombe pas dans le stéréotype de la peste bête et méchante. Ici, Yuna est avant tout motivée par son rêve et bien déterminée à l'atteindre, et s'il y a bien une pointe de jalousie vis à vis de Rin au sujet de Kai, ses piques acerbes n'ont jamais rien de vraiment personnel.

Kai, parlons-en : le rêve de Rin évolue au fur et à mesure que la jeune fille prend conscience de ce qu'elle ressent envers le meilleur danseur du groupe. Là encore, agréable surprise, on échappe au cliché de l'illumination soudaine. Sans doute parce que cet aspect romance n'est que très secondaire dans l'histoire : la danse reste toujours au premier plan et au lieu de lui faire perdre du vue son objectif, ses sentiments ne font que donner à Rin une raison supplémentaire de l'atteindre... du moins au début. Et si, à force d'être une motivation, Kai finissait par *devenir* l'objectif ? Là encore, l'évolution de Rin est assez naturelle et bien traitée... même si la conclusion de l'histoire laisse à désirer de ce côté-là. A force d'avoir mis l'accent sur la compétition et les efforts, Nao Kodama semble avoir oublié en cours de route qu'il y avait *aussi* une bluette à l'horizon et le moins qu'on puisse dire, c'est que la fin laisse sur la faim, avec une simple case (une!!!) en guise de digestif. Bref, le résumé faisait craindre un truc culcul, mais on a droit à l'extrême inverse, avec une romance assez lente et sous-développée. Dommage !

Toujours au rayon des doléances, la danse pratiquée par Rin et ses amis, bien qu'omniprésente d'un bout à l'autre du manga, reste toujours un décor assez flou. On ne sait en fin de compte jamais précisément de quoi il s'agit (tout au plus voit-on que c'est du moderne) et les quelques noms de figures donnés n'éclairent pas vraiment. Un côté sommaire accentuant le fait que la danse n'est ici rien de plus qu'un prétexte, un moyen de faire passer un message, et non pas le véritable sujet de l'histoire qui aurait pu être transposée sans difficulté dans à peu près n'importe quel autre contexte (les arts martiaux s'y seraient particulièrement bien prêtés par exemple), si la duologie n'avait été inspirée par un jeu vidéo.

Reste que Magical Dance s'avère être une lecture très sympathique, très positive, sans jamais tomber dans la niaiserie. Une bonne pioche donc, qui ne manquera pas de faire mouche auprès des jeunes lecteurs... et des moins jeunes !

… Et qu'en est-il du côté Disney ? Les personnages sont subliment représentés et reconnaissables, fidèles à leur chara-design d'origine. Même si le trait de la mangaka n'a rien d'exceptionnel le reste du temps, il demeure très propre, sans défaut majeur, et si l'on ne lira clairement pas Magical Dance pour ses graphismes, ceux-ci sont tout de même à la hauteur.

Niveau édition, Nobi-Nobi a fait du très bon travail. Les volumes ne sont ni trop souples, ni trop épais, le papier, la reliure et l'impression sont de bonne qualité, et je n'ai relevé de coquille dans aucun des deux tomes.

7
Magical Dance est une très bonne surprise. Loin de n'être qu'un prétexte à insérer des personnages Disney à tout-va, la série se paie le luxe de délivrer un vrai message à son lectorat, sans jamais tomber dans la facilité.

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par Pois0n

http://twitter.com/Svetlana_Mori Auteur de romance fantasy et paranormal romance. Photographe amateur, amoureux de musique hardstyle, gameur, dolleur, ayant vendu son âme à Domino's pizza.

Site/blog perso : http://svetlanamoriwritings.peyj.com/

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