Critique Endless Sound 1

Un manga qui se passe dans le monde de la musique techno ? « OMG, n'en dites pas plus, prenez mon fric » est approximativement la réaction que j'ai eue à l'annonce d'Endless Sound. Vous l'aurez compris, c'est moins l'amateur.ice de yaoi que l'accro à la musique hardstyle qui s'est penché.e sur ce one-shot.


En tout cas, à la lecture une chose saute aux yeux : cielo, l'auteure, baigne elle-aussi là-dedans jusqu'au cou.


 


Commençons par le cas de Sanjô, le protagoniste principal, dont les amis restent hermétiques à sa passion. … Combien de fois, sur le forum spécialisé où je traîne, n'ai-je pas vu débarquer de nouveaux membres n'ayant personne avec qui partager leurs goûts musicaux ou se heurtant à l'incompréhension butée de leur entourage ? Bref, une introduction qui, clairement, aura une résonance particulière pour les habitué.e.s du milieu.


Il y a aussi le rapport à la musique, la magie du son qui nous enveloppe, la coupure totale avec le monde extérieur ; certes bien plus difficile à décrire en dessin qu'avec des mots mais l'idée est là, bien présente, et cielo a *vraiment* essayé de la faire passer.


Pour finir, il y a la place particulière occupée par les Pays-Bas dans l'histoire. Il faut savoir que le plat pays est un peu La Mecque musicale pour les amateurs du genre. Véritable berceau ayant vu naître gabber, hardcore, hardstyle et leurs dérivés, la plupart des DJs connus dans ce que l'on appelle « harder styles » viennent de là et les immenses festivals qui y ont lieu n'ont pas ou peu d'équivalent ailleurs. Si cielo ne s'embarrasse certes pas d'explications, à la lecture de son histoire même le profane pourra se faire une vague idée de l'importance des Pays-Bas dans ce milieu.


Bref, les clins d’œil sont partout, tout le temps, omniprésents et ne laissent pas le moindre doute. Certes, l'on n'échappe pas à quelques clichés un peu gros (le fait qu'un DJ soit forcément balaize à des jeux musicaux, le patron de la boîte efféminé à outrance et super sympathique...) mais dans l'ensemble, les connaisseurs seront ravis.


 


Et comme l'auteure a bien fait les choses, les néophytes ne se retrouveront pas non plus immergés dans une culture inconnue. Car il ne faudrait pas oublier qu'Endless Sound, à la base, n'est pas un manga *sur* la musique, mais une romance ayant simplement celle-ci pour thème.


De ce côté-là, histoire courte de 120 pages oblige, cielo va à l'essentiel mais parvient tout de même à développer sans histoire à un rythme idéal, sans précipitation ni lenteurs. De la présentation des personnages à leur rapprochement inopiné jusqu'à la conclusion, en passant par les interrogations de Sanjô (qui, à la base, n'est pas gay), quelques difficultés et la naissance de leur couple, la narration est exemplaire et ne tombe jamais dans l'exagération des sentiments. Ça sonne juste, quoi. Et la fin, positive mais néanmoins douce-amère, s'avère extrêmement bien trouvée. Bref, un sans-faute. On aurait aimé bien sûr en avoir plus, troquer l'histoire courte qui suit contre un épilogue par exemple, mais non, vraiment, il n'y a rien à redire sur Endless Sound.


 


L'autre récit du recueil, « Interdiction d'aimer ce chat abandonné » met un scène un propriétaire et un jeune homme paumé. Autant dire le thème un peu casse-margoulette, le second ayant au fil du temps développé de sérieux penchants masochistes à force de ne rien connaître d'autre que la douleur. Bref, le ton du récit a beau se vouloir léger, l'ambiance est lourde, très lourde, même si le côté malsain est heureusement évité, Daisaku n'ayant aucunement l'intention de profiter de la situation. Mais bon, en trente pages, le développement est forcément ultra-expédié et la nouvelle sera sitôt lue, sitôt oubliée.


Graphiquement, il faut avouer que c'est super joli. cielo a un talent certain pour dessiner les cheveux et ceux d'Ikarashi sont bel et bien sujets à la gravité et au mouvement. Alors on pourra toujours reprocher la simplicité de certaines cases, mais les visages sont expressifs et certaines planches (notamment celles se passant en club, comme le moment où Sanjô rattrape Minami sous les lasers) sont magnifiques.


Côté érotisme par contre, c'est très très sobre et *presque* tous publics : circulez, il n'y a pas grand-chose à voir, les passages les plus chauds n'étant certes pas esquivés mais naturellement censurés par la mise en scène ou les angles de vue choisis. Bref, on voit les persos dévêtus mais c'est tout. Et au final, vu le ton du récit, on s'en fout, Endless Sound n'étant pas une histoire basée sur le sexe (bien que son résumé pouvait le laisser penser).


Bref, vous l'aurez compris, avec ce one-shot mon objectivité est légèrement aux fraises. D'un autre côté, le truc est bon et à même de séduire sans mal le lectorat qu'il vise, son deuxième niveau de lecture, celui qui parlera aux connaisseurs, n'étant pas envahissant mais juste un énorme bonus pour celles-et-ceux-qui-savent.


Merci à IDP pour avoir édité cette petite perle chez nous ♥

9
Pour la majeure partie du lectorat, Endless Sound sera un yaoi très réussi se déroulant dans un milieu original. Pour une autre frange de lecteurs, ce sera plutôt une romance ancrée dans un milieu familier et bourrée de détails qui leur parleront. Dans les deux cas, il s'agira d'un excellent one-shot. Chapeau bas à cielo.
  • Une jolie romance, toute en douceur
  • La justesse des sentiments
  • L'omniprésence de la musique au sein du récit
  • VRAIMENT évocateur pour les connaisseurs
  • 120 pages vraiment bien employées, narration exemplaire
  • ... rien!

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par Pois0n

http://twitter.com/Svetlana_Mori Auteur.e de romance fantasy et paranormal romance. Gameur.se, dolleur.se, amateur.ice de bateaux, de courses NASCAR et de Domino's pizza.

Site/blog perso : http://svetlanamoriwritings.peyj.com/

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1 commentaire

Avatar de t-bird

Merci beaucoup pour cette critique, elle m'a vraiment donné envie de le lire !