Critique Hanada le garnement 2

Quel plaisir de retrouver notre vilain garnement abonné aux fantômes. Le nez qui coule, les oreilles décollées, le crâne rasé et les sourcils aussi épais qu’un peigne, Hanada est égal à lui-même dans ce second tome, tête à claques mais si adorable et bonne bouille qu’on lui pardonne tout. D’autant, qu’il a le sens de l’amitié sous ses airs de « je t’ai bien eu », il sait venir en aide à son copain Sota quand il en a besoin.


Le thème principal est la famille et plus particulièrement la famille recomposée. La maman de Sota, veuve depuis quelques années déjà devient la mission d’une vieille mamie entremetteuse. Il n’est pas bon apparemment de rester seule pour élever un enfant dans ce village. Rencontre arrangée - l’équivalent de notre speed-dating -, sentiments ou non partagés, on pousse une femme endeuillée dans les bras d’un homme abandonné par sa femme. Et au milieu de tout cela, se retrouvent embrigadés deux mômes qui essaient tant bien que mal de se faire accepter. L’autrice, avec tendresse et justesse montre la pression imposée parfois aux enfants dans ce genre de situation, le mal-être qu’ils peuvent ressentir quand leur petit cœur a mal d’un passé qui a du mal à guérir. Les malentendus, les difficultés à s’exprimer, à concilier les sentiments des uns et des autres se crayonnent sur les pages. Les blessures qu’il faut surmonter, la crainte de ne pas être aimé, la peur de trahir un papa mort trop tôt en aimant un nouveau papa, ce tome aborde tout cela avec un naturel touchant. Hanada, témoin du haut de son jeune âge ne comprend pas tout des histoires des adultes et les juge bien compliqués. Une manière de nous rappeler que les enfants pensent différemment des grands, ils ne s’enquiquinent pas de détours inutiles, ils vont à l’essentiel, résolvant nos problèmes avec une telle facilité que l’on paraît idiot à côté d’eux.


Kei, une petite fille qui ne rêve pas d’un grand frère, a un caractère bien trempé. Sans gêne et sans équivoque, elle joue de sa grosse voix devant les copains pour s’affirmer et se faire respecter. Une belle façade en vérité. C’est un genre qu’elle se donne pour être forte et impassible aux yeux du monde. Le lecteur qui voit tout cependant ne s’y trompe pas. Gamine livrée à elle-même depuis longtemps, elle a perdu confiance en des promesses qui ne sont que des mots. Elle encaisse secrètement sa vie de petite fille abandonnée. Pas de maman pour lui cuisiner de bons petits plats, ou la rassurer quand elle se sent triste ou intimidée d’une situation inconfortable. A sa manière, elle hurle donc et insulte ce qu’elle envie pour que personne ne doute de son manque d’affection. Cette petite fille est frustrée et malheureuse mais personne ne semble s’en apercevoir. Nous si, et on est bien content du happy end. Même, si l’on apprécie qu’Hanada se montre particulièrement véloce et combatif contre elle quand elle dépasse les bornes. Hanada est un peu ici l’arbitre et le punching-ball de ces deux mômes pris en tenaille entre leurs parents susceptibles de se remarier. Ce qui l’arrange car pendant ce temps-là les fantômes lui fichent la paix. Relégués au second plan, ce tome marque vraiment son genre « tranche de vie », même si de brèves apparitions continuent de faire le lien avec le fil conducteur. Sa famille pareillement prend de la place dans les cases, sa maman symbole de beaucoup de mamans, autoritaire et sitôt remplie de soucis dès que son petit garçon manque à l’appel, nous touche.


Un tome moins accès sur le fantastique mais le lecteur n’est pas plus mal loti sans ces spectres souvent mal polis. On se serait bien passé d’ailleurs de ce jeune qui à la pire des raisons de hanter la terre. Cet étudiant pervers mort avant de vraiment connaître la vie a un vœu bien bizarre, à croire qu’il n’avait finalement que cela en tête. Hanada lui-même se fera une idée sur la question au terme de sa quête et on aurait à mal de le lui reprocher. Ouais, dans ce cas là, mieux vaut des mauvaises notes à l’école.


Les derniers chapitres repartent sur les chapeaux de roue, avec l’arrivée inopinée d’une morte diseuse de bonne aventure. Plutôt oiseau de mauvais augure pour notre chenapan charmant qui va finir par manquer de sommeil. Il comprend de travers son problème, il analyse de façon superficiel les prédictions de cette charlatan jusqu’au point hélas de faire une grosse bêtise qui risque de mettre sa vie en péril. On va finir par croire que ces fantômes ne lui veulent que du mal. Rendez-vous donc dans le tome 3 pour connaître le fin mot de cette mésaventure.


Les pages sont toujours agréables à feuilleter, pas de fausse note encore, Makoto Isshiki maîtrise son art, son histoire, et manipule ses personnages pour notre seul plaisir. Alors forcément, cela fait coup de cœur et un beau 9, juste pour avoir l’occasion de donner 10 la prochaine fois.

9
Un tome 2 qui surpasse à mon sens son prédécesseur. Le charme de ce gamin bouille ronde continue de nous ramener en enfance. Son visage expressif est synonyme de bonheur, ses facéties sont un soleil. Sa vision du monde des adultes fait mouche. Un peu naïf mais pas la langue dans sa poche, il est témoin de deux familles monoparentales qui essaient de se reconstruire. Les fantômes font genre de l’oublier mais c’est pour mieux frapper à sa porte quand il ne s’y attend plus et lui prédire le pire. Mais, si malgré tout vous hésitez, fiez-vous à la couverture, Hanada c’est exactement cela.
  • Hanada, un môme comme on les aime
  • Un livre rempli de bon sentiments, ça sonne Humain et ça fait du bien
  • L'ambiance vintage et nostalgique
  • Réalisme mélangé brillamment à un peu de magie
  • Rien

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par KssioP

Continuellement l'esprit ouvert, je n'exclue aucun genre si ce n'est peut-être le genre guimauve ou Arlequin. J'aime cependant ce qui est différent, ce qui surprend. Rêveuse dans l'âme et aventurière chevronnée avec une manette en main, ma table de chevet se couvre de mangas, de romans, de cd's et d'une feuille de papier. Et bien souvent aussi d'un biscuit accompagné d'un thé car lire c'est certes bien mais avec confort et gourmandise c'est juste parfait.

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