Critique Passionate Lullaby

Passionate Lullaby nous a été vendu comme l'histoire d'une fille pas très dégourdie avec les garçons qui tombe amoureuse d'une célébrité. Un thème que j'aime bien de par son côté « conte de fées moderne », au point de carrément *acheter* la série (oui, moi, j'ai acheté un shôjo, vous avez bien lu). Sauf qu'entre les promesses de la couverture et la réalité, il y a un sacré gouffre...

… et ça commence dès le premier chapitre. Inutile de s'attarder sur le fait que Kogure oublie instantanément sa timidité maladive en posant les yeux sur Hiiro (après tout, on est dans un shôjo, et le coup de foudre, ça existe). Qu'elle se retrouve à jouer les actrices remplaçantes on-ne-sait-trop-comment environ dix secondes plus tard en revanche, ça passe beaucoup moins. Sérieusement, quel réalisateur digne de ce nom attraperait la première venue pour tourner un clip avec des artistes professionnels ? Personne, on est d'accord. Mais ça, ce n'est que la partie émergée de l'iceberg.

Au premier abord, Kogure apparaissait attachante. La fille banale qui ne s'intéresse qu'aux garçons fictifs était une idée sympa, la voir devenir fan de Bad Do suite à sa rencontre avec eux est dans la logique des choses... mais par contre, tout le reste ne l'est pas du tout !
Qu'Hiiro ait flashé sur « l'actrice mystère » et lui fasse une déclaration alors qu'il ne la connaît pas ? Que Kogure décide de se lancer dans les castings sans motivation autre que côtoyer l'élu de son cœur, elle, la fille ultra timide ? Bonjour la vocation... Qu'Hiiro lui lance le défi de le faire tomber amoureux d'elle (mais, euh, mec, c'est censé être déjà le cas, tu le lui as dit, tu te souviens ?) et que tout le scénario tourne ensuite autour de ça ? Que Kogure n'y pige rien alors qu'il ne cesse de la couver ? Qu'Hiiro lui tende un piège en utilisant son ami pour vérifier sa sincérité ? Stop. Trop, c'est trop. Ce truc n'a aucun sens, les personnages agissent tous au défi de toute logique, aucun ne semble savoir ce qu'il veut et quand bien même c'est le cas, ils n'assument pas ! C'est un fait, malgré leurs 16-17 ans, les personnages n'ont pas une once de maturité, malgré un milieu censé les obliger à apprendre très jeunes le sens des responsabilités.

Le milieu du show-biz et sa représentation, parlons-en, justement. Là encore, de la même façon que la romance, cet aspect est traité par-dessus la jambe. Hiiro et Kazuki sont censés être des idols, mais au final on ne sait jamais vraiment s'ils sont chanteurs, acteurs ou un peu des deux. Une jolie ellipse fait passer Kogure au stade de célébrité à peine sortie de sa première audition, et la voilà à jouer dans une série aux côtés d'autres stars. Son problème de timidité ? Aux oubliettes depuis longtemps ! L'impact de sa carrière sur l'emploi du temps de la lycéenne ? Passé sous silence. Les parents ? On les voit deux cases, et zou. Les paparazzi ? Une occasion manquée de donner un peu d'épaisseur au scénario. Le seul aspect un tantinet « « « « développé » » » », c'est celui évoquant comment Hiiro, dans le métier depuis son plus jeune âge, vit totalement coupé du monde, au point de n'avoir jamais pris le bus ni fait de shopping. Whaow, quel approfondissement...

En somme, qu'il s'agisse de la bluette entre Kogure et Hiiro ou de l'évolution de la jeune fille, tout est narré de façon extrêmement superficielle ; on a l'impression de lire un résumé. Durant tout le tome 2, les choses traînaillent entre les tourtereaux sans AUCUNE raison, et ne parlons même pas de Kazuki, censé introduire un semblant de triangle amoureux mais ne menaçant le couple à aucun moment. Vachement crédible, comme rival...

Vous l'aurez compris, scénaristiquement, Passionate Lullaby est un véritable naufrage.

… Et ce ne sont pas les graphismes qui vont relever le niveau. Certes, ceux-ci sont propres, quoique les décors sont beaucoup trop souvent aux abonnés absents. En revanche, le trait de Kana Nanajima manque sérieusement de personnalité ; c'est du shôjo générique que rien ne distingue du lot. Plus grave, il pèche au niveau de l'expressivité des personnages... Alors, ajoutez à ça le fait que ceux-ci n'aient AUCUN charisme (le comble, pour des idols), et la coupe est pleine.

Au final, le truc n'est rien de plus qu'une romance mièvre, sans saveur et surtout sans logique, qui ne séduire guère que les lectrices n'ayant pas encore dépassé les douze ans. Et encore, à condition que celles-ci ne soient pas trop regardantes.
Dans le même genre, lisez plutôt "Berry Dynamite", infiniment plus réussi à tous les niveaux!

4
Un énorme gâchis: voilà qui résume Passionate Lullaby. Romance mal gérée, thème du show-business totalement sous-exploité, narration ultra-expédiée, graphismes banals et personnages fades: d'accord, ça reste une histoire mignonne qui pourra *peut-être* séduire un lectorat jeune et peu exigeant, mais tout de même, il existe bien mieux dans le genre!

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par Pois0n

http://twitter.com/Svetlana_Mori Auteur.e de romance fantasy et paranormal romance. Gameur.se, dolleur.se, amateur.ice de bateaux, de courses NASCAR et de Domino's pizza.

Site/blog perso : http://svetlanamoriwritings.peyj.com/

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