Critique Les Fleurs du mal 1 et 2

Si vous pensiez que ce manga était l’adaptation en manga du célèbre recueil de Charles Baudelaire datant du 19ème siècle et qu’il aurait plutôt eu sa place dans la collection “Les classiques en manga” de nobi nobi!, vous vous trompez ! Mais il y a bien évidemment un rapport avec le livre.
 

Un acte aux conséquences insoupçonnées

Takao est un lycéen ordinaire qui est passionné de lecture et notamment la littérature classique. Le livre qui a changé sa vie et qu’il aime par-dessus tout est “Les fleurs du mal” de Charles Baudelaire. Avoir de telles lectures le rend différent des autres et il en est bien conscient.

AKU NO HANA © Shuzo OSHIMI / Kodansha Ltd.


Mais un jour, alors qu’il venait récupérer son livre préféré qu’il avait oublié dans sa classe, il remarque un sac vraisemblablement tombé par terre. C’est à ce moment-là que tout va basculer. En voyant écrit le nom de “Nanako” sur le sac, il ne peut s’empêcher de l’ouvrir et de constater qu’il s’agit des affaires de sport de la jeune fille. Takao étant secrètement amoureux de Nanako depuis un an maintenant, il n’arrive pas à rester indifférent. C’est ainsi que, cédant à une pulsion qu’il ne peut s’expliquer, il s’enfuit avec les affaires de Nanako et rentre chez lui encore traumatisé par ce qu’il venait de faire… Mais le pire restait à venir car Sawa, une camarade de classe solitaire et crainte, l’a vu voler les affaires de Nanako et va en profiter pour lui faire du chantage...
 

Encore un manga en milieu scolaire mais différent

Quand on lit le synopsis, on peut clairement s’attendre à quelque chose de classique. Un garçon secrètement amoureux d’une fille, trop timide pour lui parler, c’est du déjà-vu. Mais petit à petit en avançant dans le manga, on comprend que ce manga est bien différent des autres.

Déjà, le personnage principal ,Takao, est vraiment à part. Il a un profil atypique et une vision de la vie complètement différente de ses copains de classe. On comprend qu’il ne se sent pas à sa place mais en même temps, il n’est pas vraiment mis à l’écart. Il a des “amis” avec qui il parle mais il semble toujours dans les nuages.

Ensuite, l’ambiance n’est pas à la rigolade comme on aurait pu le penser en lisant le résumé. Le fait que Takao vole les affaires de sport de Nanako aurait pu donner lieu à des situations comiques par la suite. Ici, ce n’est pas du tout le cas. Le larcin commis par le jeune homme n’est en fait qu’un élément déclencheur dans le scénario et ce qui va se passer ensuite relève plus du drame que de la comédie. Tout est basé sur la psychologie du personnage de Takao qui se remet en question avec l’aide de la démoniaque Sawa. Et je n’ai pas choisi le mot “démoniaque” par hasard. C’est l’adjectif qui la qualifie le mieux. Elle va avoir une réelle emprise sur sa vie et va lui faire faire des choses hallucinantes.


AKU NO HANA © Shuzo OSHIMI / Kodansha Ltd.

Alors qu’on pensait que le manga allait traiter des brimades et du harcèlement, sujet largement évoqué dans les mangas, l’auteur prend une autre direction, assez inattendue qui va au-delà du simple chantage. On ne comprend pas ce que veut l’énigmatique Sawa au début, ce qui est dérangeant. Mais on découvre qu’elle va jouer le rôle de catalyseur auprès de Takao. Les sentiments qu’il va éprouver vont petit à petit le submerger.

Pour faire simple, ce manga se démarque des autres par son réalisme, l’absence de clichés et de personnages stéréotypés. L’auteur explique s’être inspiré de son expérience et de personnes qu’il a pu côtoyer pendant sa scolarité et cela se ressent énormément.

 

Une tension qui monte crescendo

Une des forces de ce manga est vraisemblablement la façon dont l’auteur arrive à faire monter la tension au travers de la relation toxique que Takao entretient malgré lui avec Sawa. L’auteur prend son temps, ce qui nous permet de bien rentrer dans l’histoire et de ressentir tout le désespoir de Takao et l’évolution subtile de la psychologie des personnages. C’est souvent très oppressant et pour peu qu'on arrive à s'identifier à Takao, cela prend carrément aux tripes !

Pour apprécier ce manga, il ne faut pas le lire de manière détachée. Ce n’est pas un simple divertissement mais bien une oeuvre qui donne à réfléchir. Quand on referme le 2ème tome, on comprend pourquoi Ki-oon a décidé de sortir les deux premiers tomes simultanément, c’est vraiment très intelligent de leur part. Cela aurait été vraiment dommage pour les lecteurs de ne pas assister au dénouement du deuxième tome où la tension est à son paroxysme. Ce n’est d’ailleurs qu’en arrivant jusqu’à la fin du 2ème qu’on ressent l’essence même de l’oeuvre.

En fait, je me demande même comment l'auteur va gérer la suite et arriver à nous captiver tout au long des 11 tomes qui composent la série mais concernant ces deux premiers tomes, je suis convaincu.

9
Quelle bonne surprise ! Ces deux premiers tomes des Fleurs du mal offrent au lecteur une expérience vraiment unique. L’auteur arrive à installer un climat de tension incroyable tout au long de l’histoire et maîtrise sa narration de bout en bout. Grâce à des personnages intéressants et réalistes, on se prend au jeu et on arrive à ressentir toutes sortes d’émotions. Un manga qui fait réfléchir et qui s’avère être une vraie réussite pour le moment. Par contre, il est évident que ce manga ne plaira qu'à un certain lectorat...
  • La psychologie des personnages
  • Une tension énorme !
  • Récit qui transpire le réalisme
  • On vit l'histoire grâce à une narration maîtrisée
  • Les dessins pas toujours maîtrisés

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par Skeet

Créateur de Manga Sanctuary et avant tout lecteur de manga depuis la fin des années 80.

Site/blog perso : http://www.manga-sanctuary.com

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