Chronique : Monster Friends 1

Pokemon of the dead

Première œuvre de son auteur, Yoshihiko Inui, à paraitre en France, Monster Friends est une courte série en 3 volumes qui se présente comme étant un « Pokemon version gore » et qui nous est proposée par les éditions Komikku. Ce premier volume nous propose d’entrer immédiatement dans le vif du sujet, ce qui est appréciable pour une œuvre aussi courte.

 

Et si on devenait amis ?

Wataru Narimiya, élève de CM2, est un élève discret qui ne sait pas s’imposer. Il peut accepter, par exemple, de faire les corvées seul pendant que ses camarades partent jouer à la console de jeux… Sa vie bascule le jour où, après avoir entendu plusieurs fois une voix dans sa tête, il tombe sur une bête étrange qui semble lui demander d’être son ami.


© Yoshihiko Inui 2014 / Futabasha Publishers Ltd.


Wataru ramène alors cet étrange animal à la bouche cousue chez lui, où il se rend compte que sa mère est dans l’incapacité de le voir. Après avoir été sauvé d’un accident de voiture par son nouvel ami, Wataru se retrouve rapidement confronté à une camarade de classe, Airi Shinozaki, possédant elle aussi ce qu’elle appelle un « buddy ». Mais elle ne semble pas la seule et les autres possesseurs de buddies semblent nettement moins amicaux…

 

Ça va vite !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Yoshihiko Inui ne traine pas ! Dès le premier chapitre (sur les 7 que compte ce volume), ça découpe sévère ! Nos élèves de CM2, qui ont donc une dizaine d’années, se retrouvent très rapidement à se livrer une véritable lutte à mort par buddies interposés. Les corps découpés, les cadavres et le sang parsèment les pages de ce premier volume qui justifie donc pleinement sa présentation de titre gore, comme cette double page qui précède la fin du premier chapitre. Pas de round d’observation donc et même si on ne sait pas encore tout des buddies, de la « symbiose » et des possibilités d’évolution évoquées, suffisamment d’informations sont distillées tout le long de ce premier tiers de série pour assouvir notre curiosité. C’est rondement mené, sans temps mort, et c’est dans l’ensemble plutôt efficace même si pas totalement exempt de défauts.

 

Trop vite ?

Si Yoshihiko Inui va vite, cela en est du coup de même pour ses héros. Et c’est peut-être le plus gros point faible du titre. En effet, n’oublions pas qu’il est question d’enfants d’une dizaine d’années qui « s’amusent » (pour certains, les guillemets ne sont pas nécessaires d’ailleurs) à s’entretuer. Et si notre héros Wataru est très marqué par les premiers morts qu’il voit, cela lui passe très vite.
 

© Yoshihiko Inui 2014 / Futabasha Publishers Ltd.


Alors, certes, Inui trouve une parade qui pourrait être plausible (et qui le sera peut-être encore plus par la suite), mais il est vrai que tout cela semble tout de même aller trop vite. L’autre point gênant de ce tome se situe, paradoxalement, dans la preview du prochain, avec le retour d’un personnage que l’on pensait avoir disparu… Un mystère qui demandera des explications crédibles !

 

Pokestanthériums

Sous ce néologisme barbare inventé par mes soins se cache un petit peu l’essence même des êtres au centre de notre histoire : les buddies (amis en anglais). Un peu de Pokemon pour le côté « mon monstre à moi, attaque ! », un côté Stand à la Jojo’s Bizarre Adventure (via l’idée qu’un buddy ne peut être vu que par d’autres possesseurs par exemple) et le lien fort qui unit le maître et son buddy (la symbiose et les évolutions) qui rappelle un peu les liens entre les héritiers de Falcon et leur métathériums (référence à Full ahead ! Coco), voilà en gros les caractéristiques de ces buddies. S’ils possèdent encore pas mal de mystères, les buddies sont bien évidemment la bonne trouvaille de la série et les caractéristiques de ceux rencontrés jusqu’à présent ont toutes leur petite originalité, avec des points forts et des points faibles.

Graphiquement, Yoshihiko Inui possède un style très intéressant qui s’adapte à la fois aux visages enfantins de nos héros, au côté mignon de certains buddies comme aux scènes macabres et violentes, avec une atmosphère parfaitement rendue et qui colle à l’ambiance voulue.

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