Chronique : Miss Hokusai

Rendez-vous avec une légende

Le mythe Hokusai

Hokusai est un artiste connu de tous les japonais tant son oeuvre a marqué son temps et continue à émerveiller de nos jours. Dessinateur, peintre et graveur (entre autres), ce "vieux fou du dessin" est notamment l'auteur des trente-six vues du mont Fuji dont la première estampe est la célèbre Vague de Kanagawa connue dans le monde entier.



Adapté d'une des petites histoire du manga Sarusuberi de Hinako SUGIURA sorti en 1983, Miss Hokusai se concentre surtout sur O-Ei, l'une des filles de l'artiste qui, et ça peu de gens le savent, a assisté son père sur de nombreuses oeuvres. Bien entendu, elle est toujours restée dans l'ombre et ce film va la mettre en lumière... justice sera ainsi faite !
 

Si vous aimez le Japon du XIXème siècle...

Miss Hokusai nous transporte donc dans un Japon traditionnel comme beaucoup d'amoureux de ce pays auraient aimé le découvrir. C'est donc avec grand plaisir qu'on profite des magnifiques décors et des scènes de la vie courante de l'époque. Dommage qu'on nous inflige une musique complètement à côté de la plaque et surtout d'une banalité affligeante en tout début de film lorsqu'on découvre Edo. Drôle de choix quand même ! Mais heureusement, on va retourner à de la musique plus traditionnelle la plupart du temps... ouf !
 

© 2014 Hinako Sugiura MS.HS / Sarusuberi Film Partners


On est ici dans de la tranche de vie pure et dure, genre que j'affectionne en général. Ne cherchez donc pas d'intrigue palpitante ou encore de rebondissements à couper le souffle car vous serez forcément déçus. On découvre simplement le quotidien d'Hokusai, un homme complètement dévoré par sa passion du dessin et sa fille qui essaie de se faire un nom dans ce métier (pas facile quand on est fille de). Hokusai est tellement pris par son travail qu'il ne vit même plus avec sa femme et son autre fille O-nao qui est aveugle. Mais même avec O-Ei, il ne montre aucune marque d'affection particulière.

Même s'il y a un côté dramatique avec la petite O-nao, on ne s'attarde pas vraiment dessus. Tout est traité de manière égale et on assiste à ce défilé de scènes qui n'ont pas été faites pour donner un sens global au film.

A noter, qu'une dimension mystique a été apportée à cette oeuvre (dimension déjà présente dans le manga ceci dit) ce qui donne lieu et des scènes relevant plutôt de la métaphore et dont le rendu visuel apporte vraiment quelque chose.

Et donc ?

Techniquement, Miss Hokusai est un film d'animation de très bonne facture même si le chara-design est parfois un peu limite côté "variété". En effet, certains personnages se ressemblent vraiment trop au point de presque les confondre si on n'est pas trop attentif (comme moi quoi !). De plus, O-Ei avec ses énormes sourcils ne fait pas vraiment rêver mais bon, ce n'était pas le but à priori puisque cette jeune fille au caractère bien trempé n'est pas la sympathie incarnée au premier abord.
 

© 2014 Hinako Sugiura MS.HS / Sarusuberi Film Partners


On est donc relativement comblés visuellement parlant, aucun problème mais quand arrive la fin du film, il y a de quoi être dérouté. C'est vraiment la fin ? J'ai loupé un truc ? Ha ouais c'est vraiment fini... Ayant lu différentes critiques sur ce film à sa sortie au cinéma, j'avoue que je m'attendais à un chef d'oeuvre en tous points. Et c'est avec une déception non dissimulée que j'ai accueilli la fin de ce film. Alors certes, on est dans de la tranche de vie mais j'ai quand même eu vaguement une impression de vide. Ce film doit probablement être une fidèle adaptation du manga mais n'oublions pas que le manga proposait plusieurs histoires et que le réalisateur s'est surtout concentré sur l'histoire mettant en scène O-nao et O-ei. Peut-être manquait-il un peu de "matière" ?

Certains diront que je suis passé à côté du film, c'est peut-être vrai mais du coup, j'ai fini le visionnage très mitigé et pour ma part, ce n'est pas le chef d'oeuvre escompté mais juste un film sympathique.

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