Chronique : Arte T.1

Découvrez l'avis de Skeet suite à la lecture du premier tome

 

Florence, début du 16e siècle.
Dans ce berceau de la Renaissance, qui vit l’art s’épanouir dans toute sa splendeur, une jeune aristocrate prénommée Arte rêve de devenir artiste peintre et aspire à entrer en apprentissage dans un des nombreux ateliers de la ville…
Hélas ! Cette époque de foisonnement culturel était aussi celle de la misogynie, et il n’était pas concevable qu’une jeune femme ambitionne de vivre de son art et de son travail. Les nombreux obstacles qui se dresseront sur le chemin d’Arte auront-ils raison de la folle énergie de cette aristo déjantée ?

Titre : Arte T.1
Editeur français : Komikku
Date de sortie : 27/08/2015
Dessinateur : Kei ôKUBO
Scénariste : Kei ôKUBO

Série en cours - 15 tomes

 

Dur d'être une femme au XVIème siècle !

Arte, c'est avant tout l'histoire d'une femme qui veut prendre son indépendance et faire quelque chose qui à l'époque est très mal vu : travailler ! Et chose qui n'arrange rien, Arte est une fille d'aristocrates florentins et son comportement va à l'encontre des principes de la famille. Seul son père récemment décédé encourageait sa fille à faire ce qui la passionne : dessiner. Sa mère de son côté n'a qu'une seule préoccupation : marrier sa fille pour qu'elle ait une vie "convenable" à ses yeux. Mais elles n'ont pas la même définition du mot...

Pour échapper à cette destinée et enfin vivre de sa passion, Arte va tenter de trouver du travail en tant qu'apprentie peintre mais va vite déchanter pour une raison qu'elle a du mal à comprendre : c'est une femme.

 © 2013 by KEI OHKUBO / NSP Approved Number ZCW-41F


Les personnes auxquelles elle présente ses dessins ne veulent même pas les regarder, ce qui a de quoi décourager la jeune fille. Mais son caractère bien trempé va attirer l'attention d'un artiste, Léo. Cette rencontre va bouleverser la vie d'Arte car celui-ci va enfin voir en Arte une apprentie sans faire attention à son sexe...il va même regarder attentivement ses dessins...une première !

Dès les premières pages, l'auteur présente habilement la condition de la femme au XVIème siècle et autant vous dire qu'il était difficile de paraître crédible en tant qu'artiste aux yeux des hommes. Ce qui est appréciable, c'est qu'il ne va pas s'enfermer dans ce postulat de départ mais il va petit à petit glisser vers la phase d'apprentissage et la recherche de l'indépendance. Ceci dit, Arte va se sentir obligée de faire ses preuves et de redoubler d'efforts afin de montrer à son maître qu'un femme peut aussi faire du bon travail.

 

L'effervescence de la renaissance

Le lieu où se déroule l'histoire d'Arte contribue largement à rendre la lecture de ce premier tome très agréable. L'auteur s'efforce de bien retranscrire l'ambiance qui régnait à Florence, le berceau de la renaissance ayant vu naître une multitude d'oeuvres d'art au XVIème siècle. Grâce à des dessins soignés, on ressent vraiment l'effervescence qui régnait dans cette ville où les artistes redoublaient d'effort pour créer de belles choses.

 

 © 2013 by KEI OHKUBO / NSP Approved Number ZCW-41F

 

Toute cette activité fait évoluer Arte dans un milieu où, même si c'est une femme, on a l'impression que tout peut arriver. Les opportunités sont nombreuses mais la concurrence aussi, d'où cette envie de réaliser un travail de grande qualité. En tout cas l'auteur nous sert une histoire très positive malgré certains des thèmes abordés. On comprend rapidement qu'Arte ne va pas se laisser faire !

 

Un vent de fraîcheur

Avec Arte, l'auteur a créé un personnage à la fois touchant et et combattif. On prend vraiment plaisir à suivre son évolution et à découvrir son environnement. C'est vraiment le genre de manga qu'on finit avec le sourire aux lèvres et pendant lequel on s'évade facilement.

© 2013 by KEI OHKUBO / NSP Approved Number ZCW-41F

 

Grâce à un sujet plutôt original sur fond historique, Arte reste avant tout un divertissement mais en évitant les clichés qu'on retrouve dans bon nombre de mangas. Certes, on reste dans un schéma "d'apprentissage" mais traité d'une manière très humaine et ça fait bien plaisir. Pas de violence gratuite, pas d'humour potache ou de fan service. Ici on se concentre sur les personnages et Arte n'est pas la seule à présenter un intérêt.

On pourrait presque qualifier Arte de "feel good manga" grâce à sa fraîcheur !

Commentaires (0)