Chronique : Sangsues T.1

Découvrez les premières impressions de Lelouch sur cette série

 

Yoko, une fille à première vue ordinaire, s'est évaporée. Nous ne la voyons pas, mais elle est là, juste sous nos yeux : Yoko vit chez nous pendant notre absence, allant d'un appartement à un autre selon ses besoins et ses envies. Yoko est une sangsue : elle a cessé d'exister aux yeux de  la société et vit désormais, invisible, dans ses replis, dans l'angle mort de nos consciences. Elle se croit seule dans son cas, elle va découvrir toute une société parallèle, un amas d'électrons libres qui coexistent sans que nous les voyions alors que la violence y est omniprésente. Car les sangsues se disputent nos domiciles, qu'elles appellent des nids, s'affrontent dans de sanglantes guerres de territoire et se livrent à des vendettas qui tournent volontiers au massacre.

Titre : Sangsues T.1
Editeur français : Casterman
Date de sortie : 13/05/2015
Dessinateur : Daisuke IMAI
Scénariste : Daisuke IMAI

Série terminée en 5 tomes

Retrouvez également une rubrique consacrée à Sangsues dans notre émission du 13 mai 2015.

 

Point de vertu purifiante dans « Sangsues » de Daisuke Imai aux éditions Casterman. Ici les sangsues ne sont pas de simples petites bêtes visqueuses qui sucent le sang. Mais l’idée est proche. Ce sont des êtres humains, « évaporés », invisibles au commun des mortels qui vivent aux crochets des vivants. Le premier volume de ce manga arrivera-t-il à nous capter comme une sangsue ponctionne le sang ?

 

Une jolie édition pour des dessins légers

On reconnait bien là le travail de Casterman. La qualité de l’édition, du papier et de la jaquette sont au rendez-vous. Mais, la qualité graphique est aussi là. Les dessins de l’auteur parfois très clairs, parfois très noirs viennent apporter un contraste intéressant surtout entre les moments calmes où Yoko profite de sa vie de sangsue et les moments de danger où elle doit se confronter au monde auquel elle appartient désormais.

 

HIRU © Daisuke Imai 2011 / SHINCHOSHA PUBLISHING CO.

 

L’ensemble est assez léger, on survole les traits, profitant de peu de personnages pour ce premier volume et de fonds eux aussi contrastés. Le recours aux arrières plans monochromes pour accentuer la pression sur les personnages est un procédé présent dans « Sangsues ». Les fonds travaillés pour les moments calmes et les autres pour aiguiser notre attention.

 

Histoire aérienne et vaporeuse

Si la qualité de l’édition est indéniable, et que le style graphique est très agréable, l’histoire quant à elle est un peu décevante. Si le sujet est intéressant, légèrement atypique donc plutôt motivant à découvrir, la réalité à la lecture est différente. En effet, très vite, on se rend compte que ce qui est considéré comme un « thriller » par l’éditeur est pour le moment un peu mou. C’est le premier tome en effet, on est plus dans une mise en situation, mais la série ne comporte que cinq tomes, donc prendre trop son temps peut s’avérer dangereux.

Même si la seconde partie puis la fin du volume apportent un peu de suspense, de tension et d’interrogation, on reste un peu trop spectateur sans vraiment profiter des potentiels du statut de sangsue de Yoko.

 

HIRU © Daisuke Imai 2011 / SHINCHOSHA PUBLISHING CO.

 

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