Chronique : Cicatrices

Découvrez nos impressions sur ce manhua paru chez Urban china

Avec « Cicatrices », vous découvrez une autre Chine. Celle que Li Kunwu nous raconte à chaque fois, une Chine riche d’histoires et de traditions. Cette fois ci c’est le tour du conflit sino-japonais. Cette guerre qui a commencé à il y a longtemps, s’est achevée physiquement en 1945, mais reste encore dans de nombreux esprits…

Du Manhua au roman graphique

Pour ceux qui ont déjà lu une œuvre de Li Kunwu, nous reconnaitrez sans doute le dessins atypique, un peu tremblant, parfois imprécis avec des corps noués et usés par le temps. Mais, à ce style graphique très doux malgré ses tortuosités, viennent s’ajouter de nombreuses photographies. Et pas n’importe quelles photos : des pages entières de prises de vues de l’invasion de la Chine par les Japonais. Ce mélange, étrange lorsqu’on feuillette le volume est très complémentaire. Les dessins reprennent se base sur la vie de « Monsieur Li », toujours dans l’idée autobiographique, auxquels viennent se greffer des morceaux d’une autre réalité, celle de la guerre. C’est à la fois deux histoires dans l’une et un récit explicatif. La lecture s’en trouve très facilité.  

L’histoire sans jugement 

Difficile de raconter une histoire sur un tel conflit, dons les relents se font encore sentir aujourd’hui. L’auteur arrive à prendre du recul malgré ses sentiments personnels. Il nous les fait ressentir à travers quelques phrases ou expressions, mais il arrive à mettre une distance pour éviter de tomber dans des jugements trop hâtifs. Il nous offre la possibilité de comprendre, de voir et de ressentir par nous même à travers un exposé presque trop historique.   

Une édition et un rythme de lecture adapté

L’édition en grand format, avec un papier épais colle très bien avec le trait de Li Kunwu, comme pour ses autres œuvres d’ailleurs. Le rythme de lecture en est que meilleur, car nous pouvons ainsi regarder de long en large dessins et photos. Une première lecture de l’ensemble sans trop prêter attention aux photos est possible et permet de comprendre l’ensemble de l’histoire. Après, il est ainsi possible de revenir à volonté regarder les photos comme on le ferait pour un album : regarder les détails, les regards, les arrière-plans… On regrettera peut être la part presque trop importante des photographies, c’en est parfois trop, mais pourtant très utile.

 

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