Chronique anime : Free!

Découvrez nos premières impressions sur cette série diffusée en simulcast sur Crunchyroll.

Alors que les beaux jours semblent terminés et que l'hiver pointe le bout de son museau, j'ai pensé qu'effectuer ma chronique sur cette série serait fort à propos !

Je tiens à préciser que cette série s'est terminée le 26 septembre 2013, donc depuis plus d'un an, mais comme sa suite (Free ! Eternal Summer) a été diffusée entre le 2 juillet et 24 septembre 2014 et qu'il s'agit d'une suite on ne peut plus directe (en fait c'est plus que la série a été découpée en deux parties, sur le modèle de la dernière saison de Breaking Bad, entre autre), je m'appuie essentiellement sur la première partie, sachant toutefois que ce qui vaut pour une partie vaut pour l'autre.
 

Un doute vite dissipé

Free ! C'est l'histoire de Haruka Nanase, jeune passionné de natation, et de ses trois amis : Nagisa Hazuki, Makoto Tachibana et Rin Matsuoka, ayant en commun, en plus de leurs prénoms féminins, leur amour pour la discipline sus mentionnée. Tous les quatre participent à un tournoi lors de leur dernière année de primaire, qu'ils remportent avant de se séparer, Rin annonçant qu'il compte partir pour l'Australie afin d'envisager la natation sous un angle professionnel.

C'est au lycée Iwatobi que Haruka, Nagisa et Makoto se retrouvent et décident de (re)fonder le club de natation. Tout semble se passer pour le mieux pour ces amis qui tentent de redonner vie à leurs souvenirs passés lorsque Rin (qui a des dents de requin soit dit en passant) réapparaît, devenu condescendant et souhaitant montrer à Haruka, son ami et rival, à quel point il est devenu meilleur que lui.

Autant me confesser tout de suite : j'avais de gros a priori sur la série concernant son « genre ». Assez tristement je dois l'admettre, je me disais qu'un anime sportif sur la natation mettant en scène quatre mecs ne pouvait être qu'un yaoi, ou tendant au moins vers ce style, qui m'est proprement rédhibitoire (je m'excuse par avance auprès des membres de la communauté MS friands de yaoi). Eh bien pas du tout ! Certes les quatre protagonistes sont extrêmements proches, certains ayant tout de même une sensibilité légèrement exacerbée mais globalement, j'y reviendrais, le résultat est on ne peut plus humain et équilibré, et ça fait du bien !

Je vais cette fois-ci tenter de faire un peu plus court et concis afin de vous garder jusqu'au bout (mes dernières chroniques ayant tendance à s'étaler).

 

Une eau à bonne température

Indéniablement, les points forts de Free ! sont ses graphismes et son animation, tous deux de haute volée. L'inspiration côté chara-design est probablement un poil classique (je pense notamment à Haikyuu !! pour la comparaison) et les visages ont assez peu de relief (contrairement aux corps, point sur lequel je reviendrais dans quelques instants) mais l'animation compense largement ce fait (vous remarquerez que je n'ai pas dit « faiblesse »). Du générique d'ouverture (qui a une classe immense au passage) au générique de fin, il n'y a aucun moment de faiblesse visuelle ou technique.

D'ailleurs, je ne pouvais décemment pas parler de la beauté graphique de cette série sans mentionner l'eau. Elément piégeux de bon nombre d'animes et de jeux vidéos, il n'est pas rare de voir une réalisation assez pauvre à ce niveau (eau lisse, inanimée, couleur unie...). En ce qui concerne Free !, que nenni ! Evidemment, on s'attend à voir une eau travaillée dans un anime axé sur la natation mais à ce niveau, le studio d'animation n'a pas chômé ! C'est le rendu le plus réussi qu'il m'ait été donné de voir dans un anime. On a envie de s'y plonger comme les protagonistes ! Mais au final, il n'y a pas que l'eau des piscines qui a reçu ce traitement particulier : les fontaines, l'eau du bain, la mer... En gros, dès qu'il y a de l'eau, elle bénéficie d'un rendu de qualité.

 

Deux styles qui se marient bien

Au final, sous couvert d'une série sportive, nous avons aussi (et surtout?) une série tranche de vie bien agréable à suivre dans la mesure où les questionnements des protagonistes adolescents nous concernent tous, ou nous ont tous concerné.

Free ! propose un mélange classique de sport et de tranche de vie, dans lequel le côté tranche de vie a tendance à vite prendre le pas sur l'autre, ce qui n'est pas une mauvaise chose dans le cas présent. Les différentes approches n'en deviennent que plus réalistes (ici pas de capacités surnaturelles, nous sommes beaucoup plus proches d'un Dream team que d'un Kuroko's basket, en terme d'approche sportive en tout cas). L'aspect sportif n'en est finalement que plus jouissif, car extrêmement bien documenté et réalisé (les nombreuses phases de nage, bien que souvent brèves – discipline oblige –, en mettent vraiment plein la vue, que ce soit sur un plan purement visuel ou simplement au niveau du découpage des mouvements, des scènes).

Tout ceci fait que le rythme global de la série est bien maîtrisé. L'équilibre entre l'évolution de la trame principale et les « à-côtés » (toujours intéressants à suivre) est parfait, on ne s'ennuie pas, aucun sentiment de frustration. Le découpage en deux fois 13 épisodes en fait une série relativement courte mais complète, les thèmes sont tous abordés et traités de manière égale. Pas de rallongement artificiel de la série, on va à l'essentiel, toujours, et les techniques de flashback sont bien utilisées (utiles et relativement courtes, pas sur un épisode entier), ce qui est suffisamment rare pour être mentionné.

 

Une belle leçon d'amitié

Ce sera ici ma partie conclusive. Je trouve que tout dans cette série respire l'honnêteté, la sincérité mais aussi la simplicité (pas dans un sens péjoratif bien entendu). La relation qu'entretiennent les personnages entre eux est la parfaite illustration de ce que j'avance : le fait est que ce que mon cerveau décadent avait pris pour des sursauts d'homosexualité (aucun jugement de valeur ici), notamment en ce qui concerne les comportements de Makoto et Rei, tous deux extrêmements « sensibles », était, après avoir pris du recul, une simple projection d'amitié ! Mais attention, pas votre pote de beuverie, l'amitié la vraie, celle que peu d'entre nous peuvent se targuer d'avoir connue.

L'explication de l'ambigüité de certains comportements se trouve quant à elle dans un concept simple et connu de tous : le fan service. Car tout en étant assez loin d'un yaoi, le public ciblé (par le fan service en tout cas) est clairement féminin. En témoigne d'ailleurs le rôle de l'unique personnage féminin, Gou (qui a elle un prénom de garçon, notez l'ironie) qui n'est là que pour s'extasier de la musculature de nos amis nageurs.

Car oui, s'il on peut pointer un fait du doigt (sans appeler ça un défaut non plus), il s'agit bien de la musculature absolument déraisonnable des personnages, je le rappelle, lycéens. C'est sans doute le point qui rompt légèremement avec le réalisme autrement constant de la série. Concrètement, les gars sont plus sculptés comme les mannequins de chez Abercrombie que comme Michael Phelps.

Mais bon, on ne va pas non plus faire nos hypocrites car, nous autres de la gent masculine sommes constamment abreuvés de boobs et autres panties même dans le plus innocent des animes. D'ailleurs, je fais là de la discrimination car bien que le fan service de la série soit à mon sens orienté pour un public féminin, cela n'empêche pas les hommes de pouvoir apprécier la vue du beau muscle.

Au final, cette série véhicule des valeurs très simples (l'amitié en tête) mais le fait bien, pas en nous bourrant le crâne de poncifs comme dans le shonen habituel. Ici ce n'est pas tant la vengeance ou le sacrifice qui sont mis en avant mais des actes bien plus subtils : savoir prendre soin de ceux que l'on aime (Makoto entre autre), être capable de faire amende honorable (Rin), se remettre en question pour les autres et surtout pour soi (Haruka) etc...

Enfin, j'allonge un poil cette partie pour mentionner le thème qui gagne en importance au cours de la série : l'orientation future. En effet, l'anime se déroule (notamment la deuxième partie en fait) en été, et plutôt que d'aborder cette période comme étant le moment de la séparation des amis, l'anime propose de poser la question suivante aux protagonistes : « Que comptes-tu faire ensuite ? ». Je parle de cela car j'ai trouvé que, même si la thématique reste encore une fois assez classique, la façon dont cela est traité est très satisfaisante, permettant notamment d'étayer, par certains mécanismes que je ne détaillerais pas ici, encore plus la thématique de l'amitié.

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