Espace membre de jihemgé
le 27/04/2016 à 08:39
Neon Genesis Evangelion T.4Après Rei autour de laquelle tournait le volume 3, le quatrième opus de la série présente Asuka, un nouveau personnage féminin, qui est l\'opposée même de Rei par son comportement et la nature des ses relations avec Shinji.\r\nDans l\'ensemble, le scénario est toujours aussi maîtrisé, et l\'auteur nous emmène exactement là où il le voulait. Toutefois, je n\'ai pas été aussi convaincu par ce tome. Les scènes d\'introduction, qui approchent souvent le shojo dans leur tonalité, sont un peu longues. C\'est amusant, bien entendu, mais sans grande originalité, et on se surprend à attendre la suite. Peut-être est-ce dû au fait qu\'Asuka, malgré son caractère extraverti, est un personnage plus conventionnel sur le fond que ne l\'est Rei, et que le contraste entre ses deux comportements, selon qu\'elle s\'adresse à ses supérieurs ou aux deux autres pilotes des EVA, est traité de façon trop caricaturale.\r\nConsécutivement, et toujours par comparaison avec les premiers volumes, on ne peut s\'empêcher de trouver que les scènes d\'action faisant intervenir les mécas sont trop brèves et, pour ce qui est de celle qui se veut la \"principale\", contre le septième ange, elle ne nous inquiète jamais vraiment : on pressent que les deux jeunes pilotes vont en venir à bout et, de fait, c\'est le cas, et même assez facilement. On reste donc sur notre faim.\r\nCôté dessin, il n\'y a rien à redire. C\'est toujours aussi réussi, l\'univers d\'Evangelion prenant de plus en plus de consistance au fil des volumes.
le 26/04/2016 à 08:11
Neon Genesis Evangelion T.3Après les deux premiers tomes, qui servent en quelque sorte d\'introduction au récit, en présentant les personnages et les enjeux du monde d\'Evangelion, ce troisième volume se focalise sur les liens entre Shinji et Rei, et distille quelques informations sur la jeune fille, tout en préservant le mystère sur son origine et son identité. Les deux protagonistes gagnent ainsi en épaisseur, sans pour autant ennuyer le lecteur : les scènes sont de nature suffisamment différenciées, et jamais bavardes. \r\nA ce fil narratif plutôt introspectif s\'entre-mêle un autre enjeu, directement tournée vers l\'action, avec le venue d\'un nouvel ange qui parvient à s\'en prendre directement au Géofront, ce qui permet de dynamiser le récit, et d\'alterner des scènes aux tempos très démarquées. \r\nCôté dessin, on est toujours sur la même ligne assez claire, parfois un brin brouillonne, mais qui donne son caractère à cet univers apocalyptique. Il y a ici ou là des petites erreurs dans l\'anatomie des personnages (ex. : Shinji assis sur son lit d\'hôpital, vu de 3/4 dos), mais c\'est négligeable, et cela passe souvent inaperçu lors d\'une lecture rapide.\r\nUne super série, que je découvre avec vingt ans de retard - mais mieux vaut tard que jamais.
le 25/04/2016 à 15:43
Drakengard – Destinées Écarlates T.1J’ai acheté ce manga parce que je trouvais le graphisme intéressant, après l’avoir feuilleté rapidement en librairie. J’aurais sans doute mieux fait de m’abstenir…\r\n\r\nLe scénario d’Eishima commence par 120 pages de massacre dans un monde de type fantasy très noir. Deux guerriers, One et Nero, tuent des hordes d’humains atteints de « la maladie des yeux rouges », mal mytérieux qui transforme hommes et femmes en espèce de zombies. Les tripes volent, les crânes éclatent, les yeux se crèvent… Pendant ce temps, on apprend que One, un jeune homme frêle, presque féminin, qui manie une épée aussi grosse que lui (tiens, où ai-je déjà vu cela ?...), est en fait l’ancêtre d’une lignée d’humains qui protège au sein de son « église » les malades aux yeux rouges, et qu’il a pour but d’anéantir sa propre descendance. Par ailleurs, Nero, un elfe noir pervers, se répand en palabres d’un niveau de français lamentable, lequel est peut-être censé « faire cool » et flatter le public visé par ce manga – lequel apparemment est conçu par l’éditeur comme devant être assez débile.\r\n \r\nPuis, (attention : certains et certaines pourraient considérer comme du SPOILER ce qui suit. En fait, selon moi, on ne peut spolier du vide…), commence un flashback de trois ans en arrière, dans le royaume de Caerleon. Et là on se dit chouette, l’histoire va prendre un sens, les personnages une épaisseur, et après 120 pages de boucherie, il va enfin y avoir un peu de matière narrative. On y croit pendant quelques pages. On retrouve nos « héros », tout aussi vagabonds, qui sauvent incidemment une princesse et sa suivante, Shirley. Le récit prend des allures de shojo, c’est même amusant pendant quelques planches. Puis… voici que la princesse et Shirley se caressent chacune de leur côté dans leur lit, la main dans la petite culotte ; arrive Nero, qui commence à violer la princesse, mais One l’interrompt. Contrarié, il va violer Shirley tandis que la princesse, mécontente de ne pas avoir subi les derniers outrages, se déshabille intégralement devant One pour l’inciter à poursuivre ce que son comparse avait commencé. Oui, je sais, c’est totalement affligeant.\r\n\r\nJe me suis étendu sur le pseudo-scénario, qui n’est en fait qu’un prétexte à montrer des tripes dans un premier temps, puis des fesses dans un second, pour que chacun chacune sache à quoi s’en tenir : Eishima se montre pitoyable, incapable de tisser une trame narrative, d’écrire des dialogues, d’individualiser les personnages, et pas même de donner les clés de « son » univers, puisqu’il lui faut, après chaque chapitre, donner une page d’explications rédigées sur l’univers de Drakengard pour le faire !!!\r\n\r\nReste le dessin de Zet. Celui-ci s’excuse au début du manga de ne pas être irréprochable, car c’est son premier manga. Nous avons surtout envie, cher Monsieur Zet, de vous plaindre d’avoir eu, pour débuter, un aussi lamentable scénario. Mais c’est sans doute parce qu’il était tel que vous l’avez eu, puisque vous êtes débutant, et que vous l’avez accepté… Et vous avez raison tout n’est pas parfait dans votre technique. Certaines cases sont peu lisibles, la profondeur du dessin est parfois absente, certains mouvements (en particulier ceux de One avec sa grosse épée) sont tout simplement impossibles, et les arrière-plans sont trop négligés. Mais il n’en reste pas moins qu’il y a quelques planches très réussies, comme la splashe page qui ouvre le chapitre 2, ou la scène de la décapitation de Fey, qui est sans doute le seul moment réellement dramatique du volume. De même, les deux guerriers prennent des poses parfois très convaincantes, et les scènes érotiques sont plutôt sympathiques, avec des corps féminins très sensuels. Malgré ses défauts, c’est donc le dessin de Zet qui, à mes yeux, sauve ce manga et explique la note que je lui me mets au final.\r\n \r\nGardez tout de même à l’esprit que le scénario est absent, et n’a d’autre raison d’être que d’enchaîner scènes de violence et scènes de sexe. C’est un « genre » qui a ses limites…\r\n
le 22/04/2016 à 14:03
Capitaine Albator : Dimension voyage T.1Un avis mitigé sur ce premier tome. \r\nMême si certains se montrent réticents envers le graphisme, qui n\'est plus celui du \"maître\", je trouve les dessins de Shimahoshi superbes. Son trait est à la fois expressif et élégant, son tracé dynamique. L\'influence de l\'animé est évidente, le dessinateur cherchant parfois à calquer ses procédés de celui-ci, par exemple avec les grands espaces vides où court un personnage esseulé. Quant au vaisseau d\'Albator et à Albator lui-même, ils sont superbement rendus, avec une touche bienvenue entre steam punk et space opera.\r\nMalheureusement, si c\'est très joli à regarder, c\'est moins intéressant à lire. Matsumoto multiplie les clins d\'oeil, reprend sa galerie de personnages, mais il n\'en fait pas grand chose. En gros, le volume se résume à : tous les humains ont quitté la Terre, et Albator va la sauver. Mais 150 pages pour le dire, c\'est un peu trop... Il reste à espérer que la suite sera, sur le plan scénaristique, un peu plus consistante.\r\n
le 22/04/2016 à 09:40
Last Hero Inuyashiki T.3J\'avais beaucoup aimé les deux premiers volumes. Le thème de l\'histoire était original, et prometteur : deux terriens sont tués accidentellement par une race extra-terrestre, et, afin de passer inaperçus, ceux-ci décident de les \"remplacer\" par deux androïdes qui sont en fait des machines de guerre hyper-sophistiquées. L\'un d\'eux, le vieil homme, va exploiter ses incroyables pouvoirs pour faire le bien, et l\'autre, le plus jeune, pour faire le mal. On avait là une trame qui laissait présager du meilleur, avec un affrontement entre bien et mal, un questionnement sur ces valeurs - ainsi que sur la société japonaise et ses travers, qui est critiquée dès le premier volume.\r\nMalheureusement, tout s\'est effondré avec ce troisième volume, dans lequel Oku renoue avec ses travers : scènes de sexe crues et sordides, violence gratuite, en aucun cas appelée par le récit... Ce tome 3, même s\'il préserve une même qualité graphique, m\'est tout simplement tombé des mains de dégoût. Certes, la violence était présente dans les deux premiers opus, mais elle était alors intimement lié au récit : le passage à tabac d\'un vagabond par des jeunes en perte de repère, le massacre gratuit d\'une famille prise au hasard pour dénoncer la violence-même. Mais, avec ce troisième volume, tout ce qui faisait l\'intérêt (potentiel) du récit est oublié : on sombre dans le banal récit de type yakusa, avec un méchant plus méchant que méchant, totalement improbable, et du voyeurisme à gogo.\r\nJe suis allé dès hier après-midi revendre mes trois volumes, et la série s\'arrête là pour moi.\r\nOku, ou comment transformer un excellente idée en un grossier naufrage...
le 22/04/2016 à 08:45
The Arms Peddler T.7Ce tome 7 prolonge le récit commencé dans la seconde partie du volume 6, où l\'on avait laissé Garami sur le piste d\'un nouvel exemplaire du Grimoire des clés. Le scénario tourne essentiellement autour de la traque du \"monstre\" qui hante les rues d\'Hemden. S\'il s\'inscrit en cela dans un type des scènes caractéristique des mangas (le big bug monster dévastant une ville), le récit n\'en reste pas moins prenant, car il est très bien rythmé, les planches de pur combat alternant avec des pauses plus narratives, au cours desquelles le personnage de Sona, en particulier, prend plus d\'épaisseur. Nous en apprenons aussi un peu plus, mais juste ce qu\'il faut pour préserve le mystère, sur Garami et le Grimoire des clés. Enfin, dans la première partie du volume, puis lors du \"grand final\", deux coups de théâtre que l\'on n\'avait pas vu venir surprennent agréablement, en donnant aux personnages de Lonia et de Ride une dimension inattendue, à la fois dramatique et épique, et qui s\'appuie sur les valeurs ô combien japonaises de sacrifice et d\'abnégation.\r\nLe scénario dynamique et plein d\'énergie de Nanatsuki est transcendé par le dessin de Night Owl and C°. Certaines scènes étaient de véritables défis à surmonter, compte tenu du caractère pour le moins fantasmagorique du contenu (genre : un insecte géant du style mante religieuse éviscère une dizaine de passants sur la place d\'un marché, et seul réchappe à son coup de patte/pince le méchant Hydra...), et le moins que l\'on puisse dire est que le défi est relevé : planches rythmées, suggestives, toujours lisibles malgré un goût évident du détail, atmosphère ténébreuse mais jamais avec d\'inutiles surcharges, on a affaire ici à un maître. Et le soin apporté aux costumes, aux arrière-plans, aux expressions des visages finit d\'emporter l\'adhésion, en donnant une véritable présence à l\'univers post-apocalyptique de \"The arms peddler\", et une dimension réellement humaine aux personnages.\r\nBref, c\'est du grand manga, avec tous les ingrédients pour en faire l\'une des séries phares du moment en matière de SF-fantasy.
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