Kazé pourrait envisager de travailler avec des team de scantrad (à certaines conditions)
Kazé précise sa politique sur le scantrad et l'édition numérique
Il y a quelques jours, on apprenait que Kazé comptait mettre en place une campagne de communication autour du scantrad. Il s'agissait de bien faire entendre à tous qu'il s'agit d'une activité illégale mais aussi de placer des messages de remerciements (à tous les acteurs de la chaîne du livre, y compris les lecteurs) sur les manga Kazé.
Aujourd'hui, le site ActuaLitté a révélé l'intégralité de son interview exclusive de Raphaël Pennes, le directeur éditorial de Kazé, et l'on apprend encore quelques éléments intéressants.
Tout d'abord, si Kazé fait la différence entre team de scantrad et site agrégateurs de scantrad, l'éditeur indique que « les deux sont dans la même illégalité ». Raphaël Pennes évoque aussi les solutions numériques légales qui pourraient être mises en place. Pour lui, il y a « deux marchés différents ». Celui de « l'accès immédiat » pour lequel on pourrait prévoir de « la prépublication, rendant accessible à un temps 'T' les titres gratuitement pour une durée limitée ». Le deuxième marché serait celui du « fond de catalogue ». Pour cela, Raphaël Pennes pencherait plutôt pour une offre payante au téléchargement. Pas de streaming : « Par exemple, un manga en streaming, je pense que s'il est vendu à 1,99 €, cela n'a aucun intérêt. En revanche, un téléchargement pour 2,99 €, c'est plus pertinent ». Il faut dire qu'au niveau du numérique cela serait bien plus intéressant qu'une grande partie de l'offre du secteur de l'édition de livres.
Enfin, le dernier point très important et plutôt surprenant est que Kazé ne serait pas contre l'idée de travailler avec des team de scantrad à certaines conditions. Il a expliqué : « Elles [les team de scantrad] sont nombreuses, réactives et pleines de volonté. Et c'est connu, les meilleurs hackers, si l'on parvient à les convaincre, deviennent souvent des chefs de la sécurité informatique au sein de certaines sociétés. Simplement, je vous signale deux choses : d'abord, il faut les identifier, ces équipes, mais dans ce cas, je ne suis pas contre faire affaire avec elles et tenter de contractualiser. Mais il faut ensuite les convaincre de travailler dans ce cadre-là. Et surtout, bien leur faire comprendre que l'on n'est absolument pas là pour légaliser les sites de piratage ».
Cela dit, il a aussi indiqué que si la pédagogie ne permet pas de trouver des solutions et si ses maisons mères (Shueisha et Shogakukan) le décident, Kazé devra se résigner à agir de manière plus vigoureuse.
Par Mariog