Critique : Thor - Love & Thunder (2022)

 

Aventures/fantastique/comédie/romance/tribute to Guns N’Roses
Long métrage américain
Réalisé par Taika Waititi
Scénarisé par Taika Waititi et Jennifer Kaytin Robinson
Avec Chris Hemsworth, Natalie Portman, Tessa Thompson, Christian Bale, Taika Waititi, Russell Crowe…
Année de production : 2022

Je vais vous raconter l’histoire du viking de l’espace…

Chris Hemsworth a souvent répété en interview qu’il ne savait plus trop quoi faire avec le personnage de Thor après l’expérience assez décevante de Thor : Le Monde des Ténèbres et dans une moindre mesure celle de Avengers : L’Ere d’Ultron (une bonne partie des scènes de la quête du Fils d’Odin a été coupée au montage). Bref, Thor avait fini par « l’ennuyer ». Il fallait revitaliser tout ça et la bonne idée fut alors d’engager le néo-zélandais Taika Waititi pour le troisième long métrage, Thor : Ragnarok. Plus coloré, plus drôle, plus imaginatif que les deux précédents épisodes, Ragnarok a divisé les spectateurs, mais pour ma part cette aventure reste le meilleur film Thor et l’une des meilleures entrées du Marvel Cinematic Universe.

 

 

Suite au succès de Thor : Ragnarok, Taika Waititi a été confirmé pour la suite, Thor devenant le premier héros du MCU à hériter de son quatrième film solo…enfin, « solo », pas vraiment car Thor est toujours bien entouré…ce qui ne l’empêche pas de se sentir seul, complètement déphasé au début de Love & Thunder. La plupart des projets de la Phase IV tournent autour des thèmes de la reconstruction après Endgame, de la « culpabilité du survivant », de ce qui arrive quand vous perdez ce qui était le plus important pour vous. La famille est quelque chose qui revient également souvent, de différentes façons au fil des longs métrages et des séries.

La dynamique familiale, ce besoin profond de chercher et de trouver sa place, c’est l’un des marqueurs réguliers de la filmographie de Taika Waititi (son À la poursuite de Ricky Baker fait partie de mes films préférés de ces dernières années). Thor pensait en avoir trouvé une nouvelle avec les Gardiens de la Galaxie mais on voit bien que le coeur n’y est pas. Il se cache derrière ses fanfaronnades, ce qui est l’occasion d’une réjouissante séquence menée avec entrain sur un premier tube de Guns N’Roses. Taika Waititi en rajoute encore plus dans le côté décalé, notamment avec l’arrivée des deux chèvres dont le cri si particulier sera un savoureux running-gag pendant tout le métrage.

 

 

Love & Thunder intègre à sa narration les principaux éléments de la prestation de Jason Aaron, à savoir le destin de Jane Foster et Gorr le boucher des dieux (deux protagonistes très bien servis par les prestations de Natalie Portman et Christian Bale), tout cela sans perdre une certaine légèreté. Une tonalité qui a, pour beaucoup, affaibli les enjeux mais je ne suis pas de cet avis. L’assurance prise par Jane sous l’effet de Mjolnir n’atténue pas l’aspect tragique de ce qui lui arrive, ce qui se traduit notamment par la scène aussi simple que significative du lavabo et sa discussion avec Thor avant le deuxième affrontement contre Gorr.

Même le Zeus arrogant campé par Russell Crowe avoue que sa posture n’est que de la bravade et qu’il a peur de Gorr. Les actes de ce dernier sont suggérés (à part la vision d’un dieu assassiné et quelques messages venus de la galaxie)…après tout, cela reste un divertissement tous publics…et tout passe alors par la convaincante interprétation de Christian Bale pour faire passer la menace. Le prisme de l’humour aide nos héros à accepter certaines vérités (voir la relation entre les Thor et leurs marteaux représentée comme un pastiche de comédie romantique) avant que les choses deviennent plus tendues dans le dernier acte.

 

 

Thor : Love & Thunder est un film qui ne perd pas de temps pour dérouler son intrigue, avec une belle énergie qui se dégage du jeu des acteurs, du rythme, de la musique bien employée et en faire un récit raconté sous la forme d’un conte qui se transmet au coin du feu ajoute à son charme. Il y a des idées qui m’ont beaucoup plu (la mercantilisation de New Asgard, Omnipotent City…)…mais aussi une poignée de scènes plus faiblardes comme le combat dans la ville en pleine nuit qui se révèle complètement illisible (parmi les quelques plans qui piquent un peu les yeux).

Mais malgré cela, je n’ai pas boudé mon plaisir. Si je place toujours Ragnarok en tête des films consacrés au fils d’Odin, ce Love & Thunder n’est pas loin derrière. Le final mêle efficacement action, délire et émotion…et le titre prend pleinement sa signification dans les dernières minutes, avec un Thor qui semble enfin avoir trouvé sa place dans ce monde post-Endgame…et une nouvelle famille…

She’s got a smile it seems to me
Reminds me of childhood memories
Where everything
Was as fresh as the bright blue sky

Le Doc

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