Retour vers le passé : Elle s'appelait Scorpion (1972)

 

REALISATEUR

Shun’ya Itô

SCENARISTES

Shun’ya Itô, Fumio Kônami et Hiro Matsuda, d’après le manga de Tōru Shinohara

DISTRIBUTION

Meiko Kaji, Fumio Watanabe, Kayoko Shiraishi…

INFOS

Long métrage japonais
Genre : drame/thriller
Titre original : Joshû sasori: Dai-41 zakkyo-bô
Année de production : 1972

Elle s’appelait Scorpion est le deuxième volet d’une série de longs métrages inspirés par un manga de Tōru Shinohara, Sasori (littéralement Scorpion). La publication de la bande dessinée a débuté en 1970 et a vite intéressé le cinéma. L’adaptation a été confiée à Shun’ya Itô, ancien assistant pour la Toei qui a fait ses débuts derrière la caméra en 1972 avec La Femme Scorpion. Suite au au succès de ce premier film, Itô a mis en scène les deux suivants, Elle s’appelait Scorpion (1972) et La Tanière de la Bête (1973) avant de laisser sa place pour Mélodie de la Rancune (1973), qui marquait la fin de cette “série dans la série” initiale interprétée par la magnifique et troublante Meiko Kaji . Il y a eu six autres Sasori/Scorpion entre 1976 et 1998, avec d’autres actrices dans le rôle principal.

D’après les spécialistes du genre, les meilleurs opus de cette version cinématographique de Sasorisont justement les trois de Shun’ya Itô, avec pour beaucoup une préférence pour le second, Elle s’appelait Scorpion, qui est le seul que j’ai vu pour le moment. S’il fait partie d’une “trilogie”, le film reste facile d’accès pour ceux qui n’ont pas vu La Femme Scorpion et il tient haut la main sa place en tant qu’oeuvre à part entière, histoire de vengeance ultra-violente et surréaliste, belle et sordide à la fois.

 

 

Le premier acte de Elle s’appelait Scorpion s’inscrit dans un sous-genre précis du cinéma d’exploitation, le film de “femmes en prison”. Tout y passe (à part la scène de douches propice aux ébats saphiques…il y a bien un passage où deux des évadées font l’amour plus tard dans le métrage mais il n’est pas montré dans le but de titiller le spectateur) : mauvais traitements, directeur de prison sadique, humiliation, viol…avant de partir dans une autre direction, l’histoire s’éloignant des murs du pénitencier pour se transformer en odyssée vengeresse.

Passer un an dans un trou infect n’a pas brisé la volonté de Scorpion, devenue une légende parmi les autres détenues. Le directeur Goda, qui a eu l’oeil crevé par le jeune femme, veut la briser par tous les moyens et va jusqu’à l’humilier en organisant un viol en groupe devant les autres prisonnières. Dans le convoi qui les ramène en prison, Scorpion et six détenues parviennent à s’évader. La chasse commence…et le danger est partout, même au sein du petit groupe…

Meiko Kaji (actrice expérimentée qui enchaînait les rôles de délinquantes dans des populaires séries de films de “gangs de filles”) impose sa présence et son charisme dans un rôle pourtant minimaliste. Scorpion parle très peu (elle n’a en tout et pour tout que deux répliques), mais ses silences, son regard de feu, son langage corporel en disent long. Le réalisateur Shun’ya Ito a aussi recours à des astuces intéressantes pour nous plonger dans les pensées du personnage et découvrir la vision qu’elle a de ses compagnes de voyages forcées sous la forme d’une représentation théâtrale.

 

 

Ce n’est d’ailleurs pas le seul segment qui revient aux sources classiques du conte japonais. Les protagonistes sont plus tôt présentées de cette manière, sous forme de rêverie chantée qui énumère les circonstances qui les ont amenées en prison. Toutes, sauf Scorpion qui garde ainsi son mystère. Elle s’appelait Scorpion alterne cette course en avant dans un environnement presque post-apocalyptique (il y a même du western-spaghetti dans ces paysages désolés) avec des touches fantastiques dans des décors nettement plus factices.

Visuellement flamboyant (avec de très belles idées pour des plans marquants), terriblement symbolique (Scorpion prend littéralement une autre dimension dans la scène finale), nihiliste…Elle s’appelait Scorpion est aussi le portrait d’une femme insoumise dans un monde hypocrite, où la violence, la lâcheté sont partout. Âpre et envoûtant.

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par Le Doc

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4 commentaires

Avatar de vernes

C'est terrible les ravages des années x) . Vu celui-ci encore grâce à Mr Dionnet ♡ .

Avatar de Tori

Ah, c'est parce que j'avais lu celui du forum... Du coup, j'ai cru l'avoir lu sur le site !
J'ai du confondre avec ton article sur Le couvent de la bête sacrée...

Avatar de Le Doc

Heu...il n'y en a pas eu d'autres, j'ai posté cet article sur le site aujourd'hui (et sur le forum en début de semaine)...

Avatar de Tori

L'article d'origine a disparu ?
J'allais signalé que tu avais fait un doublon, mais je ne retrouve pas le précédent...