Retour vers le passé : Les Joyeux Pirates de l'Île au Trésor (1971)

 

REALISATEUR

Hiroshi Ikeda

SCENARISTES

Hiroshi Ikeda et Takeshi Iijima, d’après Robert Louis Stevenson

INFOS

Long métrage japonais
Genre : animation/aventures/comédie
Titre original : Dobutsu takarajima
Année de production : 1971

Le roman L’Île au Trésor de Robert Louis Stevenson a été transposé sur tous les supports, du cinéma à la télévision et au théâtre en passant par des feuilletons radiophoniques, des jeux vidéos ou encore des bandes dessinées. Rien que sur le petit et sur le grand écran, il y a eu plus de 50 adaptations des aventures du jeune Jim Hawkins et du pirate Long John Silver dans leur fameuse chasse au trésor. Les premières datent de l’époque du cinéma muet et l’une des plus célèbres est celle réalisée par Byron Haskin en 1950, le premier long métrage en couleurs et entièrement en prises de vues réelles des studios Disney.

Rien qu’en 1971, il y a eu deux versions ciné de L’Île au Trésor, une lituanienne et le film d’animation japonais dont il est question ici. Réalisé par Hiroshi Ikeda (Mini-Fée), Les Joyeux Pirates de l’Île au Trésor est l’une des dernières productions Toei où l’on retrouve le nom de Hayao Miyazaki au générique. Le futur co-fondateur du studio Ghibli a participé au développement de l’histoire, aux designs des personnages et à l’animation des moments-clés. Après Les Joyeux Pirates de l’Île au Trésor, Miyazaki a travaillé sur Ali Baba et les 40 Voleurs avant de quitter la Toei et de retrouver Isao Takahata sur la série animée Lupin III, connue chez nous sous le titre Edgar de la cambriole.

 

 

Comme son titre le laisse supposer, Les Joyeux Pirates de l’Île au Trésor propose une adaptation très libre de son modèle, en reprenant quelques grandes lignes pour mieux se concentrer sur un spectacle aussi enfantin qu’amusant, enjoué et léger même si Long John Silver, ici représenté sous la forme d’un cochon, passe son temps à vouloir tuer les deux gamins pour récupérer la carte de l’île au Trésor. Les jeunes héros, Jim Hawkins et la dur-à-cuire Kathy (la petite fille du pirate Flint, une héroïne intéressante, forte, indépendante…même si elle n’échappe quand même au syndrome de la demoiselle en détresse dans le dernier acte), sont les seuls humains dans un monde d’animaux anthropomorphiques.

Mené sur un rythme enlevé, Les Joyeux Pirates de l’Île au Trésor ne manque pas de gags et de scènes d’action joliment réalisées. L’humour est très slapstick dans la forme et cela fonctionne : la dynamique de l’équipage du bateau pirate est savoureuse, avec des idées très cartoony, et les nombreuses péripéties débordent d’énergie et d’inventivité (l’attaque en pleine mer, le final délirant sur la montagne…). C’est fluide du début à la fin et très divertissant (j’ai tout de même trouvé les quelques passages chantés superflus).

 

 

À l’époque, la Toei mettait pas mal de moyens dans ses productions animées et le résultat se voit à l’écran. Mais Les Joyeux Pirates de l’Île au Trésor a connu l’échec au box-office (il fut battu par un film du genre d’Ultraman) et le studio a alors revu ses ambitions à la baisse, ce qui s’est vérifié dès le film suivant, le nettement moins abouti Ali Baba et les 40 voleurs. C’est notamment ce qui a conduit Hayao Miyazaki à claquer la porte pour rejoindre Isao Takahata dans d’autres aventures, télévisuelles cette fois-ci…avant de réaliser son premier film pour le cinéma en 1979 avec Le Château de Cagliostro.

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par Le Doc

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