Manga Français & Interview de Caly et des éditions H2T

Le manga français, ou manfra, connait un essor certain depuis quelques années. La France étant le pays le plus consommateur de manga au monde après le Japon, il n'est pas étonnant de voir émmerger de nouveaux auteurs dans ce domaine bien spécifique. Mais alors quelles ambitions nourissent-ils...? Comment se démarquent-ils...? Qu'entreprennent les maisons d'éditions spécialisées pour les créateurs français...? Quelles sont les attentes du lectorat...? C'est à toutes ces questions que je vais tenter de répondre dans cette chronique !

 

Tout d'abord, qu'est-ce qu'un manga français ?

Le terme «manga», comme vous le savez très probablement, désigne  une bande dessinée japonaise. Ces oeuvres très codifiées se démarquant des BD occidentales ont vu leur popularité exploser dans les années 1980 au Japon, et 1990-2000 en France. C'est dans cette même période que de jeunes artistes français se sont lancés dans la création de mangas, s'inspirant de leurs homologues japonais. Aujourd'hui, de plus en plus d'auteurs choisissent le manga plutôt que la BD, suivant les traces de pionniers devenus de réelles célébrités comme Reno Lemaire avec «Dreamland», Tony Valente avec «Radiant», ou Guillaume Lapeyre et Rémi Guérin avec «City Hall», pour ne citer que les plus connus...

Une partie de la communauté est cependant en désaccord avec, l'appellation de «mangas» pour ces oeuvres d'origine française. Ces puristes, comme on pourrait les appeler de façon péjorative ou méliorative, pensent qu'un manga doit obligatoirement venir du pays du soleil levant. A l'inverse, beaucoup de lecteurs définissent le manga par ses codes scénaristiques et graphiques ou son format.
Etymologiquement, le mot «manga» est composé du caractère 漫 (man), pouvant se traduire par «sans but», «divertissant», «involontaire», ou «exagéré» ; ainsi que du caractère 画 (ga), représentant les arts graphiques, dessins, peintures, etc... 漫画 (manga) se traduit donc littéralement par «image dérisoire», «caricature»,  ou «dessin sans but».

Le manga, en plus d'être un réel phénomène de société, est aujourd'hui considéré comme un art à part entière, au Japon comme en France.

 

Les différentes méthodes de publication et d'édition...

Le moyen le plus simple et le plus accessible aux artistes pour publier leurs oeuvres reste internet. C'est souvent là que les auteurs commencent à se faire connaître et à être lus. Plusieurs plateformes indépendantes existent pour la publication de webcomics, offrant visibilité et parfois rémunération. On peut notamment citer Mangadraft, Mangakas, ou Medibang... Beaucoup d'auteurs choisissent cependant de créer leur propre blog, afin de gérer plus facilement leurs activitées et revenus, et afin de pouvoir se diversifier. Certains de ces auteurs parviennent ensuite à auto-éditer et faire imprimer leurs mangas. Ils décident alors souvent de réaliser des campagnes de financement participatif, par du crowdfounding avec des plateformes telles qu'Ulule ou KickStarter ; ou par des systèmes de précommandes...

Les maisons d'éditions spécialisées s'intéressent elles-mêmes de plus en plus au manga français. Ce marché grandissant ayant déjà fait ses preuves, il n'est pas étonnant de voir certains éditeurs créer des collections spécifiques, ou proposer de plus en plus d'oeuvres made in France dans leurs catalogues. Pour ne citer que les principales et quelques-unes de leurs oeuvres :

- Ankama Editions, filiale du groupe Ankama créée en 2006 [Elle a été l'un des précurseurs du manga français, avec notamment les liscences phares «Dofus» et «Wakfu», ou des titres bien connus comme «Radiant» et «City Hall».]

Pika, maison d'édition spécialisée créée en 2000 [Elle lance ses premières créations originales francophones avec «Dreamland» et «Dys». Après de longues années sans nouveautés manfra, l'éditeur commence à denouveau s'y intéresser et rachète les éditions H2T, spécialisées dans le manga de création.]

Glénat Manga [Une des premières maisons d'édition à publier du manga japonais, elle s'intéresse au manfra depuis quelques temps, mais donne un coup de boost à ses publications depuis le début de cette année. Pas moins de six nouvelles séries sont actuellement commencées ou prévues pour 2018, telles que «Tinta Run» de Christophe Cointault ; «Versus Fighting Story» d'Izu, Kalon et Madd ; «Horion» d'Aienkei et Enaibi ; ou encore «Mortician», nouveau manga de VanRah, autrice déjà connue pour deux séries également publiées chez Glénat.]

Ki-oon, maison d'édition indépendante spécialisée dans le manga fondée en 2003 [Plus de dix ans après ses débuts, elle lance sa collection Créations Originales et va chercher des auteurs aussi bien de l'autre côté du globe qu'ici même, en France. On peut notamment citer des oeuvres comme «Outlaw Players» de Shonen, ou «Green Mechanics» de Yami Shin.]

H2T [Les éditions de l'Hydre à Deux Têtes, fondées en 2016, se sont spécialisées dans la création originale de Mangas, BD, et Graphic Novels de tous horizons. Grâce à sa plateforme de prépublication et de publication en ligne WeeklyComics, H2T souhaite développer le marché du numérique et favoriser le suivi et la rémunération de ses auteurs, ainsi que le contact avec les lecteurs. De plus en plus d'oeuvres de leur catalogue se voient également éditées en tomes reliés, telles qu'«Hana no Breath» de Caly, «Deep Scar» de Rossella Sergi, «Space Duck RG» de Redjet, et bien d'autres encore... Souhaitant encore se développer pour ses auteurs et ses lecteurs, les éditions H2T signent cette année un partenariat avec les éditions Pika.]

 

Interview :

Chose promise, chose due, voici l'interview de Mahmoud Larguem, directeur éditorial des éditions H2T ; et de Caly, autrice d'«Hana no Breath» publiée sur WeeklyComics et chez H2T. Merci beaucoup à eux d'avoir accepté de répondre à mes questions.


 © 2018 CALY / EDITIONS H2T


MS. Bonjour Mahmoud Larguem, pouvez-vous nous présenter H2T et nous parler de votre rôle dans cette maison d'édition ?

H2T : Les Editions H2T sont une maison d’édition spécialisée dans la création originale de manga. Fondée en 2016 par Ludivine Gouhier (Directrice Artistique) et moi-même (Directeur Editorial), elle repose sur les deux piliers que sont la prépublication numérique et la publication papier. Notre cœur de métier est d’accompagner des auteurs talentueux capables de raconter des histoires qui leur ressemblent, qu’ils aient ou non de l’expérience dans l’édition.

MS. Bonjour Caly, pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre travail ?

Caly : Je m'appelle Caly, je suis artiste-auteure. J'ai commencé à écrire mon premier manga "MaHo-Megumi" il y a 10 ans quand j'étais encore au lycée. Maintenant, je continue cette série et je suis également auteur d'Hana no Breath, une romance en deux volumes, publiée aux Editions H2T.


MS. Est-ce plus difficile aujourd'hui d'éditer des mangas français plutôt que japonais ?

H2T : L’expression consacrée « manga Français » ma paraît un peu désuète dès lors que nos auteurs sont Français, italiens, Japonais ou Sud-Américains, même si leurs œuvres sont éditées en France par un éditeur Français. Toujours est-il que la publication du manga de création en France relève d’une approche bien différente de celle basée sur les licences Japonaises. Les deux marchés se ressemblent par l’apparence et le format de leur produit fini (manga relié) mais diffèrent par le processus éditorial. Il y a des contraintes et des avantages des deux côtés, bien qu’à mon sens il y a bien plus d’avantages et de plaisir à éditer des mangas de création. Certes c’est un chemin parfois long et difficile mais l’objectif final ainsi que les attentes des lecteurs sont une incroyable source d’énergie et de motivation pour les mangakas avec lesquels nous travaillons.

MS. Est-il plus difficile de vivre du manga plutôt que de la bande dessinée en France ?

Caly : Je pense que les difficultés sont différentes mais qu'elles se valent.


MS. Que pensez-vous du débat sur la signification du terme "manga" ? Comment définiriez-vous ce terme ?

Caly : Pour moi, le manga est un ensemble de codes graphiques et narratifs, c'est une forme de bande-dessinée, comme le comics en est une autre. Le manga n'est donc pas forcément japonais...

H2T : Dans son sens premier, le manga (littéralement « image dérisoire ») est un procédé par lequel on peut raconter des histoires en simplifiant au maximum l’aspect graphique (la forme) qui gagne en efficacité au profit d’une narration (le fond) qui traite de sujet dans lesquels nous pouvons tous et toutes nous reconnaître. Au Japon le manga est une industrie lourde et dynamique avec des enjeux économiques colossaux. En partant de là, faire du manga requiert, en plus de comprendre et retranscrire intelligemment les codes clés du genre, un investissement et une abnégation particulière. Il y a quelque chose d’universel dans le manga, d’ailleurs le manga moderne s’inspire des codes occidentaux qui ont inspirés les plus grands maîtres du genre (Tezuka pour ne citer que lui). Cette dimension internationale est selon moi une force qui permet à la culture Japonaise de rayonner dans le monde entier, et au risque de déplaire aux puristes, il me paraît dommage voire réducteur de vouloir à tout prix limiter le manga aux frontières de l’archipel nippon.


MS. Vous proposez avec WeeklyComics.fr un service de prépublication, chose très rare en France. Cela a-t-il de la popularité auprès des lecteurs ?

H2T : Tout à fait, Weeklycomics.fr et Weeklycomics.it bénéficient d’une grande visibilité auprès des lecteurs de différents pays. L’intérêt pour les fans est d’une part de suivre l’avancée de leurs séries tout en encourageant l’auteur pendant la production. Ceci étant, avec les retours positifs que nous avons sur nos versions papiers, une grande partie des lecteurs qui découvrent nos œuvres sur nos plateformes préfèrent attendre la sortie physique de leurs séries. Ce que nous comprenons et apprécions tout autant!


MS.
Pour vous, quels sont les avantages et inconvenients de la prépublication ? Apportez-vous des modifications à vos ouvrages entre la prépublication et la sortie papier ?

Caly : La prépublication m'aide à tenir un rythme régulier, avoir un contact avec les lecteurs et communiquer régulièrement sur mon oeuvre. Il m'arrive d'apporter des modifications pour la version papier, souvent c'est plus des petites corrections de trames, c'est très rare que je refasse une page ou même une case en entier.


MS. Recevez-vous beaucoup de retours des lecteurs ? Cela infuence-t-il votre travail ?

Caly : J'en reçois souvent, surtout en convention pendant les dédicaces. C'est très motivant de voir les réactions positives des lecteurs !

H2T : La prépublicaion a cette capacité à faire remonter des commentaires et des avis. Sur Weeklycomics, les lecteurs peuvent contacter l’auteur après avoir acheté et lu un chapitre pour donner leur feedback. Libre à l’auteur, en concertation avec l’éditeur, d’adapter, corriger ou maintenir les éléments qui ont été relevés par les lecteurs. Dans tous les cas, nous apprécions fort particulièrement ces retours des lecteurs.


MS. Quelles ont été vos inspirations pour créer Hana no Breath ?

Caly : Je n'ai pas d'inspiration particulière pour créer Hana et en même temps tout peut m'inspirer : mes lectures du moment, que ce soit des mangas ou des romans, les séries ou les films que je vois, des discussions que j'ai eu avec mes amis (qui sont aussi parfois des lecteurs d'Hana no Breath)...


 © 2018 CALY / EDITIONS H2T


MS.  Allez-vous participez à des conventions ou meet-up's dans les mois qui viennent ?

Caly : Oui, je me déplace régulièrement en conventions un peu partout en France, les prochaines dates sont du 5 au 8 Juillet à Japan Expo, pour la sortie en avant-première du deuxième tome d'Hana no Breath.

H2T : Nous tentons d’être présents à tous les événements majeurs du secteur. Japan expo, Paris Manga, Japan Touch, Angoulême sont des rendez-vous auxquels nous souhaitons vivement participer, pas seulement en tant qu’exposant mais aussi en tant qu’acteur sur le plan culturel, notamment à travers des tables rondes ou des conférences autour du manga en France.


MS. Quelles sont vos ambitions pour le futur ?

H2T : « Ambitions » est un grand mot, mais nous nourrissons l’espoir constant de dénicher de nouveaux talents en leur donnant toute la visibilité que leurs oeuvres méritent. Nous avons évidemment des plans d’évolution à moyen terme et ne manquerons pas de communiquer à ce sujet le moment venu.


MS. Une fois votre série Hana no Breath terminée, pensez-vous commencer un autre projet ou allez-vous vous concentrer sur votre autre histoire MaHo-Megumi ?

Caly : Les deux en même temps ! Je vais me concentrer sur le sixième tome de Maho-Megumi et également travailler à mon prochain projet pour qu'il soit prêt à être présenter à mon éditeur juste après le prochain tome de MaHo-Megumi.


MS. Nous avons récemment appris qu'H2T rejoignait les éditions Pika. Qu'est-ce que cela va apporter à l'Hydre à Deux Têtes et au manga français ?

H2T : Nous avons effectivement eu le grand plaisir de rejoindre Pika Edition il y a quelques semaines. A travers cette intégration les éditions H2T peuvent profiter de l’expertise d’un éditeur historique du manga en France. Cela profitera en priorité aux auteurs qui, comme évoqué précédemment, bénéficieront d’une visibilité et d’un formidable canal de distribution. C’est un sacré changement pour les petits éditeurs que nous sommes et c’est pour nous une étape importante qui nous permettra davantage de contribuer à l’essor du manga Français.


MS. Avez-vous des conseils à donner à ceux qui voudraient créer un manga ?

Caly : Lancez-vous ! Même si vous avez l'impression de ne pas encore avoir le niveau, c'est en faisant des pages et en avançant dans votre histoire que vous allez progresser !


MS. Quelle est la procédure pour être édité chez les éditions H2T ? Recherchez-vous des auteurs ?

H2T : H2T est en constante recherche d’auteurs. Nous travaillons en étroite collaboration avec nos auteurs en nous impliquant tant sur le scénario que sur le découpage. A la manière des éditeurs Japonais qui sont très présents pendant la production de leurs œuvres. C’est une vision très propre à H2T qui souhaite étendre son catalogue en appliquant ce savoir aux auteurs de tous horizons.


MS. Un dernier mot pour les lecteurs ?

Caly : Merci de lire Hana, j'espère vous retrouver sur mes autres séries (actuelles et futures)  !

H2T : « Le gras c’est la vie ! ». Blague à part, c’est toujours un honneur et une joie immense de vous faire découvrir tous ces univers et toutes les histoires que les talents d’aujourd’hui et de demain écrivent pour vous. De leur part et de celle des Editions H2T, je vous remercie de votre soutien.

 


 © 2018 CALY / EDITIONS H2T


MS. Merci beaucoup ! Vous pouvez retrouver les éditions H2T ainsi que leurs oeuvres sur editions-h2t.fr et weeklycomics.fr ; et bien sûr, retrouvez le manga «Hana no Breath» dans toutes le bonnes librairies, ou en prépublication numérique sur WeeklyComics !

 

Le marché du manga français continue de se développer ; alors que pouvons-nous attendre pour le futur ? Plus de possibilités pour les auteurs de se faire connaître ? Un plus grand intérêt des maison d'éditions traditionnelles envers les oeuvres au drapeau tricolore ? Des séries qui parviendraient à sortir de nos frontières pour aller trouver d'autres publics, et peut être même un lectorat japonais, comme ce fut le cas avec «Radiant» de Tony Valent, qui va même avoir droit à son adaptation animé par le studio NHK, du jamais vu jusqu'alors...? Je vous laisse y répondre et réagir dans les commentaires et sur les forums de Manga Sanctuary... En attendant, je vous remercie d'avoir lu cette chronique, j'espère qu'elle vous aura intéressée. Quoi qu'il en soit... Vive le manga !

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par P'tit Citron

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11 commentaires

Avatar de KssioP

@Tori: Ah zut ! Bon pour ma défense je retiens les titres mais rarement le nom des auteurs.. Oui d'accord honte à moi pour ça :)

Avatar de Tori

@KassioP : pour Pink Diary, je cite Jenny dans mon deuxième message… Honte à moi d'avoir oublié Save me Pythie, en revanche !

Avatar de KssioP

Hum, oui avant même d'avoir lu les comm's j'avais aussi tiqué sur la définition de "manga" faite au début de cette interview et à mon sens mal interprétée aussi par l'éditeur H2T et l'autrice Caly.
Ne peux être désigné de "manga" qu'un titre publié au japon. Que son auteur soit japonais, coréen, chinois ou français. Tori l'a bien expliqué, on a des livres artistiquement semblables et qui répondent aux mêmes codes en dehors du japon, chine et corée principalement et les termes sont différents ( Manhua et Manhwa).
Alors on aurait tort de notre côté de qualifier un titre publié en France de "Manga" tout court.
"Global Manga" est en effet de plus en plus repris et c'est très bien, on sait ainsi d'avance qu'on a affaire à un titre publié en France et je dis bien publié. Car encore une fois si son auteur est japonais (je pense à Ki-oon qui bosse beaucoup avec eux pour leur créations 100% françaises -_-), italien, espagnol, allemand, américain et j'en passe, cela ne change rien.
On doit donc s'accorder et cela serait bien que tous les éditeurs tombent d'accord à terme pour qu'il n'y ait plus d'erreurs, sur une dénomination "française" quand c'est publié en France. Global manga ou autre mais pitié PAS "Manga" tout court.
C'est déjà assez agaçant de lire que les gens mélangent mangas et animes la plupart du temps alors il serait bien qu'au moins les professionnels montrent l'exemple et éduquent leurs fans par la même occasion. Sans les induire en erreur évidemment.

Sinon de mon côté, j'ai été étonnée de ne pas voir citer Kana qui a publié Save Me Pythie et dont les retours ont été plutôt bons ces dernières années.
Après je me souviens aussi mais comme c'est loin je suis beaucoup moins sûre de publication chez Delcourt Manga, je pense à Pink Diary que j'avais lu en bibliothèque.

Sinon je dois avouer que je préfère largement la volonté de H2T de publier en majorité des auteurs occidentaux et donc de mettre en avant nos talents contrairement à Ki-oon qui ne cesse d'affirmer du 100% français alors que les auteurs avec lesquels ils bossent sont majoritairement japonnais. Ils restent dans les clous sans trop se mouiller et c'est d'ailleurs beaucoup à cause d'eux si la dénomination "manga" et "global manga" n'est pas plus définie.


C'est une très bonne nouvelle que Pika s'associe, cela va en effet leur donner une nouvelle visibilité qui est méritée. Car en effet actuellement c'est difficile même sur le net de trouver certains de leurs titres.
De mon côté je dois reconnaître qu'avant la publication physique de certains de leurs titres je ne les connaissais pas du tout, n'ayant hélas pas le temps, ni l'envie de fouiller toutes les créations du net. Je reste une cliente du format "livre".

Merci pour l'interview:)

Avatar de P'tit Citron

Merci @snoopy pour ton commentaire ! :)

La diversité dans le marché est effectivement une chose à encourager, notamment via la publication d'auteurs occidentaux ! Et comme tu le dis, l'association de H2T et Pika devrait profiter à cela. :D

Avatar de snoopy

Merci P'tit Citron pour cette interview très intéressante. Je fais partie de ceux qui apprécient fortement le global manga qui amène un peu de fraîcheur comme le dit si bien funnyspirit. Je pense que la fusion entre les éditions H2T et Pika est vraiment une très bonne chose, c'est une maison d'édition avec une solide expérience et qui était un peu à la traîne question global manga par rapport aux autres. H2T devrait pouvoir trouver largement son compte, leurs titres bénéficieront d'une meilleure visibilité et d'un meilleur réseau de distribution. Merci à Tori pour les compléments d'informations, ce que tu as cité ne me dis rien. Je vais donc aller me renseigner ^^

Avatar de P'tit Citron

Je vois, merci pour ces précisions.

Pour Amilova, pareil ; le nom ne m'est jamais parvenu. :x

Avatar de Tori

Le format des BD d'Aurore est effectivement en grands albums cartonnés (et c'est en couleurs), c'était un choix de l'éditeur, je pense.
Mais elle a commencé dans le fanzinat, et elles fait vraiment partie des pionniers du "manga à la française" (je me demande si elle n'est pas dans un des deux recueils de Tonkam).
Ensuite, il y a eu une autre vague, avec Reno, Jenny, Moonkey et d'autres qui ne sont pas forcément restés dans les mémoires… En fait, depuis les débuts de la vague du manga en France, il y a eu des tentatives de création française (j'aurais pu citer également les magazines OKAZ et YOKO). Avec le temps, leur qualité s'est améliorée, surtout.
Au passage, je suis surpris que tu ne cites pas également Amilova.

Avatar de P'tit Citron

Merci @Tori pour ton commentaire et tes précisions.

En abordant l'étymologie puis l'utilisation actuelle du terme «manga», je voulais dire que ce terme fait plus référence à un genre et des codes, qu'aux bandes dessinées au Japon. Du moins, dans notre utilisation occidentale. C'est cependant tout à fait juste d'utiliser «global manga» ou même «manfra» pour des œuvres non-japonaises et françaises utilisant les codes du manga.

Je n'ai pas lu les œuvres d'Aurore, et je n'ai que très peu entendu parler d'elle. C'est pour cette raison que je ne l'ai pas citée. Je peux donc me tromper, mais ses livres ne se rapprocheraient-ils pas plus de la BD que du manga ?

Pour les magazines de Tonkam et Glénat, je n'en connaissais pas l'existence. Désolé de mon manque de recherche là-dessus, et merci d'en parler. ^^'

Avatar de Tori

@Funnyspirit : au début, effectivement, c'était un peu compliqué pour se procurer leurs titres (en général, c'est H2T qui démarchait les libraires...), mais maintenant qu'ils ont rejoint Pika, ils sont distribués par Hachette, et les prochains titres seront travaillés avec le même représentant que Pika. Pour les titres précédent, ils sont commandables chez Hachette. Il suffit d'en faire la demande à ton libraire.

Concernant l'article, il y a quelques erreurs et oublis.
Si, étymologiquement, "manga" veut bien dire quelque chose de proche de "caricature" ou "dessin léger" et que c'est le sens que Hokusai lui donnait, le sens moderne est "bande dessinée", au même titre que "comics" désigne la BD aux États-Unis, même si elle n'est pas drôle, qu'en Italie, on utilise "fumetti", même s'il n'y a pas de bulles (bon, il n'y a pas beaucoup de BD sans bulles...), que les espagnols utilisent "tebeo" (même si ce n'est pas TBO) ou "historieta", même si ça ne raconte pas d'histoire, etc.
Même en france, on utilise "bande dessinée", alors qu'il n'y a pas toujours de bande (et rarement une seule)...
Bref, manga, c'est le mot pour désigner la BD au Japon (on a aussi Manhua et Manhwa en Chine et Corée respectivement). C'est donc ridicule et erroné d'utiliser le terme pour de la BD non japonaise.
Pour désigner de la BD en format poche, avec pagination importante et selon les codes du manga, le terme "global manga" a été inventé. Ce n'est pas très beau, mais on sait précisément de quoi on parle : d'une BD faite par des personnes inspirées des mangas et qui essaient de faire un produit s'en approchant.
Parmi les pionniers cités, je suis surpris de na pas voir Aurore, qui a précédé de loin tous ceux cités... Ni même Tonkam avec ses anthologies Tsuki sélection (sur les anges et sur les dragons) et les publications de Glénat dans son magazine Kaméha dans les années 90...
Bref, il y aurait beaucoup à dire...

Sinon, l'interview est intéressante, et je suis content pour H2T qu'ils aient rejoint Pika qui leur donne une plus grande visibilité (ne serait-ce que dans le deuxième numéro du Shôjo mag).

Tori.

Avatar de P'tit Citron

Hello @Funnyspirit ! Merci pour ton commentaire :)

Effectivement, toutes les librairies n'ont pas les mangas des Editions H2T. En cause : le manque de communication et de distribution. Tu peux cependant le commander sans problème auprès de ton libraire, ou directement sur les sites Amazon ou Fnac.
Je pense que l'association de l'Hydre à Deux Têtes et de Pika va faciliter la distribution à grande échelle, oui. Tu pourras d'ailleurs remarquer sur les tomes de Hana no Breath ou des autres shoujos de l'éditeur le sticker "Shôjo Addict" de Pika. ;)

Avatar de Funnyspirit

Perso j'ai aucun a priori sur les mangas : qu'ils soient français, coréen, japonais,... cela n'a aucune importance à mes yeux.
Du moment que les histoires racontées, que le dessin et le découpage me plaît : je fonce sans hésiter (^^)
Je possède de nombreux mangas "hors japon" et je trouve cela d'autant plus rafraichissant à lire !

J'ai juste une question : dans ma librairie habituelle je n'ai pas trouvé Hana no breath, car ç'est une collection un peu plus confidentielle (je n'ai pas regardé, mais je suppose que l'on doit commander sur un site ?).
Est-ce que le fait qu'ils soient repris par les éditions Pika va faire en sorte que mon libraire aura d'autant plus de facilité pour retrouver les mangas de H2T dans le circuit "classique" de l'éditeur du coup ? Cela va faciliter leur moyen de diffusion du manga à terme?

Bonne continuation aux éditeurs, qu'ils continuent à nous proposer des mangas de qualité et merci pour le sujet P'tit Citron :)