Critique Chateau Narumi 2

Critique de la Série (en 2 tomes)

Komikku résumait Château Narumi comme un voyage au milieu des vignes avec pour guide une héroïne passionnée et pleine d’entrain. Un défi à relever et des frissons pour nous. J’étais fort emballée. Après lecture, je suis plus mesurée et si j’ai des frissons c’est simplement parce que j’ai froid.

Mako, jeune femme proche d’aller étudier en France fête le 25ème anniversaire de ses parents. Restaurant gastronomique, du vin sélectionné par son papa dont le métier est justement la sélection des meilleurs vins, une discussion embarrassée avec sa maman qui l’interroge sur le possible homme de sa vie, tout va bien, tout est gai, tout est par-fait… quand deux pages plus loin surgit le drame. Mako rentrée au Japon apprend à peine sortie de l’avion que celui menant ses parents vers Italie s’est écrasé. Aucun survivant. Ce contraste du tout rose remplacé par du tout noir m’a légèrement séché mais pas autant que la naïveté incroyable de Mako au chapitre suivant.

En effet, son papa détenait la moitié d’une très grande entreprise à part égale avec un autre homme qui a un fils nommé Naoki. Or, avant même que Mako n’ait pu digérer son nouveau statut d’orpheline l’associé l’invite en tête à tête pour signer un papier concernant l’héritage. Mako, sans rien lire, signe la bouche en cœur. A cet instant, j’ai lorgné bizarrement ma bulle, sceptique qu’une jeune femme qui a longtemps voyagé avec ses parents partout dans le monde, côtoyant toutes sortes d’individus depuis son plus jeune âge, unique héritière de l’empire de son père, puisse avoir la naïveté même dans le chagrin d’apposer son nom sur un papier sans se poser de questions. Pire ! j’ai trouvé cela dingue que son père, un homme si important que toute la presse en parle, n’ait pas d’office chargé un avocat de contacter et conseiller sa fille au cas où il lui arriverait quelque chose. Mako est toute seule et on a l’impression qu’elle vient tout juste de venir au monde. Elle découvre les choses, même les garçons.

Mais, passons, c’est peut-être moi qui suis trop tatillon.

Mako part visiter la vigne que son père a plantée le jour de sa naissance mais la malheureuse est agressée par un sauvage qui hurle plus fort qu’une meute de loups. Ici, vraiment l’histoire commence. Tout s’enchaîne et le ciel se teinte de gris. Mako fait la connaissance des vignerons du Château Narumi, domaine viticole très cher à son papa et apprend dans la foulée que celui-ci est sur le point d’être vendu par le nouveau directeur de l’entreprise. Mako tombe des nues en apprenant la nouvelle (ah bon ? elle est bien la seule), elle est déshéritée ou presque. Elle s’oppose à l’associé de son père mais celui-ci n’a que faire de ses souvenirs et de son nom. Heureusement, Mako se rappelle qu’elle a du tempérament et obtient (pour le bien fondé de l’histoire évidemment) un sursis pour le Château Narumi qu’elle a désormais à cœur de sauver.

Tomomi SATO nous entraine alors dans les vignes et nous dessine les étapes qui mènent à l’élaboration d’un vin. Mako bute plusieurs fois dans des obstacles indésirables, et elle n’est pas aidée par le « sauvage » œnologue Kengo Midorikaiwa qui la considère comme une princesse écervelée incapable de présider quoi que ce soit, surtout pas un vignoble. Que nenni. Mako a pour elle un talent particulier, un palais raffiné et aiguisé qui sait reconnaître les vins, les analyser, les améliorer, une petite perle rare qu’il faut juste former. Elle apprend vite, elle avance, elle tombe, se relève, persiste, supporte son professeur ronchon, travaille dur, ne rechigne pas à la besogne. Elle sue et évolue avec le sourire. L’histoire tient la route et le final se dévoile sans trop de surprises, pourtant… il y a comme un arrière-goût de manque de quelque chose.

Fermé le tome 2, je ne suis pas satisfaite. Tout va trop vite, tout s’arrange pour le mieux, les pages sont redevenues toutes roses, je préférais le gris car je n’y crois pas. Sans oublier les questions laissées sans réponse : Pourquoi l’associé de son père haïssait-il tellement Mako et sa famille ? pourquoi voulait-il tant la mettre plus bas que terre quand à la dernière seconde, il change d’avis ? Et pourquoi ces sous-entendus de triangle amoureux quand finalement y’a rien du tout, même pas un début de quelque chose ?

Honnêtement, j’ai du mal à apprécier un titre quand je n’ai pas d’empathie pour les personnages. Or, Mako a beau -en toute objectivité- être chaleureuse, gentille, mignonne, tenace, elle ne m’inspire aucune réaction. Je reste indifférente de sa situation, tout comme je suis indifférente des personnes qui l’entourent. J’ignore si c’est le style graphique qui me laisse de marbre ou le faux-rythme de l’histoire mais je ne ressens rien. Oui, c’est pas mauvais, oui je reconnais que ça se lit facilement, que c’est original, que ceux qui n’ont jamais touché une vigne de près y trouveront de l’intérêt, apprendront… mais… c’est tout. Il m’a manqué cette petite étincelle pour marquer ma mémoire du mot « inoubliable ». Ce titre ne m’était probablement pas destiné. J’espérais plus de matière, de profondeur. Le côté psychologique est passé à la trappe, dommage ! c’est toujours ce qui retient mon attention. mais je vous invite à vous faire votre opinion, il n'y a que deux tomes après-tout.

7
Voilà un titre qui plaira aux lecteurs habitués des histoires courtes. Pour ma part ce fut trop court, jamais mon esprit ne s’est entiché des personnages. Mako est pleine de bonnes intentions et faire du vin en sa compagnie n’est pas désagréable. Voir le raisin dessiné par des japonais est agréable et j’ai souri lors des vendanges sous la pluie. Pour autant, pas de « wouaah ». La fin n’offre qu’une moitié de respiration. Je reste en apnée, je souffle pour expirer mais mon visage est dépité. J’espérais autre chose.

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par KssioP

Continuellement l'esprit ouvert, je n'exclue aucun genre si ce n'est peut-être le genre guimauve ou Arlequin. J'aime cependant ce qui est différent, ce qui surprend. Rêveuse dans l'âme et aventurière chevronnée avec une manette en main, ma table de chevet se couvre de mangas, de romans, de cd's et d'une feuille de papier. Et bien souvent aussi d'un biscuit accompagné d'un thé car lire c'est certes bien mais avec confort et gourmandise c'est juste parfait.

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