Critique L'étranger du Zephyr 1

A la fin de l’excellent L’Étranger de la Plage et faisant suite à des nouvelles alarmantes au sujet du père de Shun, ce dernier et Mio embarquaient ensemble dans la direction d’Hokkaido pour aller rejoindre la famille de l’écrivain. Et compte tenu des bribes d’informations que nous avions eues précedemment, nous étions en droit de craindre le pire pour ces retrouvailles !

La rencontre fatidique se fera toutefois attendre, Kii Kanna employant les premiers chapitres pour revenir sur un aspect déjà couvert par L’étranger de la Plage : l’opinion qu’a pu avoir Shun de lui-même. A plusieurs reprises, en flashbacks, nous revenons sur cette notion de « normalité » sous laquelle croule le jeune homme. Depuis l’enfance, le garçon assimile son homosexualité à une tare qui le différencie des autres. Une tare qui l’empêche de vivre une amitié « normale » avec un autre garçon. Une tare qui l’empêche de s’épanouir. On ressent beaucoup de peine pour ce Shun qui s’est retrouvé piégé dans une logique nocive puis amené à s’exiler sur l’île où nous l’avons rencontré.

Certes sa sexualité est différente de la majorité mais elle n’en n’est pas moins normale et l’on espère que Shun arrivera pleinement à se défaire de son passé. Pour cela et son épanouissement, sa relation avec Mio se révèle vraiment bénéfique et cela se ressent au travers chacune de leurs interactions. Leur relation déjà fusionnelle envoie un message fort et touchant, notamment lorsqu’il s’agit d’être présent pour l’autre.

Vient ensuite le moment du retour au bercail où d’autres surprises nous attendent. Plutôt que de nous introduire par un procédé convenu à la famille Hashimoto, l’auteure œuvre de manière subtile pour intégrer Mio dans la dynamique familiale de manière organique, incorporant incrédulité, gêne et quiproquo dans le mix.
KK s’écarte encore un peu des clichés faciles en choisissant de peindre cette famille sous une lumière plus nuancée, très éloignée de la catastrophe nucléaire anticipée. Certes, nous avons presque de manière obligatoire un père à l’esprit fermé comme une huitre et qui, à lui seul, concentre toutes les tensions de la famille mais la maman est juste adorable ! Bien qu’un peu maladroite…

« On dirait pas comme ça ». Ouai. C’est dingue, on ne dirait pas.

Et puis on a le petit frère. On l’attendait pas celui-là. Shun non plus. Et par son intermédiaire, c’est une réintroduction en douceur à laquelle nous avons le droit. Un ton qui correspond à merveille à la personnalité des personnages et qui évite d’ajouter du drame superflu.
Irritant mais réaliste, le papa joue bien évidemment le rabat-joie de service mais seulement ponctuellement n’entachant pas les efforts du reste de la famille. Et d’ailleurs, en parlant du paternel, comme ce dernier n’a pas renvoyé son fils à son retour, je pense que l'on est en droit d'espérer un dénouement heureux et un aveu de bêtise de sa part pour la suite !

Enfin, graphiquement, que dire sans répéter ce que j’avais déjà pu écrire pour l’Étranger de la Plage ? Le dessin de KK est toujours superbe. C’est beau, détaillé, expressif, dépaysant et, je réitère, digne d’un film d’animation. Sérieusement, à quand l’adaptation ?!

9
Il m'est souvent compliqué de me lancer dans la lecture d’une suite par peur que l'excitation des débuts retombe comme un soufflé. Surtout quand il s’agit de la continuation d’une œuvre que j'ai adoré de bout en bout. Mais à l’arrivée, Kii Kanna donne l’impression de le faire sans effort. Shun et Mio forment un couple tout ce qu’il y a de plus attachant. Avec des doutes, le passé compliqué de chacun mais surtout des instants de bonheur partagés. On veut la suite et vite !!

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par Charlie One

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