Chronique : Le Requiem du Roi des Roses T.4

Que vaut ce 4ème tome ? Snoopy vous donne son ressenti

On refermait le tome précédent sur une note de suspense insoutenable et terriblement frustrante puisque la fin laissait sous-entendre la mort d’un des personnages les plus emblématiques de la série. C’est donc avec beaucoup d’impatience et quelques craintes que j’entame la lecture de ce quatrième opus.

Jusqu’ici, Richard ne s’était jamais senti concerné par les intrigues de la cour mais si ses deux frères venaient à mourir, il pourrait légitimement devenir roi. Des idées étranges commencent donc à germer dans son esprit mais il est subitement interrompu par un garde qui lui annonce la capture du Roi Henri. Richard se précipite alors vers l’endroit où est retenu le prisonnier. Il hurle sa colère tout en essayant de défoncer la porte qui le sépare de cet être qu’il hait tant pour lui avoir arraché l’être aimé. Mais il est stoppé net dans son élan lorsque celui-ci lui répond. Pourquoi cette voix lui semble-t-elle si familière et si douce à son oreille ?

Sous le charme du tandem Henri/Richard depuis le début de la série, j’aurai été trop déçue de voir le rôle d’Henri prendre fin en ce début de tome. C’est rare qu’un personnage me plaise et me touche autant que ce dernier et il faut dire que j’attends avec beaucoup d’impatience le moment où Richard découvrira sa véritable identité. Mais on peut dire que l’auteur est particulièrement douée lorsqu’il s’agit de faire languir ses lecteurs et prend un malin plaisir à retarder l’inévitable. Cette attente est terriblement excitante et c’est la raison pour laquelle je dévore chaque tome avec frénésie.

Si le troisième tome était placé sous les hospices de l’amour, entre le roi Edouard qui épouse Elizabeth de Woodville et les moments tendres et chaleureux que Richard a partagé avec Henri, dans celui-ci ce sont les mots complot et trahison qui règnent en maître.

Et qui de mieux placé pour endosser ce rôle que le charismatique Comte Warwick, fin stratège et  manipulateur hors pair. Au début de la série, il semblait être quelqu’un d’assez sympathique, fidèle, dévoué et bienveillant à l’égard du père de Richard mais toutes les actions qu’il a entreprises suite à la trahison d’Edouard montre son véritable visage. Celui d’un homme froid, dur, dominateur et arrogant. Il pactise avec l’ennemi et joue sur plusieurs fronts, ce qui le rend terriblement dangereux. Il va même jusqu’à utiliser ses filles pour parvenir à ses fins et c’est donc dans ce quatrième tome que son surnom de faiseur de roi prend tout son sens. C’est lui qui mène la danse et on prend beaucoup de plaisir à le voir mettre en place des stratégies, à manipuler les esprits et à découvrir la façon dont il va s’y prendre pour renverser le roi actuel.

 

© 2014 AYA KANNO (AKITASHOTEN)


Mais va-t-il seulement miser sur le bon cheval ? Ne risque-t-il pas de tout perdre en voulant forcer le destin ? C’est encore en plein milieu d’un moment crucial qu’on referme ce tome et le prochain risque d’être riche en affrontements et en révélations.

Vous l’aurez compris le gros point fort de la série réside dans cette galerie de personnages qui en imposent. Il n’y a pas de personnages secondaires à proprement parler, ils sont tellement travaillés et approfondis que chacune de leur intervention aussi brève soit-elle impressionne et suscite l’intérêt du lecteur. Certains font froids dans le dos et on ne peut qu’être admiratif face à leur détermination sans faille. C’est le cas avec Elizabeth Woodville qui est obsédée par sa vengeance et qui nous en met encore une fois plein la vue. Mais aussi Isabelle, la fille cadette du Comte Warwick, qui se montre aussi douée que son père dans l’art de manipuler les mentalités. Le timing de ses interventions et les petits coups de pression, nous offrent un récit rythmé et captivant. Et ce n’est pas fini, le comte de Buckingam semble vouloir prendre part au jeu et il pourrait bien faire la différence.

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