Chronique : Le requiem du roi des roses T.3

Snoopy vous dit tout sur ce 3ème tome


En apprenant la mort de son père, Richard, ivre de vengeance, n’aspire plus qu’à semer la mort sur son passage... Alors qu’Édouard livre une bataille décisive, le cadet de la maison d’York décime les rangs des Lancaster, bloqués aux portes de la capitale !

Une fois la guerre terminée et Édouard couronné roi, la paix semble s’installer. Mais lors d’un bal où le nouveau duc de Gloucester a la surprise de retrouver Anne Neville, une femme se jette aux pieds du souverain pour présenter une requête. Séduit par sa grande beauté, le jeune monarque la rejoint lors d’une partie de chasse... et lui promet de l’épouser !

Aya Kanno est connue en France pour sa précédente série Otomen. Originale dans son approche du shojo, elle mettait en scène un jeune homme ayant des goûts de filles et étant particulièrement doué en cuisine, couture et en ménage. Même si je m’étais prise au jeu et avais trouvé les premiers tomes amusants, la série étant très longue et un peu répétitive, je m’étais assez vite lassée.

La mangaka fait son retour en France dans un tout autre registre puisqu’il s’agit d’un seinen dans lequel elle réinterprète la pièce de Shakespeare, Richard III. Un projet ambitieux et dont la trame historique me plait particulièrement.

Après un premier tome plaisant dans lequel l’auteur prenait le temps de poser le cadre de son récit et de nous présenter les différents personnages, le second opus m’avait complètement convaincue. Riche en événements tragiques et fort de sa galerie de personnages charismatiques, on pouvait déjà sentir le potentiel évident de la série.

C’est donc avec une certaine impatience et quelques attentes que j’entame la lecture de ce 3ème tome.

On débute ce tome en compagnie d’Elizabeth, qui ne rêve que d’une chose, venger son bien aimé tué par la maison York durant la guerre. Pour y parvenir, elle décide de faire succomber sous son charme le jeune roi, Edouard en espérant ainsi devenir reine et acquérir un certain pouvoir.

Manipulatrice et pleine de charisme, on prend beaucoup de plaisir à la voir séduire le roi. Le fait d’avoir accès à ses pensées permet au lecteur de mieux démêler le vrai du faux. Un vrai tour de main de la part de l’auteur qui réussit parfaitement à mettre en valeur le double jeu d’Elizabeth et rend ainsi la lecture passionnante.

Si celle-ci parvient à ses fins, cela pourrait bien couter le trône à Edouard. Trahison et complot, l’auteur fait doucement monter la pression et on hâte de découvrir la suite.

 

© 2014 AYA KANNO (AKITASHOTEN)


En parallèle avec le jeu de séduction d’Elizabeth, on assiste aux retrouvailles tant attendues entre Richard et Henri.

Hermaphrodite et maudit par sa propre mère, Richard est un être torturé dont la nature l’empêche de trouver sa place. Et Henri, bienveillant et pure est un être lumineux qui aspire à une vie paisible mais qui est prisonnier de son rang social et des responsabilités pénibles qui en découlent.

Ne supportant plus d’être utilisé dans la lutte de pouvoir qui oppose la famille Lancaster à la famille York, il fuit. Il profite de son voyage pour parler avec le petit peuple et poussé par le désir de revoir Richard, se met à sa recherche.

Le destin les réunit à nouveau. Richard d’abord méfiant ne peut s’empêcher d’être irrésistiblement attiré par Henri, comme si un lien fort et invisible les liait l’un à l’autre. Malgré leurs blessures, la relation entre les deux jeunes gens va évoluer doucement et l’espace d’un instant Richard va baisser sa garde et se laisser bercer par ses nouveaux sentiments qui l’envahissent. Tandis qu’Henri qui voit en Richard son salut, profite de chaque instant passé en sa compagnie comme si c’était le dernier.

Totalement tombée sous le charme de ces deux personnages, leur première rencontre m’avait marquée tant je l’avais trouvée belle et touchante. L’auteur nous offre à nouveau de jolies scènes empreintes d’émotions fortes et l’espace d’un instant on a l’impression qu’ils sont seuls au monde.

Les flash-back sont de courte durée mais intenses et sont déclenchés par des événements bien précis, un peu comme si les personnages étaient en état de stress post-traumatique. Ce qui donne plus de profondeur et de réalisme au récit.

On aurait aimé que la pluie ne cesse jamais mais la jalousie et la haine ont vite fait de reprendre leurs droits. Et le rêve d'une vie meilleure fait place à la réalité, dure et froide. La fin promet un 4ème tome encore plus riche en émotion et qui s’annonce difficile à encaisser tant pour le jeune Richard que pour le lecteur.

D’un point de vue graphique, on reconnait toute de suite la patte de l’auteur. C’est très bien dessiné, les traits sont fins et élégants et on sent que la mangaka a le souci du détail surtout quand il s’agit de rendre expressif ses personnages.

Elle joue sur des effets de lumière et des contrastes de noirs et blancs pour mettre en valeur les émotions de ses personnages et parvient très bien à retranscrire leurs états d’esprit. C’est souvent centré sur les personnages mais lorsqu’il y a des arrières plan, ils sont fournis et bien dessinés. Le chara-design est réussi et convient bien à la personnalité de chacun même si certains personnages masculins manquent un peu de virilité.

Les graphismes contribuent clairement à la qualité de la série.

Côté édition, rien à redire. Ki-oon fait du très bon travail.

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