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  • Critique Himizu par

    Après le tordu thriller psychologique et pervers Aime ton prochain, je suis resté sur la voie de la collection WTF?! des éditions Akata  avec une agréable surprise plutôt insoupçonnée, un slice of life rude et pur appelé Himizu. 

    Je ne m'y attendais pas du tout et , honnêtement, je recommande ce titre à celles et ceux qui n'ont pas peur d'arpenter des territoires sombres, parfois absurdes et brutes du paysage Manga. Pour cette série en 4 tomes qui nous dépeint le quotidien d'une jeunesse paumée en quête d'un but, Minoru Furuya ne fait pas dans la dentelle. Cela se constate rapidement d'un point de vue graphique. Son dessin peut au premier abord rebuter son lecteur. Les expressions des personnages sont surexagérées, leurs bouches grandes ouvertes durant les moments de colère leur donne un air à la fois grotesque et effrayant. Leur allure disproportionné donne pratiquement un grain de laideur au dessin. Le pauvre Akada en est un exemple. Pour apprécier Himizu , il faut d'abord passer le cap d'un dessin expressivement abusif. Pour autant , plus nous avançons dans le volume et plus l'ambiance graphique s'affine, se calme légèrement mais sans nous faire oublier l'écrasante solitude de cette jeunesse désabusée et abandonnée par ses pairs.

    Himizu est un slice of life remarquable. C'est un vent de colère animé à la fois par le désespoir et par l'obsession de trouver un sens à sa vie. Nous suivons tour à tour le quotidien de Sumida, un jeune cynique dont le simple rêve est d'être loueur de barques sans se faire remarquer. Il vit seul avec sa mère et l'un de ses rares amis est Shozô. La raison de vivre de ce dernier est l'argent. Une obsession qui l'a amené à développé un excellent talent de pickpocket. Les deux amis font la rencontre d'Akada, un pauvre gus harcélé par des brutes qui rêve de devenir un brillant mangaka mais son talent est loin d'égaler celui de son cousin, le calme et posé Kii. Sumida fera également la rencontre d'une admiratrice un peu flippante en la personne de Chazawa, une curieuse mythomane plutôt imprévisible... 

    Ce volume 1 nous présente donc tout ce petit monde, ensemble ou individuellement, chacun possède sa petite histoire, son propre parcours. La narration de Furuwa-san est juste géniale comme si le mangaka tenait à ce que chacun de ses personnages soit mise en valeur. C'est le cas notamment du balourd Akada et du souriant Shozô dont les instants  tragi-comiques vont feront sourire et vous faire grincer les dents. Ce qui dénote dans ce titre, c'est  cette ambiance particulièrement étrange : une certaine amertume rompue par le fou rire de l'exagération ou de quelques situations comico-trash. L'étrangeté réside aussi dans les cauchemars, l'apparition régulière d'une silhouette monstrueuse... Comme si la brute réalité filtrait une certaine fantasmagorie. Difficile à définir dès le premier volume mais il faut bien avoue que le mangaka combine habilement le drame, le choc et le grotesque dans une même veine.

    Son style est nerveux, rapide mais je trouve que les dernières parties de ce premier volume deviennent plus posées, plus calmes, en somme plus mélancoliques comme si l'auteur avait su métamorphoser son titre rien qu'en l'espace d'un tome.

    Attention, je ne conseille cependant pas Himizu à tous les lecteurs. Ne vous attendez pas à du slice of life façon shojo bien évidemment. Nous restons dans une veine un peu trash du seinen. Public adulte forcément d'autant plus que l'auteur n'hésite à pas dévoiler certaines scènes particulièrement rudes. C'est un manga amer, parfois drôle, mais d'une drôlerie un peu déprimante comme un sourire crispé. Mais cela n'en fait pas un manga désagréable car Furuya a su développer un sens de l'affect qui nous touche droit au cœur dès qu'on décide de s'attarder plus avant sur ce titre et sur sa galerie de collégiens paumés ... mais vaillants. 

    8

    MassLunar - 05 novembre 2019

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