• Critique Plus forte que le sabre par

    Hiroshi Hirata présente dans cette trilogie le portrait d'une femme de samouraï assez extraordinaire : Hisa. Elle a une force démesurée qui lui sera utile plus d'une fois. Mariée à 15 ans, mère de 4 enfants à 20 ans, elle va tenter de faire vivre le domaine de son époux pendant qu'il guerroie au loin. Elle va tenter de résoudre les problèmes surgissant dans la vie de sa famille en suivant ce que lui dicte son cœur généreux, mais s'il le faut elle sait se battre efficacement.

    La moitié de la trilogie est consacré au fils ainé d'Hisa et Yasuhide : Matatarô. C'est un jeune homme qui rejette la voie du bushi que devrait suivre l'héritier d'une famille noble. Il s'intéresse à toutes les formes d'art : musique sur des instruments de sa création comme un luth à 6 cordes ou des percussions faites avec des jarres, peinture et sculpture. Il est plutôt doué dans ces divers domaines mais c'est indigne d'un futur chef de guerre. S'ensuit un conflit avec son père et il quitte le domaine, ce qui en fait un traître à son clan.

    Ce sont 2 portraits tout à fait inhabituels par rapport à l'image classique que l'on a des samouraïs. Mais, à l'occasion d'une exposition au musée d'arts asiatiques de Nice, j'ai découvert que les femmes de samouraïs n'étaient pas les "potiches décoratives" que j'imaginais, sauf peut-être les nobles de haut rang et suffisamment riches pour avoir une nuée de serviteurs. Enfin, à l'époque où Hirata situe son histoire car la domination masculine n'a fait que s'accentuer les siècles suivants en ramenant les femmes uniquement vers les tâches du foyer.

    En revanche, Hirata évoque le premier objecteur de conscience de l'histoire japonaise avec le fils renégat. Il se refuse à tuer un être humain et va jusqu'à quitter le champ de bataille préférant déserter que de massacrer des hommes… désertion qui ne lui portera pas chance. Les chansons qu'il écrit s'apparentent aux "protest songs" contre la guerre du Vietnam.

    Le style graphique d'Hiroshi Hirata est comme souvent un peu froid et très réaliste. Il n'épargne pas aux lecteurs les têtes coupées, les entrailles pendantes ou les viols. Malgré cela, les personnages sont expressifs et les paysages ou décors de maisons sont agréables.

    Une trilogie qui reste dans la mémoire pour ses 2 personnages exceptionnels que sont Hisa et son fils Matatarô.

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    ginevra - 07 mai 2020

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