• Critique Ogrest par

    Sortant des sentiers battus, une sacrée mamie risque cependant de rester dans l'ombre malgré son lot de qualités.
    Avant toute chose, on apprend en 4ème de couverture, que cette œuvre est l'adaptation d'un roman autobiographique à succès, qui a rappelé aux japonais, à quel point les rapports de l'époque, étaient plus humains que maintenant, malgré l'après guerre...

    D'entrée de jeu, on situe l'ambiance, le contexte du manga et l'immersion se fait naturellement.
    Le scénario est simple mais fort. La mère du jeune Akihiro n'ayant pas assez de revenus pour assumer ses deux fils, confit le plus jeune à sa grand mère. Pleurnichard et gâté, notre héros, haut comme trois pommes, ne va pas avoir le choix que de s'adapter rapidement à la vie spartiate du monde rural.
    En soit, ce scénario n'a rien d'exceptionnel, mais c'est la façon de relater les faits, et le charisme des personnages qui rend "une sacrée mamie" bougrement intéressant.

    Les protagonistes ne sont guère nombreux, mais ils sont tous facilement identifiables (physiquement et moralement) et dotés de caractères bien trempés. Là où c'est jubilatoire, c'est de les voir évoluer personnellement et entre eux.
    L'auteur mise sur la qualité de ses personnages à défaut de la quantité. On est bien loin des shonen nekketsu, où il faut assimiler une vingtaine de protagonistes par tome! Première démarque.

    Autre point fort évoqué plus haut, la façon de relater les aventures de Akihiro et de le voir évoluer. L'histoire, réaliste, fait grandir le petit garçon, et l'on suit ses mésaventures avec délectation. La vie n'est pas rose, mais le voir faire face aux divers événements est suffisamment captivant pour tenir le lecteur en haleine. Deuxième démarque.

    Graphiquement, le style du mangaka colle parfaitement à l'univers et à l'environnement : simple et sobre. Les traits sont fins et sans fioritures. Cela date de 2005, pourtant on pourrait croire que cela est plus ancien. Le style n'est pas sans rappeler Osamu Tezuka, Gosho Aoyama ou bien Akira Toriyama. La sobriété est donc de mise, tout comme le découpage, rudimentaire. Là aussi, simplicité avant tout, avec de beaux rectangles et carrés...

    En bref, Akata Delvourt nous propose un manga qui sort du lot, une belle trouvaille. Le maître mot des auteurs est simple : sobriété. un parti prit atypique à l'heure actuelle, mais "une sacrée mamie" en vaut la chandelle. un récit "tranches de vie", simple et plaisant que je recommande volontiers.

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    Den d Ice - 11 août 2009

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