• Critique Kaijin Reijoh T.2 par

    Décidément, ce nouveau titre de Tetsuya Tashiro est bien décidé à nous porter un rude coup sous la ceinture. 

    Ce second volume de Kaijin Reijoh  confirme le caractères hors-norme et dupliqué de ce titre qui oscille entre comédie ecchi et horreur macabre tel une opposition parfois grotesque, parfois cruelle entre l'eros et le thanatos. Kaijin Reijoh laisse perplexe et ce qui s'annonçait en tout premier lieu comme une comédie d'action érotique laisse rapidement la place à un seinen ultra-violent aux portes du malaise. Du moins, c'est la légère impression que j'ai eu avec la lecture de ce second tome qui introduit plus directement le parti de l'Ultraréincarnation. De nouveaux antagonistes apparaissent et instaurent un conflit plus torturé entre l'école des Nymphes et la secte , entre celles qui combattent le monstre tout en veillant à ne pas le devenir et ceux qui encouragent au contraire à céder aux pulsions désespérés de la transformation. 

    Tetsuya Tashiro prend un malin plaisir à exarcerber les différentes tonalités de son intrigue. Pas forcément dans la demi-mesure, le mangaka confronte l'horreur pure du massacre à des scénettes érotiques et ecchi qui permettent légèrement de respirer entre des scènes d'actions cruelles mais efficaces. Mais, surtout, le mangaka développe ce qui faisait la force du premier tome, c'est à dire une intrigue sous-jacente focalisée sur les tares de la société, le mal-être, le rapport avec autrui , la perversité. A titre d'exemple, nous pouvons relever le passé traumatisant de la sympathique Miumi dont le ton et le sérieux est en opposition totale avec les scénettes echi qu'on continue à trouver dans le volet.

    Tetsuya Tashiro n'éclipse donc pas un background plus radical et torturé autour des personnages et de l'intrigue. Cela prouve que nous n'avons pas affaire à un titre ancré purement et simplement dans du second degrés. C'est fort mais c'est aussi délicat car, parfois, on ne sait pas sur quel pied danser. On sourit un peu gêné devant une situation comico-érotique avec les réactions crétines et perverses d'Asuma et, quelques pages après, on se retrouve figé devant une vrai violence psychologique, , celle-là même qui entraine la monstruosité. De ce fait, pour moi ce second volume concentre parfaitement cette ambiance ambiguë qui constitue le manga, la confrontation entre Eros et Thanatos, érotisme et mort. 

    Cette combinaison peut laisser perplexe et n'est pas sans maladresses mais c'est aussi l'atout de ce seinen qui fait preuve de férocité tout en nous retournant légèrement la cervelle. 

    Côté dessin, rien de véritablement surprenant pour ce second opus. Tashiro multiplie les affreuses apparitions de monstres. Ils sortent tout droit d'un cauchemar. Tetsuya Tashiro doit avoir une imagination des plus enfiévrés pour imaginer de telles créatures ( mention spéciale aux soeurs siamoises vers la fin du second opus). De même, du côté des humains, il signe un bad guy assez sympa à travers le leader de la secte, sorte de faux-dévôt assez craignos. Les confrontations sont toujours aussi énervés et originales dévoilant encore une fois à quel point le mangaka est aussi à l'aise avec l'action pur jus. 


    7

    MassLunar - 15 octobre 2020

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