• Critique Libraire jusqu'à l'os T.1 par

    C'est grâce à un ami que je rentrais pour la première fois dans la librairie indépendante Auxerroise au nom rigolo de « La Pieuvre ». Au fur et à mesure des années, je considérais vraiment comme un autre grand-père Jean-Claude Maréchal, comme beaucoup de ses clients certainement. Il sentait encore bon le parfum des années soixante-dix, avec sa longue barbe grisonnante et ses cheveux mi-longs. Une maladie l'a emporté trop tôt, et je souhaite ici lui rendre hommage à ce libraire extrêmement gentil, qui a beaucoup partagé de sa passion, et ceux, sans distinction entre les différentes catégories sociales de sa clientèle. Nous avons découvert le phénomène mangas ensemble lors de mes commandes et de nos conversations, et celui-ci, aurait certainement lu derrière son bureau, si son temps de travail le lui avait permis, libraire jusqu'à l'os, vu les points communs entre Honda et lui.

    Car cette narratrice de ce manga m'a fortement fait penser à lui, c'est une libraire qui aime son métier et partage généreusement aussi ses découvertes littéraires. Elle est toujours à l'écoute, même de ses collègues, du coup, il est vrai qu'elle n'a pas vraiment besoin de la formation obligatoire, comme dans le chapitre six, pour apprendre à sourire aux autres. D'ailleurs, c'est plutôt entre les lignes que vous le verrez, ce rictus, puisqu'elle est toujours dessinée sous forme de squelette. Certes, une idée farfelue, mais qui marche du tonnerre, ses collègues auront aussi le même genre d'originalité. Saquenpapier ou Masquagaz sont prêts à se plier en deux pour leurs clients respectifs.

    Pourtant, il m'a fallu au moins deux chapitres (sur sept) pour prendre connaissance de cet univers très particulier et personnel. De plus, il faut apprendre quelques codes de ce métier se situant, ici, au Japon. Il est amusant de découvrir pour ma part l'utilisation de cache-livres, ou l'énorme succès du Yaoi (catégorie érotique de manga lié aux relations sentimentales entre deux hommes), ou encore, de l'importance de l'éditeur Kadokawa dans le paysage littéraire. Il y a de multiples annotations sur ce que l'on ne dit pas forcément de ce métier de forcené, mais elles sont également là pour vous aider à comprendre l'envers du décor.

    Graphiquement, on est dans un style semi-réaliste bien sûr, à part à Halloween, un squelette ne vous accueillera pas dans une librairie. Mais les clients restent représentés de manière naturelle, dans un style propre au manga. Il y aura beaucoup de lectures dans les bulles et hors-textes, mais franchement, je n'ai pas boudé mon plaisir de retrouver cette thématique pas si courante depuis le maître des livres des Éditions Komikku.

    Depuis, entre Magus of the Library et libraire jusqu'à l'os maintenant aux Éditions Soleil Mangas, les amoureux des livres ont de quoi explorer leurs terrains de prédilection pour approfondir leurs connaissances, et s'amuser du jeu des différences entre le Japon et la France, ici. Encore un peu de soleil en hiver quoi !

    8

    Auray - 03 janvier 2020

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