• Critique Chainsaw Man T.1 par

    Tatsuki Fujimoto fait partie de ces actuels mangakas tout simplement inclassables. Avant Chainsaw Man, il a signé Fire Punch, un manga post-apocalyptique plein de rage et de fureur qui se démarquer par ses personnages  allumés. Tatsuki Fujimoto est un auteur audacieux qui n'a pas peur de jouer avec les codes et d'en distiller une certaine inventivité. 

    Mr. Fujimoto revient avec Chainsaw Man. Rien que le résumé annonce la couleur : Denji est un pauvre gars acculé de dettes. Heureusement pour lui, il peut compter sur le soutien de son fidèle meilleur ami, un chien-démon-tronçonneuse (si, si !) du nom de Pochika. Mais un imprévu transforme la vie du jeune homme et lui et Pochika entame un nouveau pacte qui va transformer Denji lui-même en véritable tronçonneuse humaine.

    Les démons, une figure récurrente dans le manga fantastique, mais pas à la sauce de Tatsuki Fujimoto. Dans Chainsaw Man, les démons apparaissent comme des créatures détonantes de série b accouplés avec des créatures, des animaux , des objets du quotidien. C'est si nawak qu'on ne peut qu'apprécier. Il y a un petit côté narnardesque ultra-fun dans ce titre. Beaucoup moins 1er degrès que Fire Punch, Chain Saw Man est de la tronçonneurie au second degrès. Pour autant, ce n'est pas uniquement un déluge de massacres vrombissantes. On apprécie l'intrigue et les personnages dans ce Chain Saw Man et, notamment, son héros un poil pathétique qui, alors qu'il est devenu un démon -tronçonneuse, découvre la vie et l'amour. Certes, tout le monde n'appréciera pas l'humour un peu bêbete-pervers qui émane parfois du personnage, notamment dans son objectif final mais cela rentre aussi dans l'humour décomplexé de ce titre.

    Décomplexé mais en même temps intéressant dans son approche et ses personnages  atypiques, Chainsaw man incarne le pari de franchir les portes d'un quotidien démoniaque hors-normes , un monde dans lequel il existe une démon du sang capable de s'attacher à un adorable chaton, un chien tronçonneur qui se blottie dans les bras de son maître, une belle jeune femme qui traite ses employés comme des chiens... Sans être bête ni gratuit, Chainsaw Man prône un humour du loufoque plutôt réussie qui a le mérite d'être imprévisible. 

    Niveau dessin, la trait de Fujimoto-san est toujours aussi aiguisé et expressif. Derrière la monstruosité de ces créatures et notamment le dessin ultra-cinglé de Denji en mode Tête-de-scie, l'auteur révèle aussi un petit côté kawaï avec de mignons petits démons en guise de compagnons. Diable, même derrière un masque de loufoquerie absurde et enragé, Fujimoto parvient à nous faire partager une certaine tendresse pour les chiens -démons-tronçonneuses.  Il faut quand même le faire !

    8

    MassLunar - 10 mars 2020

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