• Critique Les Liens du Sang T.1 par

    Les liens du sang ou Chi no wadachi en Japonais est la dernière série en date de Shuzo Oshimi. Un auteur que j'apprécie énormément, puisqu'il réussit toujours à nous sortir des séries très distinctives, et toutes parfaitement maîtrisées. Une fois de plus, il nous transporte dans un univers dérangé, où le malaise sera notre plus grand allié.

    Relation mère/fils

    Sei est un jeune homme tout ce qu'il y a de plus normal. Il va au collège voir ses amis, est amoureux d'une jeune fille de son âge et se chamaille de temps en temps avec son entourage. Il a même d'excellentes notes, qui lui valent un joli sourire de la part de sa maman. Et c'est bien ça le problème, et on le comprend directement. La relation entre ce garçon et sa mère est quelque peu étrange, bien que l'on ne cerne pas encore jusqu'où tout ceci va. Même Sei semble ne pas réussir à comprendre sa mère et ses intentions. Si nous avions le cas d'un auteur lambda, l'histoire ne me paraîtrait peut-être pas aussi étrange. Mais nous avons affaire à Shuzo Oshimi, un auteur de génie qui apprécie énormément donner de sa personne dans ses œuvres et aller toujours plus loin dans la pression. Toutes les scènes entre ces deux protagonistes sont faites pour être à double-sens, afin que l'on ne sache pas tellement quoi en penser. Et c'est ce que j'adore avec cette œuvre et toutes les autres de cet auteur : Il nous retourne l'esprit dans tous les sens, et nous force à penser ce qu'il veut qu'on pense, jusqu'à un point inimaginable. Au final, ça fait que le manga a bien plus d'impact que ce que je ne voudrais dans mon esprit. Et c'est aussi ce qui fait que j'apprécie autant Les liens du sang.

    Parce qu'il va encore plus loin dans ces relations malsaines entre personnages, et que ça ne s'arrête pas à la mère et son fils. Nous avons l'occasion de voir la tante de Sei ainsi que son cousin, qui jugent beaucoup sa mère qui le surprotège. Cela va amener le jeune garçon à se poser des questions, lui qui, innocent, n'avait jamais mis en doute les actes de sa mère. Et c'est ce petit détail qui va impacter sur le reste du tome, surtout lors d'une fameuse randonnée en famille... Et une fois de plus, c'est une signature d'Oshimi : réussir à exagérer des détails pour qu'ils aient une importance colossale sans que l'on puisse sans douter au premier abord.

    Introduction

    Mais il ne faut pas oublier que nous sommes dans un tome introductif, et que Shuzo Oshimi a une manière bien à lui de présenter les choses. Le premier tome de ses séries est souvent énigmatique, et très implicite, comme on peut le constater ici. Et étant donné qu'il y a toujours très peu de textes, les pages se lisent vite, et il ne se passe pas toujours énormément de choses. Même si je dois avouer que cette fois-ci, j'ai été assez surpris. En temps normal, il me faut à tout casser 7 minutes pour lire un tome des Fleurs du mal par exemple, alors que là, j'ai mis plus de temps. Je ne sais pas si ce sera valable tout au long de la série, mais c'est appréciable d'avoir un petit peu plus de contenu. Car s'il y a bien une chose qui me frustre, c'est de terminer un tome sans savoir ce qu'il en est, un tome qui est passé bien trop vite.

    Mais ce tome-ci n'était pas pour autant parfait, étant donné qu'il nous reste énormément de choses à découvrir, et qu'il s'est terminé sur une note mystérieuse. Mais je ne m'inquiète pas, la série prendra de l'ampleur à mesure qu'elle se plongera dans l'étrange. Et elle sera originale et unique, comme toutes les autres. Si vous n'avez pas encore lu Les liens du sang, je vous le recommande, c'est une série qui démarre très bien. Mais il faut apprécier le délire de l'auteur, qui n'est pas forcément tout public.

    9

    Niwo - 21 avril 2019

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