• Critique Buchimaru Chaos T.1 par

    Premier tome d'une courte série de trois, sorti en toute discrétion, ce premier tome de Buchimaru Chaos nous place directement dans le feu de l'action, sans introduction ou presque. Et pour cause : le scénario tient sur une demi-feuille de PQ, reposant entièrement sur les objectifs de ses héros.

    Byakuya ne cherche qu'à se procurer un moyen de ressusciter quelqu'un et est prête à tout pour ça, peu importent les dommages collatéraux. Tout ce qui l'entoure n'est au choix qu'insignifiant, une gêne ou un outil. Buchimaru, lui, est purement et simplement obsédé par la demoiselle et veut à tout prix rester à ses côtés, quand bien même celle-ci se moque de lui comme d'une guigne. Et c'est tout. On suit Buchimaru à la poursuite de Byakuya, bien décidée à anéantir les esprits gardiens pour atteindre son but. A ces deux-là s'ajoute un troisième larron, lui aussi guidé par ses besoins perso.

    Autant le dire tout de suite, avec eux, ça passe ou ça casse. Byakuya, qu'on ne voit finalement pas beaucoup, est d'un égoïsme d'une taille au moins aussi démesurée que celle des créatures qu'elle affronte. Froide, sans compassion, sans considération pour quoi que ce soit, on se demande bien comment elle a pu s'attirer la fidélité aussi aveugle d'un Buchimaru totalement sous son emprise. Buchimaru qui peut justement agacer à force de ne jamais se poser de questions, s'en prendre plein la poire pour pas un rond et être prêt à recommencer la seconde d'après. Heureusement que son compagnon de route n'a de cesse d'essayer de le ramener à la raison... Un personnage plus nuancé que les deux autres, mais pas « gentil » pour autant et dont la relation avec le jeune ninja un tantinet décérébré constitue le point fort de ce premier volume.

    Parce que si ce n'est pas du côté du scénario qu'il faut chercher, ce n'est pas vers celui des scènes d'action, pourtant largement présentes, non plus. Si le trait de Tsutomu Ohno, haché, brut, donne de superbes et surtout gigantesques monstres au design léché, des visages expressifs et des cases surchargées, il devient surtout vachement bordélique dès que ça bouge un peu. Les angles de vue choisis sont dynamiques, les lignes de vitesse fusent dans tous les sens, mais l'on ne comprend pas grand-chose aux combats, malgré une légère amélioration sur la fin... Reste que les planches statiques sont plutôt agréables à regarder, avec parfois des décors impressionnants et des monstres qui ont vraiment de la gueule.

    A défaut d'être « beau » à proprement parler, Buchimaru Chaos possède donc ce truc, son ambiance propre, portée par le trait de son auteur dont le côté chargé ne manque pas de personnalité, loin des planches lisses et standardisées que l'on croise trop souvent.

    Au final, malgré sa profondeur digne d'une flaque d'eau, ce premier tome parvient donc malgré tout à convaincre, principalement grâce à ses personnages antipathiques qui détonnent et son ambiance visuelle particulière. Si vous vouliez savourer une histoire de ninjas affrontant des grosses bébêtes, c'est un peu râpé, par contre voir ces trois cassos se courir après chacun pour sa pomme et en mettant le bordel partout a vraiment un petit quelque chose d'accrocheur. On verra bien ce que nous réserve la suite...

    6

    Pois0n - 14 avril 2019

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