• Critique Girls last tour T.1 par

    Voici une histoire bien étrange que nous propose OMAKE Manga, tout jeune éditeur sur le marché. Etrange mais plaisant, attrayant, et reposant.

    Un monde apocalyptique, désertique, sans vie, dans une courbe du temps très futuriste mais toutefois reconnaissable dans ses détails, le lecteur est un peu déboussolé durant sa lecture. Pas de réel contexte historique pour le moment, seules les armes disséminées partout à même le sol nous suggèrent qu’une guerre terrible a eu lieu. Mais quand ? il y a longtemps probablement. Au lecteur de spéculer via les rares indices édictés par l’auteur au milieu des bâtiments en ruines.

    Heureusement, la fin du monde – en quelque sorte- n’est pas le thème de cette histoire. Plutôt le chemin parcouru de deux jeunes filles qui chaque jour tentent de survivre. Trouver des provisions, prendre un bain, faire la lessive, devient une improvisation du quotidien, une opportunité de parcours qu’elles saisissent allègrement sans vraiment se soucier de leur condition de survivantes rares.

    On fait ainsi la connaissance de Yuri, la blonde un peu tête en l’air mais très douée avec une mitrailleuse. Un estomac sur pattes, seule sa ration la préoccupe vraiment. Cela et voir le soleil de plus près, elle n’apprécie pas trop l’obscurité. Chito la brune est plus réfléchie, sérieuse. Elle se passionne pour les livres qui semblent avoir disparu eux aussi. Douée de ses mains, c’est la mécano du groupe et la conductrice de leur véhicule, une auto-chenille customisée.

    Yu est plus terre à terre, très pragmatique, Chi est plus rêveuse, cérébrale. Toutes les deux en tout cas s’adaptent aisément à leur environnement et le lecteur se demande depuis combien de temps elles vagabondent ainsi pour que tout autour d’elles leur soit « normal », commun. Elles n’apparaissent pas déprimées ou terrifiées, bien au contraire. Le dessin leur octroie une certaine sérénité. Oserais-je dire insouciance ? Sauf que, c’est là toute la beauté de l’œuvre en réalité. L’opposition entre ce monde en gravats où il n’y a plus aucune trace de faune et de flore connue combinée à la nonchalance constante de deux jeunes et frêles jeunes filles qui avancent à leur rythme sans se soucier de demain, offre au lecteur une sorte de ballade au ralenti. Pas âme qui vive à l’horizon, le repos est de mise. On s’arrête, on observe. Oui le paysage n’est pas des plus reluisants mais il n’est pas inquiétant.

    La raison principale en revient sûrement au style de TSUKUMIZU. Son trait très arrondi, voire enfantin qu’il emploie pour ses personnages apporte beaucoup de douceur et de réconfort à notre regard. Pour autant, on est admiratif des détails précis et nets dès qu’il s’agit de dessiner une arme ou un véhicule militaire. Même si l’ensemble reflète une toile un peu floue, à l’image du scénario. Personnellement j’y ai trouvé une touche esthétique très poétique.

    La fin du tome nous parle de Tour et de strates. On devine ainsi que ce premier tome offrait qu’une infime partie du monde dans sa globalité. Et forcément les questions ne cessent de se bousculer dans notre tête.

    Ce rythme lent m’a rappelée un très bon titre paru chez Kana il y a quelques années : La Cité Saturne. Pas de cliffhanger à la fin des tomes, pas d’action ou de rebondissement à répétition, pour autant je n’avais pu décrocher avant la fin, regrettant même de devoir tourner la dernière page. GIRLS LAST TOUR est une série en 6 tomes qui comme La Cité Saturne divisera radicalement. Soit on adorera, soit on détestera. A vous de voir où se situe votre âme de poète. Moi je suis conquise.

    8

    KssioP - 08 mars 2020

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