• Critique Aria T.2 par

    Délicat, fin et reposant, le premier volume de la réédition de la série Aria fut une bonne surprise. Contemplatif, doux et dépaysant, sans enjeu formel , le premier volume posait déjà les bases d'une série qui séduira ( et a déjà séduit) les esprits rêveurs. 

    Sans surprises, ce second opus poursuit les aventures d'Akari qui poursuit son entrainement pour devenir une Ondine, une pilote officielle de gondole dans une ville futuriste tout droit inspirée de la ville de Venise. Soyons honnête, ce second volume ne nous présente pas vraiment d'enjeux gravés sur le marbre. Aria, c'est d'abord une question de ballades et de surprises rencontrés au coin d'un canal. En l'occurrence, ce second volume nous gâte : un aperçu sur une petite île hanté par la mythologie japonaise, des flocons de neiges vivants, une course de gondoles, sans compter le fameux carnavel de (Néo) Venise, la géniale mangaka Kozue Amano s'amuse à nous surprendre. Chaque chapitre va ainsi nous présenter une facette de la beauté de Néo-Venise. Cet havre de paix est véritablement renforcé par le soin graphique qu'apporte l'auteure. 

    C'est simple, nous assistons parfois à des scènes, des cases qui n'auraient pas dépareillés dans un très bon film des studios Ghibli par exemple. Sans détour, la mangaka nous fait apparaitre au détour d'une page de véritables moments d'émerveillements Ces moments sont d'ailleurs renforcés par la colorisation de certaines pages et , encore une fois, par la qualité du travail éditorial. 

    L'histoire ne possède pas vraiment d'enjeux. Les plus impatients se demanderont sans doute où l'auteure va nous emmener. Pour autant, Kozue Amano développe peu à peu son histoire en introduisant de nouveaux protagonistes, notamment un nouvel ordre d'employés qui se charge de s'occuper des problèmes de gravité sur la planète Aqua. Il y a donc un background qui continue à être développé. De même, j'ai remarqué qu'Aria possède une certaine mélancolie face à la comparaison d'une planète appelée Manhome (qui n'est autre que la Terre) dans laquelle tout n'est qu'artificielle. Avec son manga, Kozue Amano semble aussi guider gentiment son lectorat vers des retrouvailles avec l'authenticité et l'émerveillement. Une pensée forte qui donne une certaine profondeur à ses ballades sur Néo-Venise.

    Je finirais tout de même ma chronique sur une petite note négative qui n'enlève rien au charme de ce titre : les personnages. Il est clair que l'auteure ne cherche pas à développer ses personnages , à les rendre complexes. Nous sommes dans une atmosphère un peu candide qui invite à la simplicité. Les personnages correspondent bien à cette ambiance. Cependant, ils frisent un peu la coquille vide comme en témoigne le personnage d'Alicia, la mystérieuse et toujours souriante mentor. J'espère que ce protagoniste sera un peu plus développé par la suite. 

    9

    MassLunar - 16 mai 2020

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