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  • Critique Love Whispers, even in the Rusted Night T.1 par

    Ogeretsu Tanaka est l’une des auteures qu’il me tardait réellement de découvrir puisqu’elle semble à première vue très prometteuse. Ses séries ont rencontrées un large succès auprès des lectrices nippones et ont souvent raflées un prix au Chichi BL Awards. Celui-ci est d’ailleurs l’un d’entre eux et a obtenu la 17ème place au classement du meilleur manga. En plus de sa sublime couverture, l’auteure nous sert une histoire d’amour tout sauf ordinaire à travers une thématique aussi taboue que délicate à savoir les violences conjugales. Engouement mérité ou non ?

    « Nous sortons ensemble depuis le lycée. Seulement depuis qu’il est entré dans la vie active, il s’est mis à me battre »

    Yumi subit les violences de son petit ami Kan et ses sentiments pour lui s’amenuisent au fil du temps. Le souvenir des bons moments passés ensemble paraisse lointain et les coups portés ne semblent même plus avoir d’impact sur Yumi. Jusqu’au jour où le jeune homme dont il était épris à l’époque du collègue refait apparition dans sa vie. Ses sentiments pour lui vont-ils refaire surface ?

    L’auteure met tout de suite les pieds dans le plat et on assiste dès les premières pages à une scène de violence. On fait donc la connaissance de Yumi et de Kan de façon assez percutante. Notre héros suscite bien sûr l’empathie des lectrices même si on se pose rapidement des questions sur sa façon de réagir face à toute cette violence à son encontre. Il semble vouloir se persuader que cela lui est égal et s’est sans doute forger une carapace au fil du temps. L’auteure nous éclaire que très vaguement sur ce point et ne développe pas suffisamment le personnage d’un point de vue psychologique à mon sens. Par contre, les raisons du comportement de Kan sont énoncées clairement mais manque de profondeur. Les différents flash-back permettent de comprendre les sentiments éprouvés par Yumi pour son ami au collège mais ce n’est absolument pas le cas avec Kan ; C’est évoquer à la va-vite et nous donne l’impression qu’il nous manque une partie de l’histoire afin de réellement en comprendre les mécaniques. Il aurait été préférable de mieux développer le personnage de Kan puisqu’on ne comprend ni réellement la raison pour laquelle il est devenu violent ni son changement d’attitude à la fin du tome ; quelques scènes le replaçant sur son lieu de travail et nous permettant de mieux comprendre en quoi son travail est stressant aurait donné plus de corps au récit.

    Ensuite, Le premier amour de Yumi apparaît sur le lieu de travail de ce dernier. On sent toute de suite que les sentiments sont toujours présents et réciproques entre les deux jeunes gens. Par contre, son attitude est des plus étranges car il ne va absolument rien faire pour l’aider à part lui dire bêtement ce que Yumi sait déjà. L’auteure aurait pu justement en profiter pour délivrer un message positif en faisant de lui le héros de son récit ùais n’a pas choisi cette option. Il y a également cette étrange impression que Mayamura serait peut-être un surdoué dans sa façon de s’isoler du monde avec ses écouteurs mais cela reste des hypothèses vu que rien n’est expliqué à ce sujet. Le dénouement de l’histoire est tout aussi étrange que le reste du titre et nous laisse une drôle d’impression.

    Le chapitre bonus est certes du fan-service mais il n’en reste pas moins plaisant que ce soit pour les ébats assez torrides ou pour l’évolution de la relation.

    Enfin, Opter pour une thématique aussi difficile à aborder que les violences conjugales sur un format aussi court est un pari risqué. En effet, il est quasiment impossible de faire l’unanimité puisque chacun aura son opinion sur le sujet et surtout les attentes seront particulièrement élevées. De plus, évoquer la violence et la mettre en scène de façon explicite, comme c’est le cas dans ce titre, peut heurter la sensibilité d’un certain nombre de lectrices ou les mettre mal à l’aise. Il n’est pas facile de voir quelqu’un se faire battre même s’il ne s’agit que d’une fiction et on attend forcément que quelque chose de positif ressorte de toute cette souffrance. Les choix de l’auteure concernant la direction que va prendre son récit sont donc primordiaux et c’est justement à ce niveau-là que réside la faiblesse du titre.

    Au vu de sa sublime couverture, on s’attend à de plus beaux graphismes à l’intérieur mais la déception est de courte durée puisque le trait d’Ogeretsu Tanaka possède un certain charme. Les visages sont expressif surtout celui de Yumi dont le rire enfantin est particulièrement rafraîchissant. Les scènes de violences sont bien représentées, elles restent choquantes mais regardables. L’ensemble est bien dessiné et dynamique. Les scènes de sexes correspondent bien à l’esprit du titre, elles sont éloquentes ou sensuelles selon les moments. Concernant l’édition rien à redire, c’est du bon boulot. Je me pencherai tout de même sur le prochain titre de l’auteure qui sortira en novembre et dont le sujet semble moins casse-gueule.

    Vous l’aurez compris le problème du titre vient principalement du comportement incohérent qu’adopte les différents personnages. Même si on comprend plus ou moins Yumi, ce n’est le cas pour les autres. On ressort donc assez mitigé par cette lecture qui ne parvient pas à répondre à nos attentes. Elle reste néanmoins interpellante et en quelques sortes agréable de par son sujet rarement exploité dans l’univers du manga. Un one-shot à ne pas mettre entre toutes les mains et que je vous conseille de feuilleter avant pour être sûr que le sujet ne heurt pas trop votre sensibilité.

    6

    snoopy - 13 octobre 2016

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