• Critique Le Requiem du Roi des Roses T.13 par

    J'ai souvent comparé ce titre aux pièces de Shakespeare mais cela n'a jamais été aussi juste que dans ce tome !

    Place à Richard, nouveau roi d'Angleterre. Pour en arriver là, nous voyons les personnages principaux mettre en scène une vraie farce pour tromper le peuple et le pousser à accepter cela sans broncher alors que ce n'est pas la solution la plus logique au vu des règles de succession en Angleterre à l'époque. L'autrice joue à merveille des codes de la tragédie shakespearienne pour dérouler son intrigue. Entre farce burlesque et tragédie grinçante, c'est juste terrifiant de voir ainsi nos héros se transformer vraiment sous nos yeux en antagonistes pour tromper le peuple et arriver à leur fin. Pour autant, on comprend bien que la prise de pouvoir de Richard se justifie pour qu'enfin le royaume s'apaise et qu'on ne reparte pas dans une nouvelle guerre ou bien dans de nouvelles luttes de pouvoir à cause d'un monarque jeune et faible, mais quand même.

    On est frappé dans ce tome par les changements qui s'opèrent en Richard qui bascule de plus en plus dans la noirceur et la folie. A l'origine, il n'a jamais voulu le pouvoir pour lui. Il cherchait juste à trouver la lumière, sous n'importe quelle forme. Mais petit à petit, au fil des rencontres et des événements, l'autrice a construit un personnage de plus en plus chaotique pour qui la prise du pouvoir est apparu comme l'unique planche de salut.

    Pour autant, l'opposition ne se tait pas. Elle est là, insidieuse, et se fait entendre, notamment par le théâtre et les fêtes. La mise en scène sombre et dramatique de l'autrice est à nouveau inspirée de Shakespeare ici et donne lieu à des personnages faits d'ombre, tels des démons emplis de noire folie, qui donnent des frissons dans le dos. Tout nous entraine vers une lente ronde démoniaque tout droit inspirée de l'Enfer de Dante. C'est graphiquement et narrativement vraiment séduisant.

    Surtout que dans ce tourbillon, nous avons d'un côté les personnages publics et de l'autre les personnages privés qui eux sont en proie à d'autres tourments. Devenir roi oblige à un certain apparat et notamment à se montrer tel un couple uni avec la reine. Or, cela n'a rien d'aisé pour Richard, qui semblait avoir accepté son corps grâce à Buckingham et qui voit renaître les tourments de celui-ci. J'ai beaucoup aimé suivre les tourments sentiments et intimes de notre héros, qui certes apprécie Anne mais ne peut/ne veut, lui donner ce qu'elle veut sans révéler son secret. Il est donc partagé entre son devoir envers celle-ci et ses sentiments envers Buckingham qu'il tente d'étouffer. Mais il n'y arrive pas, la séparation est trop brutale. C'est également très dur pour son amant qui n'avait peut-être pas réalisé, lui non plus, la profondeur de son attachement. Pour ma part, je n'avais pas vu venir une relation aussi fusionnelle entre eux. J'y voyais plus une relation d'intérêt pour chacun. Mais finalement les tourments ressentis par les deux prouvent bien le contraire et sont tout droit inspirés des meilleurs shojos de la grande époque des années 60-70.

    8

    Tampopo24 - 06 septembre 2020

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