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L'Âge d'Or de Mickey Mouse

par Auray le dim. 10 mars 2013 Staff

Après les intégrales de Barks pour les canards, voici venue depuis 2011 celle de l’homme des souris : Floyd Gottfredson à travers l’âge d’or de Mickey Mouse, et le tome 1, ici présenté, correspond à la période 1936/1937.


Parlons tout d’abord, comme j’en ai l’habitude (je vieillis^^), de ce que l’on a déjà en main avant d’ouvrir le petit trésor… la couverture.
Se situant entre les formats A4 et A3, on a l’impression d’avoir un grimoire avec ce marque-page en tissu : la manipulation ne se fait pas sans une joie enfantine. Le dessin présente un Mickey prenant tout l’espace avec derrière, en fond, les cases d’une des histoires principales de ce recueil, l’île volante. La tranche représente la queue de notre héros qui évidemment ne manquera pas de nous montrer sa bonne humeur au fil des volumes.

Puis, on ouvre enfin pour voir ce que l’on nous réserve : même les pages de garde sont belles, sobres avec un avion se débattant pour filer droit. L’Editeur Glénat présente tout d’abord cette nouvelle édition : oui, il y en a eu des recueils avant, mais c’était moins bien. Me rappelant vaguement certaines promesses de la vie quotidienne, je me méfie, mais force est de constater qu’ils n’ont pas tort : retraduction par rapport à la version anglaise originale, ordre chronologique et intégral de l’âge d’or, colorisation respectueuse, présentation des jeux de mots anglais, des personnages, tout en gardant le mieux possibles les noms usuels de la version française les plus utilisés, on apprend également les codes pour repérer les dates de parutions des bandes pour apprécier le rythme de travail ou satisfaire notre curiosité.
De même, on aura une rétrospective avec la rubrique « le monde de Mickey », et plus précisément ici sur la science-fiction, ensuite une longue interview de M. Gottfredson, nous initiant à l’ambiance des ateliers Disney dans lequel il a vécu, puis une fiche isolé du personnage de professeur nommé Mirandus. Le deuxième bonus cité est de loin mon préféré, on y apprend beaucoup, comme le pourquoi de la disparition de la queue du souriceau pendant la Seconde Guerre mondiale, les secrets de la création de Michou, le neveu de Mickey et même parallèlement les neveux de Donald, ainsi que les différents artistes croisant sa vie professionnelle, et j’en passe… le tout toujours pertinemment illustré : un grimoire rempli de magie, je vous l’avais dit !
Et ce n’est pas tout, avant chaque aventure, le titre français et anglais est suivi d’un dessin grand format, simple, mais efficace. Ensuite, une page ressemblant à celle des intégrales de Barks reprend les dates des bandes, les différents créateurs intervenus, les parutions diverses françaises et américaines, voir des pays voisins, mais surtout la nouveauté reste l’intervention de la base de données en ligne Inducks, petit plus, pour apporter encore d’autres précisions, si cela ne suffisait pas.


Mais les histoires en elles-mêmes ne souffrent-elles pas du temps passé ? Une fois l’adaptation à la vue du système des cases en gaufrier, nécessaire à des parutions hebdomadaires de journaux, on aperçoit des dessins à la fois simplifiés et compliqués, c'est-à-dire que l’on a très peu de place pour les décors, mais ils sont magnifiés, avec des personnages prenant toute la case, mais dessinés à la perfection. Et les scénarii prennent un chemin identique, simple et non simpliste, mignon avec une morale à celui qui saura la voir par-delà une lecture machinale (voir l’étonnante fin avant-gardiste de l’île volante). Bref, du grand art !

Mon gros coup de cœur est pour Dingo, où sa rhétorique fait mouche, et ses gags tordants à souhait, allant à contresens du sérieux obligé de Mickey. Je citerais également Minnie, qui ne se laisse décidément pas faire à l’époque où la femme n’avait pas encore la place dans notre société que celle d’aujourd’hui (je parle bien sûr du roi de Médioka, le dernier récit du présent volume). J’ai adoré la pause entre deux histoires longues des planches dominicales, plus courtes et légères, mais toutes aussi savoureuses.


Je ne saurais que trop vous conseiller cette nouvelle aventure, si la somme de 28,03 euros avec la remise Lang sur douze livres prévus au total ne vous fait pas peur ; et si vous hésitez encore, prenez ce volume 1 et lisez les pages 6 et 7 de présentation de l’éditeur dans la boutique, pendant qu’un copain surveillera le gérant pour que vous ne soyez pas dérangé, cela peut définitivement vous convaincre.
La qualité du support est enfin à la hauteur de ces chefs d’œuvres intemporels. L’univers de tous les possibles est à portée de main, le noir est devenu couleur, et c’est un plus beau voyage dans le temps promis !

En bref

La qualité du support de l'âge d'or de Mickey par Gottfredson est enfin à la hauteur de ces chefs d’œuvres intemporels. L’univers de tous les possibles est à portée de main, le noir est devenu couleur, et c’est un plus beau voyage dans le temps promis !

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L'Âge d'Or de Mickey Mouse
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