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  • Critique Shumari par

    Critique de l’intégralité de la série
    « Shumari » a été écrit par le maître incontesté du manga : Osamu Tezuka. L’œuvre a été réalisée entre 1974 et 1976, période où le mangaka change de style pour se tourner vers le Gekiga.

    Au Japon, en 1872, dans la région d’Hokkaido, Shumari recherche l’homme qui lui a volé sa femme. Pour cela il interroge et tue les personnes qu’il croise. Recherché par la police, il est contraint de vivre reclus et caché le restant de sa vie. Après la découverte de la vérité sur sa femme, il arrêtera de tuer et tentera de s’installer dans un coin tranquille afin de vivre de ses propres cultures.

    Dans « Shumari », le décor d’un Japon encore rural en pleine ère Meiji est de mise. Les samouraïs n’ont plus lieu d’être et le Japon est en plein bouleversement. Tezuka nous surprend par le contexte historique de l’œuvre. Il souhaite mettre en avant un pays en pleine transformation par la destruction de l’environnement au profit d’espace urbanisé et de chemins de fer. Il abordera l’exploitation des ressources de charbon et de pétrole, l’apparition de puissants groupes financiers qui souhaitent acquérir le maximum de terres, et le massacre des Aïnous, ancienne tribu locale.
    Le manga a plusieurs niveaux de lecture, autant humains que planétaires, passant par le changement, l’évolution, l’exploitation ou la destruction. Tant de sujets superbement relatés avec un seul fil conducteur : Shumari et son tempérament d’acier. Le héros, hormis la volonté de vivre tranquille, n’a pas de but précis et les situations auxquelles il est confronté ne sont là que pour dénoncer à nouveau la folie des hommes. Nous suivons le protagoniste évoluer et s’adapter à sa façon sur toute la fin du XIXe siècle au Japon. À cette époque les japonais avaient l’obligation de suivre la modernisation ou de vivre en ermite.
    Shumari est un homme entier, têtu et au grand coeur, il n’écoute que lui-même et n’abandonne jamais ce qu’il entreprend. Il montrera sa détermination en repartant régulièrement à zéro, sans jamais perdre courage. De nombreux règlements de comptes sanglants ponctuent l’œuvre, et Tezuka n’est pas tendre avec ses personnages. Ces confrontations font penser au western, ou seule la loi du plus fort compte. La condition des femmes sera aussi un thème important et malgré leur forte personnalité, elles restent soumises à leur mari. La narration est claire et l’auteur ne perd pas de temps en allant à l’essentiel. Il maîtrise les règles d’une narration dynamique et l’histoire est bien rythmée.

    Le dessin date, mais il est réalisé dans un style adulte, propre à Tezuka. Au début du récit le visage de Shumari manque de précisions, toutefois les décors sont toujours autant détaillés et beaux. Les personnages vivent et ont des traits de caractères bien à eux. Les habitués de Tezuka retrouveront le code spécifique de l’auteur.

    Tonkam a publié cette série en France. Les couvertures présentent une dorure et le livre est de bonne qualité. L’éditeur a choisi le sens européen, choix dérangeant par rapport au bras bandé de Shumari, et quelques bulles sont trop proches du centre du livre. La traduction est particulière, mais c’est certainement pour retranscrire un accent typique Japonais. L’édition reste soignée, mais certains choix de l’éditeur surprennent.

    « Shumari » est une œuvre superbe, profonde et humaniste. Elle peut se lire comme la simple histoire d’un fugitif, comme le bouleversement d’un pays tout entier, ou comme l’exploitation de la terre. Son éclat se dévoile une fois celle-ci terminée, dès que l’on retrace les aventures complètes de notre héros. De plus le récit apporte un éclairage sur l’ère Meiji, souvent peu représentée de façon historique. Du très bon Tezuka !

    9

    darkjuju - 25 avril 2015

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