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Sentaï School

par Oursonne le sam. 24 juin 2017

Un tome excellent, digne des premiers Sentaï-School ! Bien sûr il n'est pas parfait, mais il est largement à la hauteur pour combler la frustration des neuf années d'attente que les auteurs, P. Cardonna et F. Torta, et les fans (dont moi) ont dû supporter pour revoir la trogne de Ken, Hongo, Bibi, Tôa et les autres !

A titre personnel, je préfère les trois premiers tomes de la série, avec une nette préférence pour les volumes un et deux. Le quatrième, et le cinquième surtout, m'avaient un peu déçu. On partait trop dans le n'importe quoi, c'est le problème avec ce duo d'auteur : l'absurde, toujours l'absurde. Même quand on aime ça (j'aime l'humour absurde), il y a un stade à ne pas dépasser.
Je pense que toutes ces années à travailler sur d'autres projets (Serge le hamster de l'Enfer, Foot de rue, Rolqwir et Noob, scénarisé par F. Fournier, leur ont beaucoup apporté. Loin des fanfiqueurs du début, ce sont désormais des professionnels qui noircissent (et colorisent pour le premier chapitre) les pages de Sentaï School et ça se sent.
L'histoire des étudiants de la Sentaï School a muri dans leurs esprits et est ressortie plus drôle, plus décalée et pourtant plus cohérente que jamais. Les personnages sont toujours aussi attachants, en fait ils ont même gagné en charisme, je les trouve encore plus sympathiques qu'autrefois, mais peut-être est-ce lié au plaisir de retrouver de vieux amis ? Et les jeux de mots sont toujours aussi nazes. Par ces biais, on reconnaît bien la patte du duo d'auteurs. Malgré l'humour absurde rempli de clins d'oeil, il y a plus de profondeur, à la fois dans le scénario et dans les personnages, que dans les précédents opus. J'ai été étonnée de voir au milieu de ce gloubi-boulga de blagues potaches et de geekeries en tout genre, un vrai message moral et une réflexion critique sur l'univers de la BD mais aussi en partie sur la société, mais étaient-ils voulu ?
J'admire aussi la mise à profit de ces neufs longues années dans l'écriture du scénario : le monde a changé, les modes ont changé, partout les jeux, les mangas et surtout le cinéma se sont métamorphosés. P. Cardona et F. Torta ont su mettre à profit ces multiples changements. La richesse de leur culture geek est impressionnante, elle touche à l'ancien et au moderne : comment ne pas apprécier la référence au téléfilm "Ça" de S. King des années 1990 alors qu'un remake est prévu pour 2018 ? Elle est savoureuse et elle fait rire, c'est une réussite absolue !

Si quelqu'un ici n'a jamais lu les Sentaï School, c'est l'occasion. Achetez les ou empruntez-les à un ami ou dans une bibliothèque, et poursuivez votre lecture jusqu'au sixième tome. Je pense que nous sommes au début d'un nouveau cycle dans lequel les sept héros et leurs créateurs vont enfin pouvoir s'épanouir pleinement et nous montrer toute l'étendue de leurs talents d'artistes et de super-anti-héros.

En bref

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Sentaï School
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