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  • Critique Nausicaä de la Vallée du Vent T.1 par

    Je connais le film de Miyazaki depuis des années et je l’adore, mais je n’avais jamais osé franchir le cap et lire le manga. J’avoue que les dessins un peu vieillots et leur teinte sepia me refroidissait. Mais en écoutant un podcast dessus sur France Culture (lien), j’ai découvert que le manga était bien plus riche que le film et j’ai donc décidé de sauter le pas, surtout que je viens de faire de même avec Akira le mois passé et que j’ai adoré.

    Qu’est-ce que Nausicaä ? Avant d’être le film d’animation qu’on connait des studios Ghibli, c’était un manga en 7 tomes, paru dès 1982 dans le magazine Animage au Japon. On y suit les aventures la princesse Nausicaä, fille du roi Jill, qui vit dans la pacifique « vallée du vent » et a le pouvoir de communiquer avec tous les êtres vivants. Depuis la Guerre des 7 jours de Feu, il y a mille ans, la Terre est recouverte d’une immense forêt toxique habitée par des animaux et des insectes géants qui obligent les hommes à vivre reclus. Ce monde mystérieux est un frein à l’expansion des royaumes qui souhaitent élargir leur territoire et se livrent à des guerres féroces. Intriguée depuis toujours par cette forêt dont elle est la première à comprendre les vertus bénéfiques pour l’écosystème, Nausicaä décide de s’engager pour sauver le monde, incarnant ainsi le messie annoncé de longue date par les oracles.

    Nausicaä est donc une vaste fresque fantastique, presque post-apocalyptique, dans laquelle une jeune fille pacifique va devoir se battre pour faire comprendre leurs erreurs aux grands de son monde. Pour cela, Miyazaki a inventé un univers foisonnant, tout à fait crédible, où l’on sent clairement sa passion pour la nature et l’écologie. Il montre une terre qui a été dévastée par l’industrie, où une forêt qui semble toxique est en fait là pour les aider à purger ce mal, mais où des hommes qui n’ont toujours pas compris leurs erreurs passées veulent recommencer. C’est tout simplement fascinant. Il a inventé tout un univers peuplé de créatures fantastiques qui émerveillent et font frissonner à la fois. Les décors sont également entêtants et plein de mystères. Il y en a toute une variété d’ailleurs et ce dès ce premier tome : forêt, vallée, grotte souterraine, paysages désertiques, paysages aériens, etc. C’est passionnant.

    Le mangaka a également conçu toute une mythologie autour de son histoire, inventant une vraie Histoire à son monde, fait d’anciens pays ou anciennes civilisations avec leurs artéfacts encore présents à l’époque de l’héroïne. Certains sont étudiés et recherchés car source de mystère. D’autres ont été transformés pour être encore utilisé de nos jours. Ils sont également à l’origine de bien des conflits entre les différentes puissances, ce que l’ont découvre à peine ici. On sent que c’est vraiment un univers très riche et complexe où il y aura énormément de choses à découvrir.

    Dans ce premier tome, nous faisons la rencontre de l’héroïne, qui est celle qui pourra faire le lien entre ces deux univers qui s’affrontent. Elle est différente des autres, elle a des pouvoirs et une sensibilité hors du commun. Avec elle, nous découvrons également émerveillé cet univers et les créatures qui l’habitent ainsi que les différents royaumes qui se le partagent. L’histoire est légèrement différente du film d’animation et ce très rapidement. Le premier tome correspond grosso-modo à la première heure du film, que j’ai revu pour l’occasion. On sent que dans le manga, elle va prendre une toute autre ampleur et va être bien plus riche du point de vue de la mythologie. Il y a pour le moment pas mal d’éléments à assimiler, c’est donc une lecture dense mais quel bonheur de s’y immerger.

    L’élément qui m’avait freiné depuis longtemps, les dessins, ne sont en fait pas du tout un frein au plaisir qu’on prend à découvrir cette histoire. Certes, ils sont datés et le fait qu’ils ne soient pas en noir et blanc mais en marron peut perturber. Cependant, ils portent en eux une vraie poésie. Miyazaki découpe également très bien ses planches et sait jouer avec les points de vue pour rendre sa lecture plus vive ou au contraire plus calme et contemplative quand c’est nécessaire.

    La nouvelle édition de Glénat, sortie en 2009 et 2011, est vraiment plaisante. La reliure est surprenante puisqu’elle contient à l’intérieur des textes imprimés directement dessus (j’ai cru au début que les pages s’y étaient collées, mais non). La lecture est vraiment confortable grâce au grand format qui permet de voir tous les détails des dessins et ceux-ci en ont besoin tant les planches en foisonnent parfois. La traduction est agréable, fluide avec des notes discrètes quand cela est nécessaire. C’est vraiment une excellente surprise malgré le prix un peu élevé (10.95€ pour 130 pages…), cependant pour ce prix nous avons également au début un poster recto verso.

    10

    Tampopo24 - 31 octobre 2019

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