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King of Bandit Jing

par Valoulou le dim. 19 juil. 2020

C’est con, ça méritait le succès.

Bien que peu connu, King of Bandit Jing est une œuvre d’une grande qualité.

Aujourd’hui l’édition française se trouve relativement difficilement (mais à des prix relativement bas), pour cause, le manque de communication de l’époque sur la série. On était en plein boum de la bd asiatique, entre 2000 et 2008, les éditeurs rachetaient les droits de tout se qu’ils pouvaient ramasser, surtout des séries courtes d’ailleurs (le public francophone n’ayant toujours pas comprit que moins il y a de volumes, moins la série a marché au Japon et donc, moins l’achat de la franchise par l’éditeur est cher), La conséquence : un tsunami de saloperies infographiées à outrance (ça n’a pas beaucoup changé, sauf que là, en plus, c’était le début de l’infographie), et des tas de titres géniaux qui passent à la trappe pour vendre ce que le public veut,

Bref, Pika Édition (branche francophone de Kodansha), fait traduire et adapter ce merveilleux titre qui pourtant n’a pas séduit le public japonais (7 tomes ça veut tout dire). Et pourtant, qu’elle claque !!

Que ce soit sur le plan graphique ou scénaristique, King of Bandit Jing est un hymne à la BD ! Sa liberté de ton, son essence, ses découpes sont tout autant d’élément qui incite à la lecture !

Ok, ce n’est qu’une toute petite série ; ok elle n’a pas eu le développement qu’elle aurait put avoir ; ok, personne ne se souvient de ce « truc »...

Et c’est regrettable. Ça méritait un effort de l’éditeur ! Acheter des titres à que dalle et palper ça, les éditeurs savent faire en France, mais donner sa chance à des titres qui ont du potentiels, essayer de leur donner le succès qu’elles n’ont pas eu dans leurs versions originales, ça, rien à foutre ! C’est vrai après tout, pourquoi s’emmerder, ça leur à côté tellement peu cher, qu’avec à peine la moitié du premier tirage écoulé la licence était amortie. C’est d’une injustice totale !

King of Bandit Jing était pourtant loin de toutes ces petites séries à la con où un héros sans profondeurs vit dans un monde infographié à mort (quand il y a des décors (et des planches de plus de trois cases qui ne se contentent pas de gros plans horribles sur des yeux)), entouré par des lycéennes siliconées, sauvant l’Univers en trois albums, qui ne sont pas vendues dans leurs pays d’origines mais dont les ados raffolent et le commerce déborde. Car non, ce n’était pas ce genre de série.

Certes, ce n’est pas parfait. Mais l’imagination dont fait preuve l’auteur pendant plus de mille planches vaut le détour ! Rien que pour ça, ça vaut le coup !

La trame est simple, un voleur, un Univers presque qu’aussi riche que celui de Toriyama, et des histoires courtes totalement improbables et dépaysantes. Je ne vois pas comment mieux résumer l’œuvre que comme ça.

Le dessin est fou, marginal, en dehors des limites de ce qui se fait d’habitudes. Les personnages ont des proportions complètements... étranges (!), les décors sont riches, présent dans quasiment chaque case, la découpe est rythmée, rapide,  ce qui rend la lecture facile et entraînante. Un dessin comme celui-ci c’est rare, très rare (Trop rare !). L’auteur y met toutes ses tripes, ça se sent.

Et, même si la trame de fond n’est que superficiellement établie, sûrement par faute de temps, les intrigues s’enchaînent avec fluidité. Certes le héros n’a pas ce côté hyper construit et développé, mais on arrive à s’attacher à lui quand même. Et j’ai envie de dire, de toute façon, si on peut s’attacher à tous ces héros fades a souhait qui polluent les rayons des magasins, on peut forcément s’attacher à celui-là qui, dès le début se fait introduire un « back-ground » mais qui, par le manque de succès rencontré, ce voit amputé de son histoire pour des raison commerciales.

Alors oui, il y a des défauts dans cette œuvre. Les actions sont parfois un peu fouillis. On ne comprend pas toujours ce qui c’est passé, les dessins sont tellement détaillés qu’il faut prendre le temps de s’arrêter sur beaucoup de cases pour pouvoir comprendre le déroulement de certaines scènes, ok, je suis d’accord.

Mais le boulot titanesque, les heures passées par l’auteur à dessiner ses planches (Magnifiques (!), soit dit au passage), ces récits improbables qui font rêver et voyager dans un monde totalement incongru et jamais vu, font que King of Bandit Jing mérite vraiment le détour.

Aujourd’hui, pour 10 ou 15 balles n’importe qui peut se faire la série sur Amazon, c’est triste, mais peut-être que ça l’aidera à perdurer... Alors franchement, même si ce n’est pas licence du siècle, même si tout le monde n’est pas unanime dessus, que l’on aime ou que l’on aime pas, rien que pour l’hommage à l’effort fait par l’auteur pour rendre son histoire dense et riche, imaginative au possible, lisez King of Bandit Jing ! Ça vaut le détour, que vous accrochiez ou non, vous serrez surpris d’une manière ou d’une autre, sinon, je ne comprend pas pourquoi vous lisez un média graphique...

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En bref

A lire ! Que l’on aime ou pas, c’est une claque d’imagination, une claque graphique et un uppercut d’originalité !

8
King of Bandit Jing
Positif

Dessin

Génie créatif

Univers original

Chef-d’œuvre méconnu

Histoires imaginatives

Tout public

Negatif

Narration parfois brouillonne

Trame de fond interrompue

Pas de vraie fin

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