• Critique Berserk T.21 par

    Quelle tuerie ce tome, bon sang ! Miura atteint encore des sommets comme pendant l'Occultation originelle, c'est dantesque dans tous les sens du terme. On se sent vraiment plonger de plus en plus loin dans l'Enfer de Dante avec cette métaphore du fleuve Styx qui se déverse sur eux et semble tout emporter.

    Combats dantesques durant lesquels Guts fait figure de pilier immortels pourtant régulièrement malmené. J'ai été soufflé par la vague épique et dramatique de cet arc. Guts prend encore une nouvelle dimension qui nous laisse sur le carreau. Ses combats sont d'une rare violence, on y sent toute sa colère, sa haine et son désarroi mais aussi sa volonté de protéger et de s'en sortir cette fois. C'est magnifique ! J'ai passé un temps fou à admirer les pages de Miura le mettant en scène dans sa lutte. Il semble tel le nouveau Messie des Ténèbres mais des ténèbres porteuses d'espoir et de lumière.

    A côté de lui, ses compagnons figurent des apôtres d'un nouveau genre, qui luttent également sans relâche pour leur survie et tant pis pour leur foi première qui est mise à mal ici. J'ai beaucoup aimé la fougue de chacun. J'ai été soufflé par la mise en scène du mangaka permettant de passer d'un tableau à l'autre et d'un personnage à l'autre. Casca est au centre de tout, sorte de Vierge Marie bafouée et victime de toute cette folie. Autour d'elle tout le monde se bat pour la défendre et on a un très beau trio entre Puck, le petit gars et le compagnon de Luka, une alliance improbable et pourtant efficace et surprenante.

    Cela donne un dynamisme incroyable à ce tome où règne une folie ambiante lourde et pesante. Le mangaka se fait conteur macabre le temps d'une Apocalypse qui ne dit pas son nom, mais c'est pour mieux se jouer de nous et des clichés sur le bien et le mal. Tout n'est que prétexte ici pour les mettre à mal. Un anti-héros représentant des ténèbres mais symbole d'espoir qui se bat contre un prêtre transformé en ange mais vraie créature des ténèbres, pendant qu'un ancien ennemi, mal incarné, se réincarne en symbole de la beauté et de l'admiration. C'est époustouflant.

    Il y aurait encore plein de choses à dire, notamment sur Guts qui parvient enfin à sauver Casca ce qui signent des retrouvailles d'une émotion ! Sur tous les personnages a priori secondaires mais tellement importants pour leur construction qu'on rencontre ici et que j'espère bien revoir. Sur l'arrivée sur le devant de la scène du peuple des Kushans qui aura certainement un rôle à jouer. Et bien sûr sur le grand retour tant attendu de Griffith, annoncé déjà sur la couverture, et son "alliance" inattendue avec Zodd, qui interroge beaucoup. Tout ça m'a coupé le souffle au point que je ne trouve plus les mots. J'ai juste hâte de poursuivre cette épopée !

    9

    Tampopo24 - 11 mars 2020

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