• Critique Gunnm T.1 par

    C'est avec une certaine humilité plutôt bien enjouée que je découvre enfin l'oeuvre incontournable de Yukito Kishito. Gunnm fait partie de ces mangas cultes dans le genre SF dystopique et cyberpunk tout en étant un incontournable titre pour la communauté de fans. Vu sa date de première édition en France ( 1995), il doit même faire partie des fondamentaux manga lancés en France. Bref, une oeuvre culte qu'on finit inévitablement par croiser dans l'univers manga et qui a récemment donner lieu à une nouvelle horde de fans grâce à l'adaptation de Robert Rodriguez. 

    D'abord, il faut bien préciser que l'adaptation de Rodriguez n'a rien à voir avec le manga et ce dès le premier volume. Outre bien sûr  les rafistolages, les condensés, les nouvelles têtes du film, ce dernier est quand même très édulcoré par rapport au manga.

    Dès ce premier opus, Yukito Kishito impose farouchement son monde, un univers cyberpunk puant et déglingué avec un clivage entre une véritable ville -décharge du nom de Kozutetsu et Zalem la mystèrieuse cité aérienne qui évacue ses excréments sur l'écrasée Kozutetsu. La décharge donne le ton dans cette cité instable dont le mauvais traitement est en quelque sorte personnifié par l'antagoniste Makaku, figure du mal naît de l'horreur et du désespoir. Pourtant, un ange apparait comme l'annonce le titre du premier chapitre avec la (re)naissance de Gally, une belle et amnésique androîde qui se prend d'attachement pour son sauveur Ido, un énigmatique savant. Gally est un personnage très réussi qui sauve Gunnm de la noirceur. Figure guerriere, elle est celle qui va bousculer et faire bouger  les choses, notamment dans sa confrontation face à Makaku mais aussi face aux chasseurs de primes. Une personnalité douce, presque docile au tout premier abord, mais qui va vite révéler son tempérament de guerrier. 

    Cependant, dans ce premier tome, Gally est loin d'être un personnage doté d'une psychologie très forte, son amnésie, l'aura de mystère qui l'entoure en fait d'abord un personnage opaque et peu vulnérable. Par contre, on s'attache vite aux personnages secondaires comme le mystérieux Iddo dont la bienveillance semble cacher une onde de tristesse ou encore Makaku redoutable bad guy pour un début de série. 

    Des personnages fort pour un titre assez rude. Kishito-sama n'a pas peur de souligner l'ultra-violence de son univers et il le fait bien. Cette esthétisme cyber-humaine de Gunnm est juste remarquable et s'ancre parfaitement dans cette cité en ruine. Pas étonnant que ce titre soit cité en référence aux côtés d'autres univers SF dystopiques dans la lignée d'un rebelle Akira ou d'un existentiel Ghost in the Shell. Mais ce premier volume présente aussi Gunnm comme un seinen porté sur l'action. La confrontation filée avec Makaku est un exemple d'un combat frénétique, haletant et évoluant sur plusieurs étapes. De quoi offrir une dynamique suffisamment carabinée dès le tome 1 . 

    Graphiquement, le style du mangaka est un petit peu balbutiant sur certaines premières cases mais rien de dramatique d'autant plus que l'édition actuelle présente une bonne entrée en matière tout en couleurs douces. On s'attache facilement au personnage de Gally dont la beauté adoucit la violence environnante. On sent que c'est une héroïne dont l'auteur a pris soin de développer la frontière entre humanité et rage. 

    9

    MassLunar - 07 janvier 2020

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