Interview de Bengal, auteur de Luminae

Découvrez l'interview de Bengal, l'auteur de Luminae

Aujourd'hui nous vous proposons une interview de BENGAL, réalisée par Ankama, l'éditeur de Luminae, à paraître le 8 septembre 2011.

Avant de commencer, voici un rappel de l'histoire :
Luminae, dite parfois "La Sainte", dont on ignore l’origine et la destinée, vit à l’écart du monde. Elle a tout fait pour disparaître. Parce qu’elle est détentrice universelle de toute magie, nombreux sont ceux qui la convoitent : royaumes entiers, seigneurs isolés, créatures magiques, mages avides… Et la plus dangereuse d’entre tous : Doctrine, l’essence même du Mal… Protégée par ses Dames, six femmes dévouées qui l’accompagnent dans son voyage, Luminae doit se déplacer sans répit pour ne jamais être rattrapée. Car si Doctrine prend possession de son âme, elle détruira le monde…

Tu as toujours travaillé avec Jean-David Morvan. Luminae est ta première BD en solo : scénario, dessins, couleurs…tu as tout fait seul. Pourquoi cette volonté ?

L’idée, après Naja, était de pouvoir mener en même temps deux séries, ou en tout cas d’essayer. Je souhaitais travailler avec JD sur un nouveau projet, au rythme qui lui conviendrait, et en parallèle sur un univers totalement différent dont j’aurais entièrement les commandes, pour pouvoir le mener à mon rythme. On ne savait pas trop comment les emplois du temps de chacun tourneraient après Naja, donc j’ai attaqué Luminae directement, vu que le projet était écrit et prêt, et j’ai fait quelques pages d’essais pour le scenario de JD sur notre prochain projet commun.
Je voulais aussi voir, en bossant seul sur une nouvelle série, si je saurais, à mon tour, retranscrire ce que j’ai appris en travaillant avec un bon scénariste, tout en ajoutant mes propres idées de narration et en profitant d’une pagination différente. Je ne sais pas encore très bien si j’ai réussi ce que je voulais faire, mais quand j’aurai un peu de recul sur le début de Luminae, j’essaierai de continuer à affiner et adapter au mieux mes envies narratives plutôt manga, au format dont je dispose !

Notre ami JD Morvan ne t’a pas trop manqué ? Lui as-tu demandé conseil parfois pour la trame scénaristique ?

JD a eu l’occasion de lire mon synopsis et mes propositions de mise en page avant que je n’entame le projet proprement
dit. Il m’a aussi aidé à le proposer à Ankama ; je discute en général toujours de mes idées avec lui, vu qu’en plus d’être
mon scénariste, c’est aussi mon ami ! A part ça, après un tome de fait, ça ne m’a pas trop manqué de ne pas avoir de scénariste. Tout d’abord parce que JD est un partenaire peu contraignant et plutôt ouvert (je n’ai donc jamais ressenti de pression du scénario dans nos projets passés), mais également parce que j’avais préparé tout mon scénario pour les deux premiers tomes de Luminae dès le départ, vu qu’il s’agit d’une histoire complète. Pendant que j’ai dessiné les 72 pages, ça a filé tout seul. Je n’avais vraiment plus qu’à dessiner, avec très peu de changements par rapport à mon script. Je me suis en somme donné plus ou moins le même confort de travail que JD me donnait avant !



Comment as-tu appréhendé la conception du scénario ?


Dès le départ, pour Luminae, et avant même de le proposer chez Ankama (ou qui que ce soit, d’ailleurs), je voulais absolument avoir une plus grosse pagination pour faire respirer un peu ma narration. Est-ce un bien ou un mal, je ne sais pas, mais je lis tellement de mangas que mes intentions narratives en sont imprégnées, et je me suis toujours senti un peu à l’étroit dans les 46 pages, bien que JD ait su agencer avec pas mal de bon sens une narration comme on aime dans un petit format. Mais c’est dur de se permettre, sur 46 pages, de grandes cases pleine page ou en double page ! Je visais donc à m’essayer au 54 pages. Finalement, après avoir eu l’opinion de JD ainsi que de Tot (fondateur d’Ankama) lorsque j’ai présenté Luminae, il m’a semblé que 72 pages seraient impeccables pour y mettre les aventures de mes héroines. Une fois le format décidé, j’ai écrit un séquencier qui tienne sur 144 pages. ça a été facile, je me suis donc senti rassuré et prêt à m’y attaquer.

Le personnage de Luminae est assez énigmatique, allons-nousen apprendre plus sur elle ?

Hmmm... Difficile d’en dire peu sans en dire déjà trop, vu que la série commence tout juste. En tout cas, le postulat de départ est d’amener le lecteur à voir Luminae comme une entité peu active, mystérieuse et unique, alors que je prévois de la faire s’éveiller et agir, lentement, à mesure que les situations l’y forceront. Je veux également laisser croire que Luminae n’a comme ennemi éternel que le Mal Absolu, mais comme il est écrit au dos du livre, il n’est pas dit que ce soit vrai !
J’ai déjà plusieurs idées pour les tenants et aboutissants des entités étranges telles que Luminae dans le monde et je sais déjà ce qui se passerait si le Mal mettait la main sur Luminae - et je ne l’ai dit à personne, bien entendu, je garde le mystère entier. Maintenant, d’ici à ce que ça arrive (si ça arrive !), on aura l’occasion d’en apprendre plus sur Luminae elle-même : les légendes qui courent sur elle parmi les mortels d’une part, et les vérités à son propos d’autre part, à l’occasion de rencontres avec des créatures tout aussi mystérieuses !



Quelles sont tes méthodes de travail pour le dessin ?
Je travaille de la même manière depuis Meka : je dessine au critérium sur du papier blanc lisse. Si la qualité de la mine de critérium m’importe peu, la qualité du papier est primordiale, donc je ne dessine que sur un type de papier. Avant, j’utilisais du Schoellershammer 4G, mais il devenait difficile d’en trouver.
J’ai trouvé depuis un papier que je préfère, des feuilles à manga de chez Muse.
Une fois le dessin fait (je n’encre pas, je ne suis pas doué pour ça, je perds toute la vie de mon dessin à l’encrage, hélas), je scanne, je renforce les noirs, je nettoie les blancs et je passe à la couleur, principalement sous painter 11, avec un peu de boulot sous Photoshop CS5 pour les « effets spéciaux et lumineux » ainsi que pour le lettrage.

Quelles sont tes sources d’inspiration ?
Je dirais, un peu tout ce à quoi je m’intéresse au moment où je m’y intéresse. J’ai pas mal joué à World of Warcraft, ça a dû peser dans mon envie de faire du medieval fantastic. L’habitant de l’infini est également une de mes séries préférées de tous les temps, je pense que ces combats au sabre, ces chevaux, ces tuniques impeccables ont pu me motiver à vouloir en faire ! Niveau mise en scène, je lis des tonnes de mangas de tous genres (shonen et seinen principalement) et c’est évident que ça a toujours inspiré ma narration.




Tu nous a mis en haleine avec ce tome 1, à quand le tome 2 ?
Ca arrivera vite, j’en suis déjà environ à un tiers du tome 2 et j’ai hâte de pouvoir proposer la fin de la première aventure aux lecteurs. De plus, la fin de l’histoire marque le vrai début de la série, après avoir donné aux lecteurs les tenants et aboutissants du monde et présenté les protagonistes principaux. J’espère que j’aurai su donner l’envie de suivre nos héroïnes quand les deux tomes seront sortis ! J’espère aussi pouvoir entendre des lecteurs ce à quoi ils s’attendent, ce qu’ils aimeraient voir dans la série, ce qu’ils n’aiment pas également, de manière à faire évoluer les aventures dans la bonne direction à partir du tome 3 ! Nous te laissons donc retourner à la réalisation du tome 2.

Merci.
Merci à vous.

Publiée le 30.08.2011 13:37:00