Scantrad : Kazé va lancer une campagne de communication

L'éditeur a décidé d'agir pour contrer le scantrad et ça passera par de la communication plutôt que de la répression.

En France, les éditeurs de manga sont plutôt discrets sur la question du scantrad. Un état des choses qui va changer avec la grande campagne de communication que Kazé s'apprête à lancer.

Le site ActuaLitté a pu discuter avec Raphaël Pennes, le directeur éditorial de Kazé Manga, à ce sujet. L'éditeur a expliqué qu'il comptait faire dans la pédagogie plutôt que dans la répression : « Les internautes qui mettent en ligne, de même que ceux qui consomment le font aujourd'hui sans ne même plus savoir si c'est bien ou mal. Dans cette optique, nous allons lancer une campagne de communication ».

On constate donc que Kazé dispose d'une certaine marge de manoeuvre en la matière puisque l'éditeur ne s'est pas vu imposer par ses sociétés mères (le groupe Shueisha et Shogakukan) d'intégrer la Digital Comic Association. Et se retrouve donc libre de tester sa propre méthode.

Concrétement Kazé va prendre le total contre-pied des messages qui apparaissent généralement sur les DVD où l'on accable le consommateur en lui disant que pirater c'est voler. Et qu'il a plutôt intérêt à ne pas diffuser l'oeuvre du DVD sur le net. À partir du mois de juin, on verra fleurir sur les manga Kazé des messages de remerciements « à destination de tous les acteurs de la chaîne. Que ce soit l'auteur, le libraire, ou les lecteurs, tous seront remerciés. Quant à ces derniers, il faut les remercier de nous soutenir, en ayant acheté ce livre, plutôt qu'en le téléchargeant ou en le regardant sur le net ».

L'éditeur entend aussi contacter les sites de scantrad (qu'il s'agisse de sites de team ou de sites agrégateurs de scantrad) pour leur indiquer qu'ils sont dans l'illégalité et « les avertir que leurs pratiques sont destructrices ». Raphaël Pennes a ajouté : « Notre politique est d'abord d'informer. Ensuite, on montera en puissance ». Cela dit, l'éditeur ne souhaite pas créer un « Hadopi du manga ». Il a indiqué : « Aujourd'hui, nous sommes très conscients des pratiques sur internet et l'on ne pourra pas enrayer ces consommations. Nous souhaitons juste redéfinir et fixer des limites ».

Enfin, Kazé communiquera aussi par le biais d'un site internet dédié, d'une page Facebook et de bandeaux publicitaires. Et l'éditeur envisage de devoir mettre de telles campagnes en place deux à trois fois par an. « Nous en appellerons avant tout à la passion des fans : si vous continuez à pirater, plutôt qu'à acheter, il n'y aura bientôt plus rien à pirater. C'est une relation de confiance qu'il faut établir ».

Publiée le 26.04.2011 09:18:00