Critique Love Baka 1

La reprise des cours vous déprime,  dire adieu à toutes ces divines grasses matinées, ces après midi passées à flâner en mode off, affalé tel un morphal dans le divan à mater des séries, ces soirées passées à se marrer entre potes jusqu'à pas d'heure... De quoi avoir le moral dans les chaussettes mais pas de panique, Kurokawa a trouvé la solution pour vous remonter le moral en moins de deux grâce à la parution de sa toute nouvelle comédie romantique aussi pétillante que farfelue qui ne manquera pas de vous arracher quelques fou rire. Bon pour ma part, j'ai passé l'âge de retourner sur les bancs de l'école mais cela ne m'a pas empêchée de me précipiter sur le titre en toute bonne fan de vrais bons récits comiques avec une héroïne bien siphonnée du bulbe comme j'en raffole tant. La série est signée Shushushu Sakurai, une artiste prolifique depuis les années 2000 versant aussi bien dans le shojo que dans le boy's love. Bouclée en trois volumes, la série fut publiée dans le magazine Aria  ( Alice in murderland, pure blood boyfriend,...) de Kodansha et devrait si on en croit l'éditeur nous proposer une intrigue drôle, impertinente et originale dans laquelle on pourra suivre une jeune femme à mi chemin entre Bridget Jones et une amazone à travers ses déboires de mangaka dans un milieu éditorial bien souvent sans pitié. L'idée est de nous permettre d'en savoir plus sur les coulisses du milieu de l'édition et du travail d'une mangaka en accentuant le récit sur les relations qui se nouent entre les différents acteurs. Alors bonne ou mauvaise surprise ?

« Il faut que j’arrange ce bon vieux survêtement vert… on a vécu tellement de choses ensemble. Il doit bien y avoir moyen de lui donner un peu de style ! »

Incapable de tenir un planning ou de produire une histoire digne d’intérêt, Suzu Sakura est une mangaka dont la carrière peine à décoller. Sa vie va changer quand elle se voit affecter un nouveau responsable éditorial : séduisant et attentif, il a tout pour plaire… du moins le croyait-elle. Car sous ses apparences de gendre idéal se cache un terrible manipulateur. Entre ses mains, les mangas de Suzu vont-ils enfin connaître le succès ?

« Warning ! Comédie à mourir de rire ! »

Dans sa postface, l’auteure nous apprend qu’elle s’est appliquée à partager avec nous ses expériences de jeune mangaka par le prisme des relations qu’elle a nouées avec ses responsables éditoriaux du magazine Aria. C’est ce partage d’expérience généreux basé sur des situations réellement vécues par la jeune femme qui fait véritablement le charme de la série. On sent bien qu’il existe un fond de vérité permettant à ce premier tome de sonner vrai et surtout de ne pas faire du surplace malgré une grosse dose d’humour déjanté et un running gag assez présent concernant la personnalité échevelée de son héroïne. Autrement dit, toutes les situations décrites ont certes une portée humoristique terriblement drôle puisant sa force dans un comique de situation bien exploité mais se veulent également réalistes notamment au niveau de l'évolution des personnages et de leurs relations qui viendront donner corps au récit.

Ainsi, un des premiers éléments qui nous est particulièrement agréable réside dans le fait qu'on ne restera pas toujours sur les mêmes délires avec des personnages qui se cantonnent à leur rôle de départ, il y aura tout de même une vraie histoire développée pour la plupart d'entre eux et surtout concernant notre petit duo phare.

Parlons-en de ce duo, notre jeune héroïne fera une entrée fracassante dans nos esprits nous laissant une première impression totalement déjantée et assez lamentable. Elle est dotée d'une personnalité hors du commun qui plaira sans souci aux adeptes des bonnes comédies. En effet, dès le départ on sent qu'il lui manque de nombreuses cases et qu'elle réside presque en permanence sur la planète Sakura redescendant à de rares occasions sur terre. Bref, on comprend très vite qu'on a affaire à un sacré numéro voir même un électron libre qu’il sera bien difficile de maîtriser et de lui faire respecter un minimum de règles.

Ce n'est vraiment pas de bol pour son nouveau responsable éditorial qui suite à de fâcheuses circonstances s'est vu affecté à une nouvelle ligne éditoriale qui n'a strictement rien avoir avec ce qu'il faisait jusqu'à présent. Entre le seinen, lecture pour adulte et le shojo, lecture pour jeunes adolescentes,  il y a tout un monde. Si la première impression de notre héroïne très nature est la bonne, celle qu'on aura du jeune homme sera complètement fausse. Sans oublier que la rencontre entre ces deux là est juste à mourir de rire puisque Sakura essaiera par tous les moyens même les plus énigmatiques de paraître sous son meilleur jour, chose relevant de la mission impossible, donnant déjà lieu à de très bonnes scènes délirantes. Ajoutez à cela, le volte-face du responsable qui cache très bien son jeu et vous aurez déjà pas mal de bonnes surprises durant le premier chapitre.

Commence alors entre eux une relation assez compliquée l'une pensant qu'elle a un ticket et l’autre totalement découragé de devoir coacher une telle écervelée. Leurs personnalités respectives donnent alors naissance à des interactions totalement déjantées entre une Sakura n’imprimant pas grand-chose et un responsable perdant très vite patience ne réussissant pas trop à garder pour lui ce qu’il pense réellement. Là encore, il y a présence d’un running gag mais il est suffisamment drôle pour ne pas nous lasser.

L’un des autres éléments réellement appréciable réside dans le fait que l’auteure ne se cramponnera pas à une seule situation et donc à un seul délire puisque, comme dit un peu plus haut, cette dernière fera évoluer leur relation et surtout le ressenti du responsable sur sa petite protégée. En effet, il ne restera pas bloquer sur une impression négative mais prendra peu à peu plaisir à seconder Sakura dans son travail de mangaka. Une envie qu’on ressent très nettement dans les derniers chapitres, on assiste alors à la naissance d’une belle complicité.

Durant l’entièreté de ce premier volume et par delà les très nombreux gags, l’auteure nous donne également l’occasion d’en découvrir un peu plus sur le milieu de l’édition et plus précisément sur la façon dont un responsable s’occupe d’une mangaka.  On n’assiste pas au processus de création d’un manga pas à pas mais en voit suffisamment les grandes lignes pour être intéressé par ce qu’on découvre au fil des pages tel que la prise d’un assistant, le fait qu’une mangaka devienne elle-même assistante pour acquérir de l’expérience, la rencontre avec un artiste pour le design de la couverture, etc.

Enfin, l’apparition d’un nouveau personnage pourrait bien annoncer de grands changements et nous rend alors très curieux de lire la suite qu’on espère aussi délirante que cette première incursion.

Graphiquement parlant, le trait dynamique et très expressif de la mangaka fait des merveilles. On reste bien sûr sur des dessins typé très shojo mais on sent que cette dernière prend son pied que ce soit dans la mise en scène très énergique dotée de très bonnes idées pour rendre les situations cocasses encore plus drôles ou les multiples expressions faciales des personnages qui nous permettent de ressentir pleinement leur sentiment ou encore de rentrer totalement dans leurs délires et donc on prend encore plus de plaisir à la lecture !

Quant à l’éditeur, Kurokawa nous fournit un travail de réelle qualité grâce à une édition soignée et à la présence de tous un tas de petits bonus permettant aux lectrices de prendre encore plus de plaisir à suivre l’aventure Love Baka. Des pages en couleur, la postface de l’auteure, un extrait du premier tome sur la quatrième de couverture et un autre concernant la suite en fin de tome et bien sûr n’oubliez surtout de soulever la couverture vous manqueriez une mini BD abracadabrante. 

8
Ainsi toutes ces petites découvertes combinées au pouvoir comique des délires de l’auteure qui font mouche à chaque fois, le caractère hyper frais de l’héroïne qui nous montrera autant de nouvelles facettes que son responsable sans oublier une panoplie de personnages secondaires qui ajoute tous leurs petits grains de sel venant de temps en temps compliquer encore un peu plus la situation, une réelle évolution par rapport à celle de départ, quelques rebondissement permettant à l’intrigue d’éviter le piège du surplace et vous obtenez une lecture divertissante à souhait et globalement très bien foutue. Après lecture du premier tome, on constate donc le sourire aux lèvres qu'il n'y a pas erreur sur la marchandise et que la bonne humeur de l'héroïne aura déteint sur nous toute la journée. Très bonne surprise !

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par snoopy

Lectrice assidue et dévoreuse de mangas à plein temps. Collectionneuse dans l'âme, jamais rassasiée au grand désespoir de mes proches.

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