Critique Street fighting cat 1

J’aime les chats, j’ai même eu un chat enfant. Un chat de gouttière qui faisait que des bêtises. J’adore les vidéos avec des chats, ou lire des histoires mettant en scène des chats. Aussi, il semblait logique que Street Fighting Cat, le dernier titre sorti chez Doki-Doki finisse entre mes mains. Pourtant, je ne vous cache pas que la couverture ne m’attirait pas, mais le synopsis avait l’air si barré que je me suis laissée tenter. Mal m’en a pris. Cette lecture, même en vacances a été loooooongue et douloureuse.  Pourquoi ? plusieurs raisons mais si je devais résumer simplement mon ressenti, je dirais que j’ai pris en pleine face un mauvais trip de chats obèses qui passent leur temps à s’bastonner. Et je n’exagère pas.


La baston dans un manga a du bon. Cela amène du rythme, de l’action, une montée d’adrénaline, une impatience qui excite le lecteur et fait qu’il tourne les pages sans les compter. Ici, c’est plus… soporifique. Carrément barbant en fait. Parce qu’à aucun moment y’a du répit et que jamais on trouve une raison valable pour justifier toute cette violence qui brûle sur nos rétines. Même au second degré j’ai pas compris le délire dans lequel l'auteur voulait nous embarquer.


L’histoire (enfin l’histoire c’est vite dit) met en scène Hige, un chat rondouillard avec une tache sous la truffe qui lui confère un air hitlérien. Particulièrement exaspérant avec cela. Dès le début, il se fait mettre à sang par d’autres chats (eux aussi recouverts d’une bonne couche de gras). On a un peu pitié de voir qu’il est le souffre-douleur de tout le quartier, sauf qu’on apprend très vite qu’Hige a peut-être mérité quelques raclées. Quand on trahit un ami ou pire qu’on le laisse mourir sous prétexte seul qu’on a peur de se prendre un mauvais coup, ça n’inspire pas le respect, ni la confiance et encore moins la sympathie. Hige est un lâche, un trouillard comme on en voit rarement. Tous les jours, il ment pour sauver sa peau, constamment il fuit la queue entre les jambes, et le pire c’est qu’il le sait. Il dit qu’il va changer mais rien y fait, il continue de courir. Enfin, il n’est pas bon coureur puisqu’il se fait vite rattraper et tabasser. Un chat le rencontre et paf, il se fait rétamer. Honnêtement, j’ai été surprise et pas très à l’aise que ce manga d’abord innocent puisse mettre en scène une violence si extrême. Cela n’arrête pas. Hige ou les autres, il n’y a pas une page qui ne soit souillée d’une tache de sang. Personnellement je trouve ça lourd. D’autant que cela n’apporte rien.


Apparemment, le but des chats de la rue, c’est de devenir le chef mais pour être le chef, faut trucider d’autres chats. Il y a une hiérarchie, il y a des règles. Hige, qui est tout en bas de l’échelle sociale des chats prie pour un miracle qui fera de lui un prochain roi, tout en pleurant sans cesse sur son sort. Heureux pour lui, le miracle ne tarde pas à se présenter. Enfin à tomber du ciel. Un énooooooorme chat (je vous ai dit que c’était l’hymne à l’obésité des chats) qui doit peser plus lourd qu’un gosse de cinq ans. Un soir sans aucune explication ou préambule, celui-ci débarque de nulle part et parce qu’il a un peu temps à tuer, il met à terre tous les matous qui s’en prenaient à Hige, avant de s’évaporer. Ce dernier y voit le signe tant espéré et décide sur un caprice de tenter sa chance à ses côtés. A ce moment-là, on se dit qu’enfin un scénario va se former, qu’un fil rouge va poindre le bout de son nez, qu’enfin l’auteur va nous emmener quelque part, mais pas du tout. Dès la page suivante, Hige se fait de nouveau laminer, juste pour le plaisir de son créateur apparemment. Un chat c’est intelligent en temps normal, mais dans ce livre, on dirait qu’on a implanté dans leur cerveau une Alarme « Fight » qui se déclenche dès qu’apparaît un autre chat. Et le fait qu’ils aient tous la particularité de se mouvoir sur deux pattes ne rend pas tout cela moins redondant.


Un autre point qui m’a ennuyé, ce sont les dialogues. Ils sont nombreux, très nombreux, il y a vraiment de quoi lire et d’habitude j’adore ça. Sauf qu’ici, cela vole très bas, toujours autour du combat ou des lamentations exaspérantes d’Hige. C’est très imité et finalement l’histoire n’avance pas. Je me suis forcée à aller jusqu’au bout, avec plusieurs fois l’envie d’abandonner. Je voulais comprendre où l’auteur voulait en venir mais tandis que j’écris ces lignes, je ne sais toujours pas.


De même que j’ai du mal à comprendre pourquoi tous les chats ici ont une circonférence avoisinant celle de la lune. J’veux dire… ce sont des chats de gouttière, des chats livrés à eux-mêmes dans un milieu hostile où la nourriture ne pousse pas sous le sabot d’un cheval, alors pourquoi sont-ils si gros ? A moins d’avoir un être humain sympa pour leur donner quotidiennement la béquée, les repas doivent être irréguliers et plutôt maigres en quantité si l’on tient compte du nombre important de chats qui errent dans le quartier. Pourtant, pas un seul chat ne semble physiquement affamé ou restreint. Même Hige, qui je le rappelle est le dernier des pestiférés et qui avoue mourir de faim se porte bien, trop bien. Les chefs sont obèses, presque difformes, personnellement cela m’a gêné. Je rencontre souvent des chats errants, alors je sais qu’ils ne ressemblent pas à cela. A moins qu’au japon les poubelles soient aussi garnies qu’une carte de restaurant, je ne vois pas comment c’est possible. Bon, c’est peut-être moi qui fait une fixette mais j’ai besoin de crédit pour croire à quelque chose et comme ici l’auteur semble placer ses personnages dans notre monde, je n’ai pas pu m’empêcher de faire des comparaisons.


Peut-être aurais-je fait abstraction si j’avais été captivée par l’histoire ou si j’avais sympathisé pour un ou deux chats mais comme ce n’est pas le cas, je bloque. Cela m’embête de ne trouver que des défauts à ce titre, surtout que l’auteur nous explique les galères cumulées pour faire ce qui lui plaît, mais quand ça veut pas, ça veut pas. J’ignore même si je vais avoir le courage d’entamer le tome 2 quand j’ai eu tant de misère à finir le premier. Vous l’aurez compris je n’ai pas aimé et je ne le conseille à personne. Encore moins à des enfants, la violence gratuite peut passer quand cela ne dure qu’un chapitre ou deux mais quand il n’y a que cela, je désapprouve.

2
Un premier tome très lourd, très lent, très violent. Des chats obèses qui se frittent, qui se battent et qui ne vivent que pour cela. Un héros, si on peut appeler cela, tête à claques, qui pleure et braille parce que lâche et traître. Un scénario inexistant, un style très discutable, je n’ai pris aucun plaisir durant ma lecture. Même pas un peu d’humour pour nuancer et atténuer les coups qui tombent à foison. Certes, c’est WTF, mais pas dans le bon sens du terme. Oh si ! le titre sied à merveille et résume bien : Street Fighting Cat, c’est cela et que cela. Peut-être que pour une fois j’aurais dû m’en tenir qu’à la couverture et passer mon chemin.

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par DéesseVonKiki

Gardant continuellement l'esprit ouvert, je n'exclue aucun genre si ce n'est peut-être le genre guimauve ou Arlequin. J'aime cependant ce qui est différent, ce qui surprend. Rêveuse dans l'âme et aventurière chevronnée avec une manette en main, ma table de chevet se couvre de mangas, de romans, de cd's et d'une feuille de papier. Et bien souvent aussi d'un biscuit accompagné d'un thé car lire c'est certes bien mais avec confort et gourmandise c'est juste parfait.

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2 commentaires

Avatar de DéesseVonKiki

Oui je sais que beaucoup sur MS attendaient ce titre avec curiosité, c'est dommage. Et pardon doki-doki, ils vont finir par croire que je les aime pas alors que pas du tout.

Avatar de Ksndr

C'est vrai que la couverture donne envie, mais après avoir lu ta critique...Aïe ! Merci en tout cas.