Critique Hearty 1

Bénéficiant d’une sortie simultanée de deux de ses titres en ce printemps 2017, le hasard fait ainsi bien les choses pour Yûko Yoshida qui se voit offrir la chance d’être découverte par un plus grand nombre de lectrices. Ainsi celles qui possèdent l’abonnement IDP ont déjà pu la découvrir avec The Dream Land et qui sait seront peut être tentées de prendre par la suite Hearty paru chez Taifu Comics.  Publié au Japon en 2014-2015 dans le magazine ihr HertZ (Labradorescence, the return of the prince,…), ce one-shot devrait nous offrir, selon l'éditeur, une romance touchante avec pour thématique centrale « l’innocence de la jeunesse parviendra-t-elle à révéler la véritable nature de l’homme qui se cache derrière des années de tromperies ? » au cœur du récit. Avec une accroche aussi séduisante, on ne peut qu’être désireux de voir ce que le titre a à nous offrir sans plus tarder. Bonne ou mauvaise surprise ?

 « Quand on s’entend dire qu’on nous déteste, c’est humain d’avoir envie qu’on nous aime. »

Le mensonge... C’est de cette façon qu’Honma, un jeune salaryman gay, se rapproche des personnes qui l’entourent. Ce moyen lui permet de faire face à n’importe quelle situation et d’enchaîner les histoires sans lendemain. Un jour, lors d’une réunion de groupe universitaire, il fait la connaissance d’un étudiant du nom d’Ikai. Attiré par son air timide et innocent, Honma décide de mettre à profit ses talents de menteur pour se rapprocher du jeune homme et le mettre dans son lit. Suspicieux, Ikai laisse un mois à ce dernier pour lui montrer que ses sentiments sont sincères. Notre salaryman se laissera-t-il prendre à son propre jeu ?

« Le récit doux de deux âmes perdues, de deux contraires qui s’attirent »

Dans le mot hearty, on retrouve heart qui signifie le cœur. Un titre qui reflète bien la volonté de l’auteure de nous livrer ce que ressentent ses deux personnages au plus profond d’eux même tout au long de cet épisode de leur vie. On fait ainsi très vite connaissance de deux hommes qui à première vue n’ont rien en commun, Honma nous apparait très adulte, à l’aise au sein d’un groupe, charmeur et surtout expert en boniment en tout genre tandis qu’Ikai est l’essence même d’un jeune homme introverti, calme, sérieux et innocent mais pas pour autant naïf. Une dualité qui nous apparait d’emblée intéressante, la franchise d’Ikai et le fait qu’il ait très vite percé à jour les mensonges d’Honma qui ment comme il respire pour paraître bien en société va taper dans l’œil de ce dernier. On est ainsi très vite pris par l’intrigue amoureuse proposée par Yuko Yoshida puisque d’un côté on sera impatient de voir comment Honma s’y prendra pour parvenir à ses fins et de l’autre si Ikai va se laisser duper.

Au départ on suit l’histoire du point de vue de Honma, on appréciera réellement la narration introspective qui nous permet de cerner au mieux le double jeu de ce personnage qui sans cette dernière pourrait nous apparaitre sincère. Il faut reconnaitre que c’est assez captivant de le voir à l’œuvre, il a l’expérience pour lui et sait très bien s’y prendre pour manipuler les autres. Même si Ikai se laisse peu à peu séduire, il lui faudra très longtemps avant de lui accorder sa confiance et Honma verra sa sincérité très souvent remise en cause. L’évolution de leur relation va donc se faire de façon très lente et très douce surtout à partir du moment où chacun va se mettre à changer au rythme de leurs sorties. On adoptera ensuite le point de vue de Ikai, ce qui est encore une fois une très bonne chose puisqu’il est tellement calme voir impassible qu’on éprouve quelque difficultés à déterminer ce qu’il pense réellement de Honma. On le voit alors s’ouvrir peu à peu à l’amour, un spectacle assez joli à voir d’ailleurs, lorsqu’il remarquera les petits changements qui s’opèrent en son partenaire. Une désillusion suivie d’une bonne leçon et de quelques scènes d’amour bien agréables viendront clore une romance à l’évolution émouvante, presque poétique, de deux jeunes gens qui se sont trouvés et vont désormais de l’avant côte à côte.

« Une jolie lecture certes mais souffrant d’un big bémol »

Vous l’aurez compris, ce titre m’a séduit de par plusieurs de ses aspects que ce soit la dualité intéressante des personnalités, le doux et lent apprentissage de l’amour vu par l’auteure de façon très plaisante ou encore la narration introspective immersive. Cependant et comme indiqué plus haut, ma première lecture fut des plus mitigées à cause d’un très mauvais positionnement des bulles. Habituellement, elles sont positionnées à côté du personnage qui parle ou alors il y a une sorte de petite pointe qui nous indique qui prend la parole. Ici, ce n’était pas le cas et je peux vous dire que ce fut laborieux de comprendre le récit lors de la première lecture. En effet, il m’est arrivé plus d’une fois de revenir en arrière car j’avais totalement perdu le fil de l’histoire. C’est vraiment très fâcheux ! A tel point qu’il m’a fallu relire le titre dans son entièreté pour écrire ma chronique, je pense ne pas avoir été la seule à ressentir cette gêne puisque Niwo l’a également exprimé dans la sienne. C’est tellement dommage, le titre possède un réel charme et l’immersion en prend un sacré coup. Si ce titre vous a laissé une impression en demi-teinte peut être une seconde lecture vous permettra d’y voir plus clair et donc d’y prendre plus de plaisir, ce fut mon cas.       

D’un point de vue graphique, mon ressenti ne fut pas non plus terrible au premier abord. On est bien loin du trait qui me fait vibrer (Rihito Takarai, Kanna Kii ou Natsuki Kizu), les têtes en forme d’œuf et des yeux trop grands ne sont pas du plus bel effet. Cela dit, tout ceci est très subjectif. Une fois emportée par le récit,  je lui ai tout de même trouvé un certain charme notamment au niveau de l’expressivité des personnages qui dégagent une certaine douceur voir même mélancolie. Concernant le travail de l’éditeur, j’imagine qu’ils n’y sont pour rien concernant le positionnement de ces satanées bulles et donc on ne peut pas leur jeter la pierre. Rien à redire, sinon.

7
Si on oublie le bémol dont il souffre, Yuko Yoshida nous sert un très joli récit narrant l’évolution d’une relation ambiguë mais émouvante de deux hommes que pourtant tout opposait au départ. L’envie d’être aimé permettra à ces derniers de s’émanciper de leurs peurs et de marcher main dans la main sur la route du bonheur. Si vous êtes en quête de romance douce et sensible, Hearty pourrait bien vous plaire ! Par contre, je vous conseille de le relire pour une meilleure immersion.

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par snoopy

Lectrice assidue et dévoreuse de mangas à plein temps. Collectionneuse dans l'âme, jamais rassasiée au grand désespoir de mes proches.

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