Critique Dragon Ball Super 2

Après la déception du premier tome, principalement causée par une introduction-slash-récapitulatif hachée aux ellipses trop fréquentes, ce tome 2 de Dragon Ball Super reprend la trame du vrai premier arc narratif de la série, celle du championnat organisé entre les univers jumeaux n°6 et n°7, et adopte à partir de maintenant un rythme bien plus régulier et propice à la bonne compréhension de l’action.


Cela n’empêchera toutefois pas ce tournoi de ne pas marquer les annales tant les affrontements le composant manquent tour à tour de véritables enjeux, de sérieux et d’intensité. Si Dragon Ball était reconnu pour ses combats d’anthologies, force est de constater qu’il ne suffit pas d’en produire une nouvelle fournée pour donner à sa suite l’aura de l’original. Comme l’on pouvait se douter Frost n’aura jamais le charisme de son double Freezer, Piccolo n’avait rien à faire dans cette équipe représentante de l’univers (par ailleurs fortement souligné par l’auteur lui-même) et nos guerriers Saiyan préférés ne feront guère plus qu’étaler grossièrement leur puissance. Même le duel entre Son Goku et Hit, le champion de l’univers 6, manquera globalement d’envergure. Ce pari entre les Dieux de la Destruction se révèle finalement plus anti-climatique qu’autre chose et se conclue de façon plus qu’anecdotique… nous laissant songeur quant à son utilité narrative si ce n’est réintroduire la thématique du voyage dans le temps.


Car en effet, de retour sur Terre, une nouvelle menace venant du futur plane. L’occasion pour le duo d’auteurs de faire revenir le Trunks de cette époque et accessoirement, l’un des personnages les plus appréciés de la série d’origine. Moi qui attends toujours à ce stade que DBSuper prenne son envol, la suite qui s’annonce est donc déjà plus attrayante que tout le reste. Pourtant, si ce qui est développé dans la timeline parallèle est prometteur et change de ton, ma lecture reste pour le moment entachée par des problèmes d’écriture, que je trouve maladroite. Je passerai sous silence l’utilisation des termes « red », « blue », « black » qui trahisse un gros manque d’inspiration et font penser à une mauvaise œuvre de fan-fiction. Mise à part ça, le rythme est notamment cassé par les événements du « présent », insérés de manière extrêmement poussive afin de livrer des explications formelles dont la plus-value est au mieux minime et au pire, dispensables, à l’image de cette nouvelle référence au film Resurrection of F qui, je le rappelle, n’a pas traité dans la version papier.


Une tendance au remplissage, en somme, également constatée dans le dernier chapitre du tome, qui se focalise sur un énième affrontement sans aucune valeur scénaristique relevant davantage du fan service assumé, au détriment d’un semblant de réflexion sur le plan d’action à adopter pour sauver le futur. Ce qui m’amène à un élément qui sera, je l’espère, repris et corrigé pour les prochains chapitres, à savoir les caractères respectivement naïf-impulsif et bougon de Son Goku et Vegeta, donnant l’impression d’avoir à faire à des personnages caricaturaux et unidimensionnels. De mémoire, si ces traits de caractères n’avaient jamais disparus, l’on ressentait tout de même une forme de maturité accumulée par les épreuves, à la fin de la première série… Ou bien, j'idéalise cette dernière.


Visuellement, je reste plus ou moins sur ma première impression. On reconnait facilement l’influence de Toriyama même s’il demeure une bonne marge d’amélioration. Le dessin de Toyotaro ne m’est, en tout cas, pas aussi dérangeant que son découpage qui me donne, régulièrement, une impression de page surchargée. Les points de vue étant nombreux et le jeu de perspectives, pas toujours maitrisé, essentiellement en ce qui concerne les plus petites cases.


Pour finir, j’ose espérer que Son Gohan, Krilin, Piccolo et les enfants Goten et Trunks trouveront assez vite leur place dans le scénario autrement que pour faire de la figuration ou être moqués. Il faut dire que j’accroche toujours difficilement aux Dieux de la Destruction qui prennent beaucoup d’espace pour pas grand chose !

5
En bref, même si le contenu du tome 2 est plus intéressant que celui de son prédécesseur, je reste malgré tout déçu par ce que nous ont proposé Toriyama et Toyotaro jusqu’à présent et me rassure principalement par la perspective d’entamer un arc offrant un ennemi charismatique ainsi que l'exploration d'une ligne temporelle alternative très brièvement visitée dans Dragon Ball. Rendez-vous au tome 3.
  • L'introduction d'un arc prometteur sur fond de futur alternatif
  • L'effet nostalgie avec le retour d'un personnage très apprécié
  • Un rythme mieux maitrisé
  • Tournoi anecdotique
  • Humour forcé
  • Écriture maladroite
  • Absence ou sous-utilisation de personnages

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par Charlie One

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4 commentaires

Avatar de deascythe

euh excusez moi, comment fait on pour effacer un message ?

Avatar de deascythe
Avatar de deascythe

Bizarrement je n'ai pas aimé l'animé de DBS, mais le manga me plait beaucoup, oui il passe trop vite sur les films mais bon me re taper en lecture ce que j'ai déjà vu est une bonne chose pour moi, je pense que tu as idéalisé goku et végéta

Avatar de Dustman

Merci pour cette critique qui confirme pas mal ce que je pensais.
J'attendrai la suite pour acheter, c'est moche à dire et j'ai toujours été fan de Dragon Ball ( bon d'accord, Dragon Ball GT ne m'avait pas plu ) mais le tome 1 était franchement mauvais. Je vois que le tome 2 est un peu mieux mais que ça reste loin, très loin de ce que faisait Dragon Ball dans sa partie Z. Pour avoir relu le manga pas mal de fois je sais que la nostalgie n'explique pas tout. C'est un excellent shonen au rythme parfaitement maîtrisé et l'humour y est bien dosé ( bon plus vers le début mais la partie Z a des bons côtés humoristiques aussi ).