Critique Dr. Ashura 1

Komikku semble apprécier les belles jeunes femmes maniant de scalpel avec doigté, après nous en avoir mis plein la vue avec notre dénicheuse d'organe préférée dans un second tome coup de poing, ils optent cette fois-ci pour un cadre moins horrifique qui fait davantage penser à des titres comme team médical dragon ou des séries télévisées telles que Urgences.  Une thématique qui attire un lectorat bien spécifique comme est parvenu à si bien le faire le cynique et fascinant Dr House (autre série télévisée à grand succès). Souffrant d’autant de concurrence,  le titre se doit d’impérativement dégager une certaine aura à travers son personnage principal ou tout du moins faire preuve d’originalité s’il choisit de relater la vie du milieu hospitalier pour se révéler intéressant. L’auteur ayant déjà rencontré un large succès grâce à l’une de ses précédentes séries qui se déroulait également dans le même milieu et comptant pas moins de trente-deux tomes, il s’est récemment lancé dans cette nouvelle série toujours en cours au pays du soleil levant ne changeant pas son sujet de prédilection. Alors pari relevé ? A la lecture du premier tome, c’est encore trop tôt pour le dire.   

« Ça vient. Hein quoi donc ? La sonnerie. Mais j’entends rien ? Hein ?! »

Dans le monde médical où l’on est très vite obsédé par le pouvoir, un jeune médecin, peu intéressé par le prestige, se bat au quotidien contre la mort dans ce lieu qu’elle considère comme son “champ de bataille”. Elle ne vit que pour ses patients qu’elle surnomme “ses proies” et n’a que faire du protocole. Son nom ? Shura Anno. Mais tout le monde la surnomme “Ashura”, l’Archange de la guérison.

« Un poil too much a bien des égards »

Dès le départ, on sent qu'on a affaire à un personnage principal doté d'un sacré caractère et qui ne vit que pour exercer ses talents de chirurgien.  Elle ne traite d'ailleurs que les cas complexes et laisse son pauvre interne se débrouiller avec le reste ; un peu comme le Dr house qui ne s’intéressait aux patients que lorsque le diagnostic ne pouvait être établi. Un interne qui gagne ainsi très vite la sympathie des lecteurs puisqu’on compatit à sa détresse face à une aînée qui ne prend pas de gants. C'est d'ailleurs assez sympa d'avoir accès à sa vision des choses surtout concernant notre fameuse déesse de la guérison  mais aussi des événements qui auront lieu dans ce tome laissant souvent transparaitre un manque de confiance et d’ambition. Un personnage plus terre à terre, plus simple dans sa façon d’être et qui permet d’équilibrer le duo. On le verra d’ailleurs changer d’avis sur son aînée, grandir à ses côtés et même devenir un peu plus ambitieux, une évolution positive profile ainsi déjà la bout de son nez dans ce premier tome. On va donc suivre le quotidien mouvementée d’un docteur littéralement assoiffé de cas médicalement complexes qui enchaîne les opérations délicates avec succès et d’un interne qui suit tant bien que mal. Un rythme soutenu et une tension pratiquement constante parviennent à nous divertir malgré quelques petits couacs comme le côté extralucide de l’héroïne qui se révèle rapidement redondant.

« De bons éléments comme de moins bons »

Une autre bonne surprise réside dans les différences de fonctionnement d’un hôpital japonais par rapport à un français, on a donc l’impression d’en apprendre un peu plus à ce niveau là. En effet, ces derniers utilisent le Japan Coma Scale au lieu de l'échelle de Glaslow pour déterminer si oui ou non le patient peut être traité par l'hôpital. Un code de conduite que le docteur Ashura a vite fait d'ignorer, elle qui ne s'intéresse qu’aux cas gravissimes qui ne sont pas censés être gérés par l'hôpital où elle exerce sa qualité de chirurgienne. Personnellement, je n'ai été que peu convaincue par certains choix scénaristiques de l’auteur pour la simple et bonne raison que le taux de réussite des opération fut de 100% avec un diagnostic qui se révèle toujours être le bon et ce malgré l’absence de personnel qualifié ou de bloc opératoire ; Elle y va franco et je t’ouvre une boite crânienne par ci et une cage thoracique par là… Bref, le suspens est très présent mais c’est au détriment du réalisme pour ma part même si j’ai bien conscience qu’un médecin doit des fois prendre des décisions dans l’urgence sauf qu’ici l’auteur a voulu en faire trop comme le coup des yakuzas qui débarquent en pleine opération…Cela dit, elle restera égale à elle-même et sa fervente soif de sauver des vies est fort appréciable.

Malheureusement, ce ne sera pas le seul bémol puisque la volonté de dénoncer les corruptions en milieu hospitalier est certes louable et même digne d’intérêt mais la vision de l’auteur se montre un poil trop manichéiste. Plus de subtilité et de nuance aurait permis au récit de gagner en qualité, on a parfois l’impression que ce dernier est maladroit notamment avec l’attitude exagérément dérangeante du directeur. Par contre, il se montre plus adroit lorsqu’il dénonce les difficultés rencontrées par les médecins sans frontières et le changement de directeur en fin de tome qui vise un tout autre objectif pourrait bien se révéler plus intéressant que le précédent d’autant plus qu’il s’agit du mentor de Dr Ashura et qu’ils entretiennent des liens particuliers ; c’est agréable de voir la situation déjà évoluer dans le bon sens laissant présager une bien meilleure suite.

Graphiquement, Ryô Koshino offre des graphismes aussi efficaces que soignés. Avec un trait précis, ce dernier parvient sans peine à retranscrire les actes chirurgicaux de façon lisible pour le lecteur. Il fait en tout cas l’essentiel pour que ce dernier soit immergé dans le récit, la tension est bien palpable et la mise en scène est aussi dynamique que l’héroïne. Certaines planches aux multiples nuances de gris confèrent une véritable aura aux émotions de l’héroïne, le mangaka a véritablement réussi à lui donner du panache et de la fraicheur à travers ses dessins. En somme, ces derniers sont agréables à l’œil et contribuent à l’ambiance du titre d’une belle manière. Concernant l’édition, Komikku fournit du travail de qualité comme à l’accoutumée. Rien à redire !

6
Malgré ses quelques défauts notamment le manque de nuance de certains personnages et de réalisme avec un auteur qui a tendance a en faire trop, ce premier tome offre un bon divertissement dans l’ensemble. On appréciera notamment la relation de notre duo qui évolue déjà assez bien et ce de manière positive, une héroïne passionnée par son métier et un auteur qui tente de dénoncer les corruptions du milieu médical. Pour ma part, il manque un petit quelque chose de plus qui permettrait au titre de réellement se démarquer de ses prédécesseurs. Le second tome pourrait bien se révéler meilleur. Note: 6,5/10

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par snoopy

Lectrice assidue et dévoreuse de mangas à plein temps. Collectionneuse dans l'âme, jamais rassasiée au grand désespoir de mes proches.

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