Critique March comes in like a lion 3

Indécise après le 2ème tome, ne sachant pas trop sur quel pied danser, j’espérais la suite et l’attendais. Je pense que les avis sur ce tome-ci seront controversés. Qu’il est la charnière dont avait besoin le lecteur pour parfaire son sentiment et décider de continuer ou au contraire de laisser tomber. Pour ma part, je vais continuer et essayer de vous convaincre de m’accompagner.


Un double sentiment nous poursuit du début à la fin de ce volume 3. Un regard attendri devant les facéties mignonnes d’Hina et Momo qui touchent et font sourire, et une lassitude exacerbée face au comportement puéril du héros : Rei.


Dès le premier chapitre, j’ai voulu pour la deuxième fois le gauler comme une noix sur son arbre et peut-être même le battre une fois au sol. C’est la fin de l’année, ses matchs de Shôgi sont terminés. La pression est relâchée, la fatigue accumulée et emporté par l’hiver, il tombe malade et se retrouve cloué au lit. Rien de bien grave me direz-vous, je suis d’accord. Sauf qu’au lieu de se prendre seul en main, d’avaler des pilules pour faire tomber la fièvre qui le fait délirer, monsieur rumine sous sa couette sans rien changer à sa situation. Et parce que sa bouteille d’eau mal attrapée à un moment donné a roulé trop loin de son périmètre très limité, il ne prend même plus la peine de s’hydrater. Décidément, Rei a beau signer le chèque de son loyer, se définir indépendant et assez grand pour se débrouiller seul, il agit pire qu’un gamin et forcément ça énerve. Un cri du cœur qui heureusement n’est pas exclusif du lecteur.


Les trois sœurs, inquiètes, débarquent chez lui la veille du jour de l’an pour savoir ce qu’il en est. Le regard dur et accusateur, elles le rouspètent et l’embarquent chez elle avant qu’il ne se laisse tout bonnement mourir de soif. Un détour chez le médecin, quelques médicaments, un bouillon fait maison et Rei logiquement guérit. Akari l’aînée le visage grave le dispute une nouvelle fois pour lui faire prendre conscience de son mauvais comportement. Rei, soumis mais réfléchi, admet timidement sa culpabilité. Et c’est tant mieux. Rei, semble enfin réaliser ou plutôt assimiler le fait qu’il ne peut définitivement rien sans les autres, que cela lui plaise ou non. Qu’il est profondément égoïste dans sa manière d’appréhender la vie quand à côté de lui des personnes qui souffrent au quotidien continuent d’avancer et d’être humains. Ce n’est pas être faible que de crier à l’aide, surtout si on espère un jour être crié à l’aide à son tour.


Chica Umino donne la part la plus belle de ce tome au monde du Shôgi. Elle nous délivre un constat peu réjouissant d’une vie de joueur professionnel. La solitude est complice de tous les joueurs qui aspirent à devenir de très grands joueurs. Une solitude qui pèse plus lourd après une défaite cuisante ou pas. Ils consacrent tout leur temps libre à s’entraîner et parfaire leurs connaissances de ce jeu très compliqué. C’est un déséquilibre pour leur corps et leur esprit et un pari dangereux. On fait la connaissance de Shimada, 8ème dan qui figure physiquement aussi fragile qu’une brindille prête à s’envoler au moindre coup de vent. Rei, témoin de son rude combat va déceler ses limites et voir que son inexpérience et son jeune âge font de lui un très jeune poussin qui a tout à apprendre. Rei ne semble pas encore considérer le Shôgi comme un plaisir mais comme un ring sur lequel il peut régler ses comptes. Est-ce la bonne attitude, je l’ignore. Mais au moins, il essaie et la fin offre l’espoir d’un monde plus grand. Désormais, Rei ne devrait plus être seul et on se languit de le voir évoluer dans un cercle qu’il a lui-même choisi.


Umino continue de jouer sur l’émotion. Chacun de ses personnages marche sur un fil et peut tomber à tout moment, nous emportant dans leur chute par la même occasion. Toutefois, ce n’est pas sombre et très loin de nous provoquer un sentiment de dépression. Ouf ! L’histoire est parsemée de touches de couleurs qui nous assurent une fin heureuse.


Il est évident que cette série ne plaira pas à tout le monde mais ceux qui se laisseront transporter par ce monde en noir et blanc passeront un bon moment. Il y a forcément un personnage qui vous fera sourire et vous donnera l’envie de suivre son destin. Oh ! Et à ceux qui se poseraient encore la question ! Oui le Shôgi tient une place prépondérante dans cette série mais maintenant que nous savons, on peut s’amuser et tenter d’apprendre à déplacer les pièces sur l’échiquier.

7
Ce tome 3 est riche. On ne s’ennuie pas. Rei continue de défier intérieurement ses démons mais il prend la bonne direction. Il évolue très lentement au contact de cette charmante et très modeste maisonnée située de l’autre côté de la rive. Il ose la nouveauté et prend enfin le risque de se mêler aux autres. Umino dresse le portrait rapide de plusieurs personnages qui ne laissent pas indifférent. Elle prépare malicieusement la suite et je m’impatiente personnellement de découvrir tout ce petit monde réuni autour d’une table de Shôgi. Le monde de Rei est sur le point de grandir et lui en parallèle. Il était temps.

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par DéesseVonKiki

Gardant continuellement l'esprit ouvert, je n'exclue aucun genre si ce n'est peut-être le genre guimauve ou Arlequin. J'aime cependant ce qui est différent, ce qui surprend. Rêveuse dans l'âme et aventurière chevronnée avec une manette en main, ma table de chevet se couvre de mangas, de romans, de cd's et d'une feuille de papier. Et bien souvent aussi d'un biscuit accompagné d'un thé car lire c'est certes bien mais avec confort et gourmandise c'est juste parfait.

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