Critique Reine d'Égypte 1

L’Égypte antique comme contexte historique

 

Reine d’Égypte est le nouveau manga de Chie Inudoh, pré-publié dans le magazine mensuel Harta depuis 2014. L’histoire tourne autour d’Hatchepsout, une femme ayant réellement vécu durant l’Égypte antique (XVe siècle av. J.-C.) et connue comme étant la plus célèbre des rares femmes pharaon de l’Histoire. On a donc ici une fresque historique mettant en scène une femme effacée de l’Histoire (condamnée au damnatio memoriae) et plutôt méconnue du grand public, loin derrière Cléopâtre.

 

Grâce à ce contexte, ce manga historique permet d’étendre (ou rafraîchir) ses connaissances sur l’Égypte ancienne grâce aux détails culturels parsemés par l’auteure bien renseignée (notamment grâce aux bonus de fin où l’auteure met en scène une FAQ sur la culture égyptienne).

 

La plus marquante des reines-pharaons comme protagoniste

 

Ce manga commence avec Hatchepsout sur le point de se marier à son demi-frère Thoutmosis afin de faire de lui le nouveau pharaon. Cependant, selon Hatchepsout, c’est elle qui mériterait de monter sur le trône pour régner sur le pays car elle a les qualités requises pour devenir pharaon, contrairement à son demi-frère (rien qu’en tant que guerrière, elle le battait déjà étant adolescente). Malheureusement pour elle, la société égyptienne étant patriarcale, malgré son statut de reine, elle ne peut intervenir que de façon limitée dans la gestion du pays. On a donc ici une jeune femme au caractère bien trempé qui se sent prisonnière de son corps de femme à cause des mœurs de la société dans laquelle elle vit. Bien déterminée, elle refuse cependant les conventions de son époque et décide de tout faire pour devenir pharaon. A cette fin, elle va devoir aiguiser des armes telles que son intelligence, sa beauté et ses relations. Le lecteur va donc suivre l’ascension de cette femme en quête de puissance.

 

Pour le moment, le seul reproche que j’aurais concernant ce personnage est le doute inexplicable dont elle semble empreinte juste après son mariage. Effectivement, ce passage à vide de la jeune femme a lieu juste après un flash-back montrant sa résolution durant son adolescence. On peine donc à comprendre pourquoi elle semble tout d’un coup si faible face à Thoutmosis. La prise de conscience que son arme est sa beauté fatale lui permet finalement de sortir de cet état mais n’avait-elle pas déjà compris cela durant son adolescence ?

 

Mise à part ce personnage, peu de développement est apporté aux autres personnages dans ce premier tome. Je regrette surtout le manque de nuances de son époux Thoutmosis II qui se résume à un monstre d’arrogance bodybuildé. On peut espérer que l’auteure pourra développer ses personnages secondaires par la suite, et l’apparition d’un nouveau personnage d’envergure aux côtés d’Hatchepsout à la fin de ce tome permet de penser dans ce sens.

 

Des dessins comme ceux de Kaoru Mori

 

La prépublication mensuel permet au manga d’avoir un niveau de dessin dans la veine de ceux de Kaoru Mori (Bride Stories), avec des personnages bien détaillés au niveau de leur tenue et des corps particulièrement bien dessinés (cf les muscles saillants de Thoutmosis II). De manière générale, les pages sont bien remplies avec assez de cases et de décor pour qu’il n’y ait pas de sensation de vide.

 

Ce qu’on peut espérer de la suite

 

Ça y est, les premiers échelons ont été posés, Hatchepsout est déterminée à grappiller du pouvoir petit à petit en se formant un cercle de connaissances influent. Sans connaître l’Histoire de la vraie Hatchepsout, on peut s’attendre à voir la jeune femme être stratégique pour s’entourer de bons conseillers et gagner un à un des partisans à sa cause. Et elle aura très certainement affaire à son époux pharaon opposé à elle. Une suite qui s’annonce donc intéressante !

8
Les amateurs de manga historiques dépeignant l’accession au pouvoir de personnages déterminés apprécieront ce nouveau titre. La force supplémentaire de ce manga est de mettre en scène une femme comme prétendante au pouvoir et son combat stratégique pour atteindre son objectif. Les dessins de Chie Inudoh sont aussi splendides et permettent de savourer chaque page du manga.
  • Contexte intéressant et culturel sur l’Égypte antique
  • Protagoniste féminin de caractère
  • Dessins (dans la veine de Bride Stories)
  • Suite qui s’annonce prometteuse
  • Répétition d’intrigue déjà présent dans un premier volume (Hatchepsout semble avoir deux fois la révélation que sa beauté sera une arme de poids dans sa quête de pouvoir)
  • L’antagoniste d’Hatchepsout (=son époux Thoutmosis II) reste un personnage trop unidimensionnel, seulement caractérisé par un égo surdimensionné

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par mimy28

Baignant dans les mangas depuis maintenant plus de 10 ans, j'ai progressivement ouvert mon panel d'intérêt des shonen aux seinens en recherchant des histoires bien ficelées qui proposent d'intéressantes pistes de réflexions et avec plutôt de beaux graphismes.

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